Articles de Santé

Nous avons souvent l’occasion de prendre connaissance d’articles publiés par des associations, notamment l’asbl Nature & Progrès Belgique, soucieuses d’informer le public d’une grande variété de thèmes qui touchent notamment à la santé, dans le sens large du mot.

Ces associations nous ont donné leur accord de republier certains articles sur notre site, permettant ainsi au plus grand nombre de prendre également connaissance de ces informations fort intéressantes et même souvent fondamentales.

Ces articles sont là pour apporter d’ (autres) facettes d’informations sur certains aspects de la santé.

Nous vous en conseillons vivement la lecture car ces articles vous offrent la possibilité notamment d'apprendre plein de choses essentielles sur le fonctionnement de votre propre corps et donc de vous aider à améliorer votre santé.

Ces articles sont republiés in-extenso ci-dessous avec l’accord de leurs auteurs et sous leurs responsabilités.

Le contenu de ces articles n’engage que leurs auteurs et n’engage en rien notre association.

A noter : les auteurs sérieux citent généralement les sources officielles de leurs articles.

Pour vous faciliter la recherche, voici un relevé des articles republiés – cliquez sur le titre-lien pour y parvenir de suite :

Republié

Titre

Editeur

Auteur

Commentaires de notre association

décembre 2015

Les microbes et nous –

 flore commensale, probiotiques, antibiotiques... 

Nature & Progrès

Jean-Pierre Gratia

    rôle capital du bon fonctionnement

       des intestins sur notre santé

Janvier 2016

 

 

Faites la paix

avec votre ventre

 

Santé-Nature-Innovation

Dr. Jean-Paul Curtay

informations utiles pour améliorer la santé de notre système digestif (dont les intestins)

Mars

2016

 

Prébiotiques et probiotiques : des merveilles de la nature

Santé-Nature-Innovation

Pr. Henri

Joyeux

essentiels à la force de notre système immunitaire, ils peuvent contribuer à prévenir de nombreuses maladies, de l’eczéma à Alzheimer en passant par la fibromyalgie.

Mai

2016

Influence de la Lune : c’est scientifique

Santé-Nature-Innovation

Jean-Marc Dupuis

Il est intéressant d’apprendre ces influences physiques exercées sur la Terre par la Lune.

Juillet

2016

L'électro hypersensibilité,

un nouveau syndrome dont on parle rarement

Nature & Progrès

Éric Defourny

Une bonne occasion pour parler de ce nouveau syndrome qui touche de plus en plus de personnes et qui demeure le grand oublié de la médecine traditionnelle…

Septembre

2016

Une formation à la bio dans l’enseignement supérieur…

  (la suite !)

Nature & Progrès

Alexia Fernandez

une piste pour les personnes désireuses de se recycler, et pourquoi pas dans une filière de produits naturels et locaux, un métier à la portée de tous, où l’on peut retrouver toutes nos qualités et un savoir-faire ancestraux, et produire des produits locaux et sains pour les êtres humains…

Novembre 2016

Reconnecter agriculteurs et consommateurs, une évidence, une nécessité!

Nature & Progrès

Sylvie La Spina

Cet  article nous paraît d’une importance capitale pour notre santé (alimentation), pour les rapports humains qui en résulte, pour un développement sain de la chaine alimentaire.

Janvier

2017

Pourquoi les gens ne changent-ils pas ?

Nature & Progrès

Guillaume Lohest

Un article interpelant...

 

 

Juillet

2017

 

 

L'arthrose et la pratique du Tai Chi

 

Vie & Mouvement

 

F.Baeb & A.Bangert

 

 

Un article qui informe des bienfaits de la pratique du Tai Chi pour les gens souffrant d'arthrose

 

Août

2017

Perturbateurs hormonaux

"Attendre de légiférer serait une inconscience"

Nature & Progrès

Dr.

Jean-Pierre

Bourguignon

Un article éloquent, qui met en garde contre ces substances chimiques qui, sournoisement, s'infiltrent dans notre corps, notamment via les glandes endocrines, causant des perturbations hormonales et autres !

 

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(décembre 2015)

Article paru dans Valériane n° 113 édité par l’asbl Nature & Progrès : « Les microbes et nous - flore commensale, probiotiques, antibiotiques... » par Jean-Pierre Gratia.

Cet article est très utile, car il nous fait rendre compte que nos intestins ont un rôle capital sur notre santé ; il montre l’importance d’avoir une flore intestinale en bon état de fonctionnement. Faire en sorte d’avoir des intestins qui fonctionnent bien vous aidera énormément à tous les niveaux de votre corps et peut améliorer considérablement de graves problèmes qui pourraient être évités si déjà nous respections plus le fonctionnement des intestins par l’absorption de bonnes nourriture de qualité et appropriées à soi.

 

Les microbes et nous

Flore commensale, probiotiques, antibiotiques…

Par Jean-Pierre Gratia

La flore bactérienne d’un individu adulte peut comprendre jusqu’à 1014 - cent mille milliards - de cellules bactériennes. L’ensemble des bactéries non pathogènes est une entité vitale pour notre organisme, au point qu'on le considère parfois comme un organe à part entière. C’est le cas de la flore intestinale appelée microbiote intestinal.

Le microbiote intestinal peut contenir jusqu’à mille espèces de micro-organismes différentes - dont quatre cents espèces de bactéries - qui contribuent au bon fonctionnement du système digestif,permettent la synthèse de vitamines et améliorent l'immunité. Cette flore est spécifique de chaque individu ; on peut le démontrer en comparant la flore dans l’intestin de faux jumeaux, dizygotiques, où elle diffère, à celle de jumeaux vrais, monozygotiques, où elle est identique. Elle évolue au cours de la vie. Elle vit en harmonie mais cet équilibre n’est pas le même à tous les âges et peut être renversé suite au stress, au vieillissement, aux mauvaises habitudes alimentaires et à l’usage d’antibiotiques. Elle participe à la résistance contre la colonisation de l'intestin par des pathogènes. Elle contribue à la détoxification et elle stimule la motilité intestinale.

Parmi les microbes intestinaux, il y a occasionnellement des archéobactéries méthanogènes. CesArchaeajouent un rôle écologique majeur dans des environnements anaérobies où ils suppriment les excès d'hydrogène et de produits issus de fermentation par d'autres formes de respiration anaérobie. Ces micro-organismes produisent du méthane, qui est un puissant gaz à effet de serre. Leur fréquence chez l’homme peut être diminuée par l’ingestion de lactobacilles. Diverses bactéries colonisent la panse des herbivores et y permettent la digestion de la cellulose par ces animaux. Il en est qui colonisent aussi le jabot du Hoazin, oiseau folivore. Ces bactéries permettent la digestion de la cellulose des feuilles, de la même manière que dans le rumen des ruminants. La flore microbienne fournit l’énergie à l’hôte sous forme d’acides gras volatils qui sont absorbés moyennant la présence de calcium. Les microbes du rumen des ruminants comprennent, en plus des bactéries, des protozoaires et des mycètes. Comme les protozoaires se nourrissent des bactéries, si celles-ci ne se portent pas bien, les protozoaires ne se portent pas bien non plus.

Les probiotiques

Les probiotiques sont des micro-organismes vivants et bénéfiques à l'organisme qu’on peut réensemencer pour compléter la flore intestinale, par exemple après des diarrhées, lors d'un traitement antibiotique, ou en cas de chimiothérapie. En 1908, Elie Metchnikoff décrivait dans son livre,The Prolongation of life, la corrélation directe entre la longévité des Bulgares et la consommation de laits fermentés. Cent ans plus tard, on ne cesse d'étudier les bienfaits deces bactéries amies sur la santé humaine…

 

 Fig. 1 Colonisation du tube digestif par des Entérobactéries, comme le colibacille, et des bactéries à Gram positif  comme le Bifido. Le microbiote intestinal - en caractères rouges - comprend jusqu’à un trillion de germes - 1012- alors que l’estomac est colonisé par seulement cent à mille bactéries, surtout des lactobacilles,et parfois Helicobacter pylori responsable d’ulcères et de cancers de l’estomac.

 

Il est plus que probable que dans les temps anciens - à la préhistoire - les aliments étaient plus chargés de microbes que de nos jours et qu'une bonne partie des microbes que notre alimentation a perdus correspondait à ceux que nous réintroduisons aujourd'hui comme probiotiques. Sur base de ce qu'on connaît aujourd'hui des modes préhistoriques de "conservation", on peut en tout cas supposer qu'ils favorisaient nettement plus la fermentation des aliments que de nos jours. Et cela provenait sans doute de la présence abondante de microbes, notamment de ferments lactiques, favorisée par ces modes de conservation des aliments. Ces derniers, lors de l'ingestion, amenaient dans le tube digestif des quantités de bactéries, lactiques et autres, bien supérieures à celles que nous ingérons à notre époque.

Les probiotiques les plus connus sont les bactéries lactiques, dont il existe plusieurs espèces comme Lactobacillus casei. Ils augmentent la digestibilité en digérant certaines fibres alimentaires indigestes et permettent d’en récupérer les nutriments et, par ailleurs, améliorer le transit intestinal et la régularité. Ils peuvent diminuer les symptômes des gens souffrant d'intolérance au lactose. Ils favorisent l'absorption des protéines, des acides gras, des minéraux et des vitamines du milieu fermenté. Ils entrent en compétition avec les microbes pathogènes pour les nutriments et l’espace disponible dans l’intestin, et certaines espèces produisent des toxines actives contre d’éventuelles souches pathogènes accidentellement invasives. Ils produisent même des enzymes et des antioxydants, qui aident à détruire certains composés cancérogènes comme les radicaux libres.

Les prébiotiques

L’ingestion de probiotiques peut s’accompagner de celle de prébiotiques qui représentent une source sélective de nourriture pour les bactéries intestinales, et plus précisément pour les bonnes bactéries. Les prébiotiques font partie des fibres alimentaires - cellulose, lactose -, des fruits et des légumes,où on peut trouver l’inuline. Ils sont digestibles et fermentables - à part la cellulose qui n’est dégradable que chez certains animaux, dont les mollusques, les poissons et les ruminants - et ils sont tous résistants lors de leur passage dans l'estomac et l'intestin grêle, avant d'arriver dans le côlon, leur destination finale.

En ingérant des prébiotiques, on peut rééquilibrer la flore intestinale en favorisant la prolifération des bonnes bactéries au détriment des mauvaises bactéries et se protéger ainsi de nombreuses maladies liées à l'inflammation, comme le syndrome métabolique, le diabète, l'excès de cholestérol, etc. L’emploi de prébiotiques peut accroître le nombre de beaucoup de bactéries dans le microbiote intestinal d’animaux obèses ou diabétiques, où ces bactéries semblent améliorer le fonctionnement de la leptine, hormone peptidique qui régule les réserves de graisses dans l'organisme et l'appétit en contrôlant la sensation de satiété.

Une découverte toute récente concerne l’effet bénéfique d’une bactérie intestinale appelée Christensenella minuta sur le maintien de la sveltesse de l’homme. Comme cette bactérie est présente et fréquente dans les selles de personnes sveltes, les chercheurs l’ont ajoutée au microbiote intestinal provenant d’une personne obèse qu’ils ont inoculé à une souris, qui reste mince, alors que ce microbiote sans cette bactérie l’a fait grossir. De grands espoirs peuvent donc naître en matière de traitement des obèses par des microbes.

La microflore normale du corps humain comporte des microbes ailleurs que dans les voies digestives. On les trouve partout sur la peau, dans le cuir chevelu, les aisselles, la bouche, l’oreille externe, l’urètre ou le vagin. La flore commensale comprend en moyenne 1012cellules bactériennes sur la peau entière d’un individu adulte mais est variable en qualité et en quantité selon la topographie. Elle est formée de germes à Gram+peu pathogènes, tels que les staphylocoques blancs - S. epidermidis - et certaines corynébactéries… Les mains accueillent un nombre considérable de micro-organismes - au moins dix mille par centimètre carré - dont certains peuvent être potentiellement pathogènes.

 

Fig. 2 Flore bactérienne cutanée. On distingue des coques et des bacilles dans les sillons de la peau (Crédit illustration Darlyne A. Murawski/NGS)

 

Les antibiotiques

Un antibiotique - du grec anti : "contre", et bios : "la vie" - est une molécule qui tue les bactéries ou bloque leur croissance. Dans le premier cas, on parle d'antibiotique bactéricide et dans le second cas d'antibiotique bactériostatique. Un même antibiotique peut être bactériostatique à faible dose et bactéricide à dose plus élevée.

Un grand nombre d'antibiotiques sont produits par des champignons ou des bactéries dont ils sont des métabolites. Les antibiotiques agissent de manière spécifique en bloquant une étape essentielle au développement : synthèse de la paroi, de l'ADN, des protéines, production d'énergie... Ce blocage se produit lorsque l'antibiotique se fixe sur sa cible, une molécule qui participe à l'un de ces processus métaboliques essentiels. Cette interaction entre antibiotiques antibactériens et leur cible est très sélective, spécifique des bactéries et ces composés ne sont en général pas actifs sur les champignons. Il existe d'autres molécules actives sur d’autres types d'agents infectieux, soit des antifongiques contre les levures par exemple ou des antiviraux actifs contre le développement de certains virus et qui sont distincts des antibiotiques proprement dits, terme arbitrairement réservé aux antibactériens.

Ce qu’on ignore, et cela est regrettable en Belgique, c’est que les premiers travaux sur les antibiotiques, ou plutôt sur les phénomènes d’antibiose, ont été effectués à l’Institut Pasteur de Bruxelles, où on recherchait leur rôle éventuel en écologie bactérienne (1).

Paradoxalement, tout en diminuant, dans un premier temps, très fortement le risque infectieux, l'usage généralisé, voire abusif de certains antibiotiques - y compris en traitement préventif, curatif ou en complément alimentaire dans l'alimentation animale, etc. - a conduit au développement de populations de microbes antibiorésistants, à une augmentation du risque nosocomial et, semble-t-il, à une augmentation significative du risque de contracter certains cancers.

La résistance aux antibiotiques nécessite des tests en laboratoire à partir de prélèvements à partir du malade pour savoir quelle thérapeutique utiliser. Ce phénomène de résistance est donc dû à la sélection de formes résistantes par l’usage abusif des antibiotiques. La cause initiale de cette résistance est génétique et est double. La moins fréquente est la mutation d’un gène sur le génome bactérien, la seconde est plus importante et consiste en le transfert par conjugaison de plasmides porteurs de gènes codant pour des enzymes neutralisant chacune un antibiotique donné. Il y a parfois recombinaison génétique entre différents plasmides de façon à rendre la bactérie multirésistante, ce qui représente un problème très grave.

Note :

1) On peut consulter à ce sujet mon livre Microbiologie et biologie moléculaire en Belgique. Histoire des premiers artisans(2001), Le Harmattan, Paris

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(Janvier 2016)

Article paru dans le n° 51 des dossiers de Santé et Nutrition de décembre 2015 :

« Faites la paix avec votre ventre » par le Dr. Jean-Paul Curtay,

via le site https://www.santenatureinnovation.com/ de l'éditeur Santé-Nature-Innovation.

Cet article est une suite logique à l'article précédent. Son approche est particulière et fort intéressante.

Le Dr. Curtay fournit ici beaucoup d'informations très utiles que nous pouvons mettre en pratique pour améliorer la santé de notre système digestif, ce qui est vraiment essentiel pour la santé en général, et nous l'en remercions vivement.

Ci-dessous, annonce de la parution de cet article pour les abonnés de Santé-Nature-Innovation

 

Votre numéro de décembre est en ligne

Chère abonnée, cher abonné,

Reflux, indigestion, ballonnements, pesanteurs gastriques, constipation, diarrhée…

Pour 40 % des Français, c’est dans le ventre que se concentrent les pires douleurs chroniques et les troubles les plus gênants au quotidien. Quand le ventre va mal, tout va mal.

C’est la raison pour laquelle je me réjouis de vous présenter un projet sur lequel le Docteur Jean-Paul Curtay a travaillé pendant de nombreuses semaines et qu’il publie en décembre dans lesDossiers de Santé & Nutrition.

C’est un numéro vraiment exceptionnel. Sans doute la somme la plus complète et pratique réalisée à ce jour des remèdes naturels et efficaces contre les problèmes digestifs et les douleurs au ventre.

Le Dr Curtay ne s’est pas contenté de retranscrire sa propre expérience de praticien. Il l’a confrontée aux résultats des études scientifiques les plus récentes : ainsi, vous trouverez aussi bien dans ce dossier les dernières solutions pour les symptômes de l’aérophagie que pour les complications les plus sérieuses du syndrome du reflux gastro-œsophagien (RGO).

Mais avant d’aller plus loin, je vous propose de faire une visite dont vous allez vous souvenir longtemps. Dans votre ventre…

Vous allez comprendre ce qui s’y passe une seconde après avoir avalé une bouchée de pain, ou croqué dans une pomme… Accrochez-vous, ça va très vite, mais c’est proprement fascinant. Et vous allez mieux comprendrez pourquoi quelques mauvaises habitudes, en apparence anodines, peuvent avoir de lourdes conséquences …

Le peuple qui n’a pas mal au ventre 

Plus de 8 mètres de long. Telle est la longueur que totalisent les tunnels de notre intestin ! Avec des replis à n’en plus finir, une paroi incroyablement fine (elle se mesure en microns), une population de cellules et de glandes qui produisent les acides, les hormones, les neurotransmetteurs, les enzymes, les millions de milliards de bactéries qui transforment la nourriture que nous consommons en énergie.

Et toute cette population… nous parle !!!

Vous allez faire la connaissance d’un étonnant « porte-parole » du ventre, le nerf vagal, qui joue un rôle essentiel dans la transmission de certains messages. Et vous comprendrez ainsi pourquoi on parle du ventre comme du « deuxième cerveau ».

Sachez d’ores et déjà que les globules blancs et les anticorps jouent dans notre ventre un véritable rôle de douaniers. Hélas certains facteurs, vous allez le voir, leur compliquent la tâche. Et la frontière devient de plus en plus poreuse…

Mais ce n’est pas le cas chez tout le monde : certaines personnes parviennent en effet à maintenir des garde-barrières efficaces.

Les Asiatiques, par exemple, souffrent jusqu’à 10 fois moins des reflux gastro-œsophagiens que les Européens. Pourquoi ? Plusieurs habitudes alimentaires permettent à leurs globules blancs et leurs anticorps d’être plus efficaces.

Quant à certains bouddhistes, une pratique nutritionnelle particulière réduit de moitié la fréquence de leur reflux !

Vous comprendrez, à la lecture de ce numéro de décembre des Dossiers de Santé & Nutrition, qu’il est possible d’adopter ces réflexes pour un résultat durable.

Le jour où la digestion se dérègle

Dans cette édition, le Dr Curtay liste les nombreux responsables de la perturbation de la flore intestinale.

Vous retrouverez bien sûr certains ennemis bien connus : le stress, une alimentation trop riche en produits d’origine animale, la pollution… Vous verrez aussi pourquoi les enfants élevés en ville n’ont pas la même chance que ceux de la campagne.

Bien sûr, certains aliments et compléments alimentaires peuvent réellement nous aider à enrichir notre microbiote (flore intestinale) :

  • les végétaux riches en fibres, en prébiotiques, en polyphénols ;
  • les bifidogènes comme l’inuline et les fructo-oligosaccharides (FOS) : poireau, oignon, ail, artichaut, banane, asperge, etc.
  • les aliments riches en bifidus et lactobacillus : choucroute, aliments lactofermentés, yaourts au soja. Mais attention cependant au kéfir et au kombucha.
  • Etc.

De nombreux médicaments, en revanche, jouent un rôle désastreux sur l’équilibre de notre flore. Le pire, vous allez le voir, c’est qu’ils sont prescrits… pour des maux de ventre !!!

Le repas de tous les dangers

Vous trouverez également dans ce numéro des Dossiers Santé & Nutritionde nombreux outils simples et efficaces pour se débarrasser des accumulations d’air :

  • d’abord, suivez la petite promenade digestive du Dr Curtay ;
  • pratiquez un sport, cela aide à évacuer l’air : le plus efficace étant le jogging, les sauts (on peut tout simplement sautiller sur place), le stretching ;
  • faites du yoga, en particulier les positions inversées, la plus simple étant la chandelle (restez 3 minutes)
  • et découvrez d’étonnantes petites percussions sur le ventre venues d’Asie, qui peuvent également faire beaucoup de bien…

Surtout, vous verrez pourquoi le Docteur Curtay écrit, en le soulignant trois fois, que le dîner est vraiment le repas de tous les dangers.

C’est en particulier le cas si vous souffrez de pesanteurs gastriques ou d’indigestion(gastrite).

Car une inflammation qui se prolonge dans l’estomac est la porte ouverte à des dégâts de plus en plus profonds : ulcères, métaplasie(les gènes des cellules sont endommagés et on évolue vers une lésion précancéreuse), et fatalement, le cancer.

Il faut rappeler ici que la gastrite et l’infection à la bactérie Helicobacter pylorisont les causes majeures de cancers de l’estomac.

Mais vous verrez que certaines mesures peuvent être mises en place rapidement pour ne pas en arriver là :

  • choisir des aliments riches en polyphénols (baies rouges, noires, violettes, pourpres, pommes bio avec la peau, huile d’olive extra-vierge, curcuma, clou de girofle etc.)
  • ajouter du gel d’aloe vera bio à 99% (2 à 3 cuillérées à soupe par jour dans des smoothies, fruits pressés, soupes…)
  • consommer une huile riche en oméga 3 : 2/3 de lin ou de cameline avec 1/3 d’olive ou de colza pour assaisonner (2 cuillérées à soupe par jour) 

Certains suppléments (Physiomance DNAir, bromélaïne, vitamine D, etc.) complètent ces premières mesures d’urgence.

Le Dr Curtay vous donne évidemment la posologie complète et la durée de la cure dans ce numéro des Dossiers de Santé & Nutrition.

Petit détail : il a sur le poivre de Cayenne, souvent conseillé pour les dyspepsies (inconfort du haut de l’estomac), un avis… très piquant. Epicé, même.

Le roi du ventre tranquille

Mais venons en maintenant au « Roi du ventre tranquille », un oligo-élément particulièrement efficace pour soulager de nombreux problèmes digestifs : le magnésium.

Le magnésium est en effet utile contre le stress, qui est l’un des ennemis majeurs de notre ventre. Chaque pic de stress perturbe son bon fonctionnement, et un stress chronique augmente :

  • l’acidité de l’intestin,
  • la sécrétion de sérotonine et de substance P (douleurs abdominales),
  • les risques de reflux (sécrétion d’histamine et de gastrine),
  • les entrées de fer dans les cellules (le fer est un violent pro-oxydant, pro-inflammatoire et cela peut entraîner, à terme, une maladie de Crohn)

Dans ce numéro de décembre des Dossiers de Santé & Nutrition, le Dr Curtay liste 11 moyens d’améliorer vos apports alimentaires journaliers en magnésium(quinoa, tofu et huile de colza ne sont que les plus connus). Mais il reste que notre alimentation ne nous apporte en moyenne que 240 mg de magnésium par jour (les recommandations sont de 400 mg).

Il est donc indispensable de prendre des compléments, mais pas n’importe comment !

Le Dr Curtay vous propose une « cure d’attaque » déterminante, mais attention à bien suivre ses indications.

Enfin, ce numéro détaille également d’autres solutions naturelles efficaces pour retrouver l’équilibre digestif :

  • Pour accélérer la reconstitution d’une flore plus riche en bactéries protectrices, faites des cures de probiotiques : cure inaugurale de 10 à 20 milliards d’UFC par jour d’un mélange de bifido et lacto-bactéries de 30 jours ;
  • Et si vous avez déjà entendu parler de la glutamine (un acide aminé), vous allez voir qu’elle peut être très utile,dans certaines conditions, pour restaurer la barrière digestive et arrêter les passages indésirables de protéines insuffisamment digérées.

Ça n’est là que le B.-A.-BA.

Vous retrouverez en détail ces explications dans ce numéro de décembre des Dossiers de Santé & Nutrition, ainsi que de nombreuses autres solutions pour soulager durablement les maux de ventre, qu’ils soient passagers ou chroniques.

Vous verrez notamment que les troubles digestifs se soignent aussi… avant de passer à table.

Ainsi, une règle essentielle des centenaires d’Okinawa vous surprendra peut-être, mais je ne doute pas que vous l’adopterez très vite après l’avoir découverte…

Voici le lien pour accéder à votre numéro du mois de décembre : (réservé aux abonnés) (PDF téléchargeable)

En complément de la version électronique standard, vous pouvez désormais lire les Dossiers de Santé & Nutritionsur votre tablette ou votre smartphonegrâce à un nouveau format de lecture: (réservé aux abonnés)

Bien à vous,

Jean-Marc Dupuis


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Les Dossiers de Santé & Nutritionest une publication de SNI Editions.

Service courrier : Sercogest, 44 avenue de la Marne, 59290 Wasquehal - France

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mars(Mars 2016)

Dans une suite logique à l'article précédent, voici un article " Prébiotiques et probiotiques : des merveilles de la nature "  paru début 2016, et rédigé par le Pr. Joyeux, cancérologue, spécialiste de la nutrition, professeur de médecine et chirurgien des hôpitaux.

Les informations qu'il nous communique sont fort intéressantes et instructives afin d'améliorer la santé de notre système digestif, essentiel pour la santé en général.

La divulgation de cet article sur notre site a été aimablement accordée par l'éditeur Santé-Nature-Innovation.

 

La lettre du Professeur Joyeux

         
 

La Lettre du Professeur Joyeux est un service d'information indépendant sur la santé, spécialisé dans la prévention des maladies auprès du grand public et des familles.

Prébiotiques et probiotiques : des merveilles de la nature

Je reçois beaucoup de questions concernant prébiotiques et probiotiques.

C'est un sujet capital, car loin d’être une "mode", leur action pour notre santé est décisive. Ils ne se contentent pas de réduire au silence les troubles digestifs (ballonnements, diarrhées, constipation…) : ils sont essentiels à la force de notre système immunitaire et peuvent contribuer à prévenir de nombreuses maladies, de l’eczéma à Alzheimer en passant par la fibromyalgie.

Pour mieux les connaître et savoir comment les trouver naturellement, j’ai interrogé notre meilleur conseiller en micro-nutrition, notre fils aîné Jean Joyeux (il est enseignant en nutrition et micronutrition, coach et consultant en nutrition, intervenant à l’université de Bourgogne, spécialisé en nutrition sportive).

Question 1 – De nombreuses personnes confondent pré- et probiotiques, mais de quoi s’agit-il ?

Les prébiotiques sont des fibres végétales.

Leur particularité est d’être à la source des « probiotiques », ces bactéries de la flore intestinale indispensables à la vie. Notre organisme ne peut pas entretenir une bonne flore intestinale, riche de ces fameuses « bactéries probiotiques », sans une bonne alimentation riche en « fibres prébiotiques ».

Question 2 – Où trouve-t-on les prébiotiques ?

Les prébiotiques sont dans nos aliments, particulièrement dans les végétaux.

Les fibres des fruits et légumes sont celles qui nourrissent les « bonnes » bactéries intestinales et les aident à se reproduire. Ce sont des « glucides » ou sucres complexes naturels, bien différents des sucres simples ou raffinés néfastes pour la santé. Ces glucides complexes ne sont pas digérés par le tube digestif haut, mais beaucoup plus bas dans le gros intestin, particulièrement dans le côlon droit (caecum et côlon ascendant). Ils ne sont donc pas assimilés par les humains et ne sont pas source d’énergie pour nos cellules, mais bien pour les bactéries de notre flore intestinale.

Parmi les sucres complexes présents dans les végétaux, on trouve la cellulose qui est un glucide non assimilable, donc fait partie de la catégorie des fibres.

Question 3 – Les fruits peuvent-ils aussi en apporter ?

Il y a d’autres types de fibres, de plus petites dimensions, qui sont très importantes : les fructo-oligosaccharides (également appelés « FOS »), présents comme leur nom l’indique dans les fruits, particulièrement quand ils sont frais et de saison.

Les spécialistes parlent également de l’inuline qui est un mélange de fructose et d’autres sucres simples, présents naturellement dans de nombreuses plantes. Ces fibres alimentaires sont aussi appelées « fructanes ».

Les sources de fibres sont nombreuses dans notre alimentation et sont exclusivement végétales. Les céréales complètes en contiennent beaucoup, mais aussi les fruits, les légumes, les légumineuses… Ces aliments doivent donc constituer une grande part de notre alimentation.

Question 4 – Toutes les fibres ne sont-elles pas les mêmes ? Il y a les solubles et les insolubles, quelles différences ?

On doit faire la différence entre les fibres solubles (pectines dans la peau des pommes et de nombreux autres fruits, dans les algues, inuline présente dans de nombreux fruits et légumes…), et des fibres insolubles (les lignines, le son…).

Les fibres insolubles, plus ou moins dures, jouent le rôle d’un balai des déchets digestifs dans le côlon et le rectum, mais peuvent également avoir un effet irritant quand on en abuse, jusqu’à créer des petites rectorragies (émissions de sang dans les selles). 

Les fibres solubles, en revanche, apportent de l’eau, des vitamines, des oligoéléments, et participent activement à l’entretien de la paroi digestive. Elles subissent ensuite, dans le gros intestin, la fermentation par les bactéries de la flore intestinale qui s’en nourrissent. Les bifidobactéries et les lactobacilles sont les familles de micro-organismes typiques du microbiote intestinal les plus étudiées. 

Question 5 – Les fibres peuvent être crues dans les fruits, mais il faut bien les cuire quand on consomme des céréales et les légumineuses ?

Pas nécessairement. C’est systématiquement le cas dans les préparations industrielles qui utilisent des cuissons excessives pour garantir la durée de conservation des aliments et réduire le risque bactérien. On a trop souvent l’idée que les légumes doivent forcément être cuits, et les méthodes de cuisson sont la plupart du temps mal maîtrisées. On cuit trop longuement, ou à trop haute température, ou encore sous pression, ou au micro-onde… Mais on y perd énormément d’un point de vue gustatif.

Rappelons que les vitamines et les antioxydants contenus dans les végétaux sont « thermolabiles », c’est-à-dire très sensibles à la température, mais aussi à la pression ou aux phénomènes énergétiques déclenchés dans le four à micro-ondes. Les pertes concernent donc aussi l’apport vitaminique, et c’est vraiment une chose à éviter, particulièrement aujourd’hui.

Dans le cas des fibres, les cuissons excessives transforment une partie des fibres et des sucres complexes en sucres simples. Ce sont des sucres qu’on pourrait qualifier de « cachés », qui n’auront que de mauvais effets sur la flore intestinale et sur la santé. L’excès de cuisson n’est pas bon pour la santé, apporte de l’amertume aux fruits, à tel point que pour une simple compote, on en arrive à ajouter du sucre, alors que les sucres déjà présents dans les fruits devraient amplement suffire !

Idéalement les fruits ne doivent pas être consommés cuits, mais seulement frais, de saison et si possible BIO.

Certaines personnes qui ont des diverticules sur le côlon gauche en particulier (petites hernies sur les bords de l’intestin qui peuvent s’infecter et en rétrécir le calibre), ont des difficultés à consommer des fibres. On leur prescrit une alimentation souvent sans résidus ou avec le minimum de résidus. C’est une méthode qui supprime le mal-être dans l’immédiat mais qui ne doit pas être maintenue à long terme.

Ces patients peuvent en réalité consommer des fibres solubles ou douces appartenant à certains fruits, tels petites bananes, mandarines, poires et pommes sans la peau, fraises… Il faut prendre la précaution de les réintroduire très progressivement, plutôt en début de repas, en les mastiquant bien. On déconseille dans un premier temps les oranges, pamplemousses, ananas, grenades, sauf leurs jus frais.

La cuisson est donc à éviter pour les aliments à fibres solubles, au contraire des aliments à fibres insolubles.

Pour que les fibres des céréales et des légumineuses (haricots, lentilles, pois-chiches…) jouent leur rôle sans mauvais effets, on doit les faire tremper quelques heures, puis les cuire al dente. Ainsi la mastication pourra jouer son rôle, c’est-à-dire préparer la digestion – commencée dans le palais des saveurs – qui se poursuivra dans l’estomac, puis l’intestin grêle, avec les liquides fabriqués par le foie (le bile) et le pancréas.

Question 6 – Quelles sont les fonctions les plus importantes des prébiotiques ?

Les 8 fonctions essentielles des fibres prébiotiques pour votre santé

  • L’absorption de minéraux, en particulier du calcium et du magnésium dans le côlon. N’oubliez pas que le meilleur calcium est celui qu’apportent les végétaux et non pas les produits laitiers animaux dont le calcium n’est absorbé qu’à 30 % au maximum. Elles sont également riches en potassium qui lutte contre l’acidification des tissus et régule favorablement la tension artérielle.
  • La diminution des pertes calciquesqui mettraient en danger le tissu osseux en provoquant l’ostéoporose. Point n’est besoin de médicaments contre cette maladie, même s’ils sont proposés systématiquement autour de l’âge de la ménopause avec des arguments scientifiques manipulés. Ils sont un autre scandale sanitaire, car authentiquement dangereux et rigoureusement inefficaces contre l’ostéoporose.
  • L’abaissement des taux des lipides sanguins, surtout les triglycérides.
  • La stimulation de l’immunité, car la flore intestinale joue un rôle d’activateur et de régulateur des fonctions immunitaires. En entretenant une bonne muqueuse intestinale, on limite le risque allergique et de pathologie auto-immune.
  • L’effet protecteur contre le cancer du côlon par la formation d’acides gras à chaînes courtes (butyrique, propionique, acétique)qui représentent l’énergie princeps des cellules du côlon, stimulent leur renouvellement et leur spécialisation tout en inhibant leur cancérisation.
  • La réduction de laconstipation avec meilleure consistance de selles facilitant les évacuations. Les fibres conditionnent le poids des selles mais également leur niveau d’hydratation.
  • La formation des gaz par la fermentation :5 gaz principaux : 20 à 80 % d’azote, 10 à 40 % de gaz carbonique, 5 à 20 % d’hydrogène et 1 à 20 % de méthane… Des gaz non odorants, et normalement peu abondants… si vous avez l’habitude de consommer des végétaux à chaque repas.
  • Le besoin de mastication, qui accélère l’apparition de la satiété, et ralentit l’entrée du sucre dans le sang. Ces effets permettent de prévenir l’obésité, les troubles métaboliques et le diabète.

Question 7 – Et les probiotiques ?

Le premier à s’y être intéressé fut l’Ukrainien devenu Français Ilya Ilitch Metchnikov, qui reçut le prix Nobel de médecine en 1908. Le terme de probiotique s’oppose à antibiotique, il date de 1965.

Selon l’OMS et l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), la définition officielle des probiotiques est : « micro-organismes vivants qui, lorsqu'ils sont ingérés en quantité suffisante, exercent des effets positifs sur la santé, au-delà des effets nutritionnels traditionnels ».

Ce sont en réalité pour l’essentiel des ferments lactiques, micro-organismes et type bactérien (et non pas levures) présents dans notre tube digestif de haut en bas, à des concentrations variables (très peu dans l’estomac, énormément dans le gros intestin).

Question 8 – Ce sont donc des bactéries, des micro-organismes non dangereux, utiles à notre santé ?

Par définition ces bactéries n’ont pas d’effet pathogène, ce qui fait d’elles d’authentiques « bons microbes ». On compte plus de 1000 espèces différentes dans notre flore intestinale (également appelée « microbiote »), représentant 100 000 milliards de micro-organismes et pesant entre 1,5 et 3 kg. Plusieurs milliers d’études poussent les spécialistes à parler d’un véritable organe, tant les fonctions physiologiques du microbiote sont importantes pour la santé. Une partie de ce microbiote est constituée de ces fameux probiotiques.

Evidemment, les traitements antibiotiques comme les chimiothérapies qui raccourcissent la vie des cellules ou organismes en multiplication – à n’utiliser seulement que s’ils sont vraiment nécessaires – détruisent facilement tout ou partie de la flore intestinale.

C’est ce qui explique l’intérêt des prescriptions de compléments sous forme de ferments lactiques – sorte de réensemencement de la flore intestinale – associés aux antibiothérapies et aux chimiothérapies. Les effets à long terme des probiotiques de qualité sont d’ailleurs clairement bénéfiques, en fonction des souches bactériennes utilisées.

Question 9 – Notre flore intestinale peut donc varier de saison en saison ? C’est notre microbiote intestinal ?

Il faut ajouter que la flore intestinale ou microbiote est en perpétuelle évolution en fonction de ce que nous mangeons :

  • Trop de protéines animales et c’est la constipation, les mauvaises odeurs, les colites à bas bruit ou les douleurs intestinales récurrentes.
  • Trop de glucides assimilables (pain, riz blanc, pâtes, pâtisseries, sucreries…) et c’est l’inverse : diarrhées, ballonnements non odorants…
  • Trop d’antibiotiques, et les symptômes d’irritation intestinale, d’affaiblissement de l’immunité, de mauvais transit apparaissent…

Question 10 – Il faut donc savoir bien composer son repas, et bien comprendre ce qui se passe dans tout notre tube digestif, de haut en bas

La composition de chaque repas doit donc toujours comprendre plusieurs portions de fruits et légumes, car les fibres qu’ils apportent permettront de nourrir la « bonne flore intestinale ».

Ces probiotiques pourront parfois assister le changement alimentaire ou rééquilibrer une flore défectueuse, mais ils ne remplaceront pas à long terme une alimentation équilibrée. Ces organismes vivants sont nécessaires aux fonctions digestives et à l’équilibre des organes concernés, et ce « de haut en bas ».

Chaque jour, avec nos boissons et l’eau contenue dans les aliments, notre tube digestif voit passer jusqu’à 10 litres de liquide au total.

  • Nos glandes salivaires peuvent fabriquer jusqu’à 1,5 litre de salive à pH alcalin. Dans notre palais des saveurs, nous avons environ 100 000 germes polymorphes.
  • Notre estomac fabrique 1 litre de liquide gastrique à pH acide et contient en revanche peu de germes (100 à 1000).
  • Notre foie fabrique environ 1 litre de bile, dont le pH alcalin, qui est stérile (ne contient pas de bactéries).
  • Notre pancréas fabrique environ 1 litre de liquide pancréatique à pH alcalin, également stérile.
  • Notre intestin grêle de 4 à 6 mètres de longueur fabrique 1 litre par mètre et contient 10 000 à 1 million de germes.
  • Notre côlon réabsorbe les liquides et est le principal site de développement des colonies bactériennes (jusqu’à 100 milliards !!).

Question 11 – Comment les prébiotiques et les probiotiques ont-ils des actions spécifiques ?

Les 7 fonctions essentielles des probiotiques pour notre santé.

  • L’entretien de la paroi intestinale, car nos entérocytes et colonocytes ou colocytes (cellules intestinales du grêle et des côlons) vivent au maximum 4 jours, et donc se renouvellent sans cesse. C’est ce qu’on appelle l’entéropoïèse intestinale. Les cellules finissant leur vie sont éliminées régulièrement dans les déchets. 
  • La prévention de la porosité intestinalequi laisserait passer des molécules ou nutriments non digérés, et donc potentiellement allergéniques, voire antigéniques. Cette porosité provoque beaucoup de malabsorption et laisse passer des toxines dangereuses pour tous les organes, du foie au cerveau en passant par les tendons, les articulations, les os… 
  • La synthèse de vitamines : la vitamine K (nécessaire en particulier à la coagulation du sang en cas d’hémorragie, au niveau d’une petite plaie) ; la vitamine B9 ou acide folique (nécessaire pour prévenir l’anomalie nerveuse de naissance dans la région lombaire et du sacrum qui se ferme mal, créant le spina bifida) ; la vitamine B12 (essentielle au fonctionnement du système nerveux central, en particulier à la protection de la gaine de myéline autour des fibres nerveuses qui permet le passage de l’influx nerveux), fabriquée par les probiotiques, n’est pas absorbée au niveau intestinal. Elle a besoin de la protéine spéciale (facteur intrinsèque) fabriquée par l’estomac pour être absorbée plus loin au niveau intestinal.
  • L’absorption des nutriments (aliments qui ont subi la digestion) pour passer la barrière intestinale et se déverser dans le sang, en direction du foie.
  • L’activation du système immunitaire :en effet, des globules blancs immatures « apprennent leur métier » sous la muqueuse intestinale, dans des dômes lymphoïdes appelés « plaques de Peyer », au contact des bactéries de la flore endogène.
  • La protection contre les bactéries pathogènes parfois présentes dans l’intestin,grâce à la production d’anticorps de type immunoglobulines A, dites « sécrétoires » (IgAs).
  • La régulation de la réponse immunitaire :sans flore intestinale, nous serions allergiques à tout. Une bonne flore intestinale est associée à un très faible potentiel allergique, alors qu’un fort déséquilibre de la flore intestinale est associé systématiquement à un terrain allergique.

Question 12 – Ainsi, notre tube digestif a un rôle immunitaire majeur ?

Oui, 80 % de notre immunité a pour origine notre tube digestif, dont l’équilibre est directement dépendant de ce que nous mangeons. Une bonne immunité s’obtient et s’entretient donc en mangeant tous les jours beaucoup de fruits et légumes… Frais et de saison ! Le minimum est un total de 5, mais 5 de chaque, c’est mieux !

Le rétablissement de la santé intestinale est l’un des premiers traitements des maladies auto-immunes.La liaison entre nos habitudes alimentaires et leurs conséquences épigénétiques sur différents organes et tissus du corps ne sont pas immédiates, ni évidentes.

Question 13 – La mauvaise santé intestinale a donc des conséquences très différentes selon les personnes ?

Une mauvaise santé intestinale peut, selon les susceptibilités génétiques de la personne, créer des maladies :

  • De la peau : eczéma, lupus érythémateux, sclérodermie, vitiligo…
  • Digestives : gastrites, pancréatites, hépatites, maladie de Crohn, rectocolites, cancers colorectaux…
  • De la thyroïde : thyroïdite auto-immune
  • Musculaires et ostéo-articulaires : fibromyalgie, spondylarthrite, polyarthrites, rhumatismes de tous les âges
  • Neurologiques : sclérose en plaques (SEP), sclérose latérale amyotrophique (SLA), Alzheimer et Parkinson…
  • Cardiovasculaires : inflammation cardiaque et péricardique, artérites, athérosclérose… 
  • Respiratoires : sarcoïdose, pneumonie interstitielle…
  • Précancéreuses du système immunitaire: lymphopathies bénignes ou malignes tels les lymphomes de plus en plus nombreux
  • Métaboliques : diabète, dyslipidémies, syndrome métabolique, surpoids, obésité…

Question 14 – Où pouvons-nous trouver des probiotiques ?

Vous l’avez compris, ce sont les prébiotiques (donc les fibres végétales solubles) présents dans notre alimentation quotidienne qui sont à la source de la formation des probiotiques de notre flore intestinale.

Leur abondance dans les végétaux exige, si nous voulons en profiter, de longuement mastiquer les fibres végétales pour empêcher l’action des phytates.

Ces molécules complexes que sont les phytates, sont des composés phosphorés liés à certains métaux tels le fer, et empêchent son absorption par l'intestin.

On peut aussi recourir ponctuellement à l’utilisation des supplémentations en ferments lactiques (également appelés probiotiques).

Pour avoir un effet positif sur la flore intestinale, il faut que les souches probiotiques aient été correctement sélectionnées, et soient apportées en quantités suffisantes à chaque prise (au moins 10 milliards).

Pour un enfant en bas âge, les études concluent à 15 à 30 jours de cure. Pour un adulte, 1 à 2 mois sont recommandés.

Ce type de supplémentation est à recommander en cas de cure d’antibiotiques, de gastro-entérite, de colopathies ou d’infections à répétition.

Il est important de souligner que la supplémentation en probiotiques de longue durée ne sera jamais aussi efficace qu’un réel changement alimentaire : manger beaucoup de fruits et légumes, de manière absolument quotidienne.

Question 15 – Est-il vrai que les probiotiques sont aussi présents dans les pollens ? 

C’est exact, le pollen peut jouer le rôle de probiotique protégeant notre tube digestif de la flore pathogène. Le pollen contient 1 à 10 millions de ferments lactiques par gramme.

Cette flore est parfaitement conservée par la congélation et détruite si l’on sèche le pollen. Ce système microbien empêche tout germe de putréfaction de s’établir dans le pollen.

L’INRA de Toulouse a pu montrer que le pollen frais peut inhiber in vitro 7 germes pathogènes : les Proteus vulgaris et mirabilis souvent responsables d’infections urinaires ; le Staphylococcus aureus responsable d’intoxications alimentaires avec risques de septicémie ; la Yersinia enterocolitica.

Le pollen de ciste frais a des effets favorables pour soigner autant la rectocolite que la maladie de Crohn. Il permet la régénération de la première couche des cellules intestinales qui se renouvellent tous les 2 ou 3 jours. Le dégel en 12 heures du pollen frais le rend inactif. Actif, il faut le faire fondre dans la bouche.

Ainsi l’effet probiotique du pollen de ciste est supérieur à celui des probiotiques classiques présentés comme compléments alimentaires : Bion, Immuno et en particulier Actimel. Pour ce dernier produit de Danone, toutes les campagnes de publicité étaient basées sur des allégations santé, donnant à ces produits un vernis « santé », au point de parler d’« alicaments », mi- aliments, mi- médicaments. Il ne faut pas se faire avoir par ces publicités qui n’ont pour but que nous faire consommer et consommer encore.



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Note de l'éditeur: Les informations de cette lettre d'information sont publiées à titre purement informatif et ne peuvent être considérées comme des conseils médicaux personnalisés. Aucun traitement ne devrait être entrepris en se basant uniquement sur le contenu de cette lettre, et il est fortement recommandé au lecteur de consulter des professionnels de santé dûment homologués auprès des autorités sanitaires pour toute question relative à leur santé et leur bien-être. L’éditeur n’est pas un fournisseur de soins médicaux homologués. L’éditeur de cette lettre d'information ne pratique à aucun titre la médecine lui-même, ni aucune autre profession thérapeutique, et s’interdit formellement d’entrer dans une relation de praticien de santé vis-à-vis de malades avec ses lecteurs. Aucune des informations ou de produits mentionnés sur ce site ne sont destinés à diagnostiquer, traiter, atténuer ou guérir une maladie.

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(Mai 2016)

Voici la " Lettre Santé Nature Innovation , de Jean-Marc Dupuis " parue le 13 mars 2016.

Vous pouvez vous abonner (gratuitement) à ces lettres via le lien :

https://www.santenatureinnovation.com/

Cet article parle de l'influence de la Lune, chose qui intéresse certains jardiniers, mais qui, d'une manière générale, peut intéresser tout un chacun car il s'agit ici d'une réalité physique que chacun vit chaque jour.

Influence de la Lune : c’est scientifique

Chère lectrice, cher lecteur,

La plupart des jardiniers bio qui m’entourent utilisent le « calendrier lunaire » pour semer, repiquer, bouturer, tailler.
Mais il faut dire la vérité : quand ils en parlent aux gens de la ville, ils sont gênés.

« Je fais avec la Lune, mais je sais que ça paraît ridicule », semblent-ils dire.

Ridicule ?
Les preuves scientifiques s’accumulent pourtant.

Des choses incroyables sur la Lune

La Lune a joué un rôle décisif dans l’apparition des être vivants sur Terre [1].
Une étude réalisée par des scientifiques suisses en 2013 a montré une réduction de 30 % du sommeil profond les jours de pleine lune [2].
Plantes et animaux pourraient avoir en eux une « horloge lunaire », de même qu’ils ont une « horloge » qui leur fait suivre le cycle jour/nuit appelé cycle circadien.
Mais il est vrai que, partout dans la presse, des scientifiques expliquent que les croyances sur l’influence de la Lune sont infondées. Même Alain Delavie, rédacteur en chef de la revue de jardinage Rustica, qui publie chaque année le calendrier lunaire, n’ose pas trop défendre son concept. Lors d’un débat au Salon de l’Agriculture, il expliquait :

« Si nous publions tous les ans un calendrier lunaire, c'est parce que nos lecteurs nous le demandent. Nous essayons de répondre à cette demande au mieux depuis la fin des années 70.[3] »

Autrement dit, « puisque ça se vend, on le fait. Mais je ne m’engage pas plus loin. »
J’ai donc décidé de creuser ce sujet pour démêler le vrai du faux. Et j’ai découvert des choses totalement passionnantes sur la Lune.

La Lune à l’origine de la vie

La principale hypothèse sur l’origine de la Lune est qu’elle serait apparue il y a 4 milliards d’années, suite à l’impact d’une gigantesque météorite sur la Terre. Cette météorite était tellement énorme qu’elle provoqua un jet de magma qui monta jusque dans l’espace et se mit en orbite autour de la Terre.
À force de tourner, ce magma prit la forme d’une boule. C’est un phénomène général, qui concerne les planètes mais aussi la pâte à pain et la pâte à modeler.
En refroidissant, cette boule de magma devint la Lune, qui est aujourd’hui complètement refroidie : il y fait -175°C à l’ombre [4] !
Mais le jour où la Lune commença à tourner autour de la Terre, il se passa autre chosequ’un nouveau joli spectacle dans le ciel nocturne, avec la succession des croissants et des clairs de lune. Ce fut, sur Terre, l’apparition des marées.
En effet, toute masse dans l’univers provoque une attraction sur les autres masses.
Or, comme la Lune tourne autour de la Terre, elle attire vers elle les objets se trouvant sur la Terre. Pour les rochers, les volcans et les montagnes, cela ne se voit pas, ils sont trop lourds.
En revanche, l’effet de la Lune se voit sur les mers, les océans et même les grands lacs : l’eau est attirée dans la direction où se trouve la Lune. Le lendemain de l’impact de la météorite qui créa la Lune, apparut donc sur Terre le phénomène des marées.
Les marées étaient d’autant plus fortes à l’époque que la Lune était beaucoup plus proche de la Terre. Grâce à la Lune apparurent donc sur la Terre des zones spéciales, comme aujourd’hui la baie du Mont Saint-Michel, qui étaient tantôt recouvertes d’eau et tantôt découvertes.
L’eau salée pouvait s’y répandre, se retirer, s’évaporer et se concentrer.
Or, il s’avère que cet environnement intermédiaire, très salé, ni trop sec ni trop mouillé, est idéal pour la formation des composés chimiques précurseurs de la vie : les acides nucléiques, qui entrent dans la composition de l’ADN.
Sur la terre sèche, ils auraient été détruits par les ultra-violets, qui auraient cassé les liaisons chimiques. Dans les océans, ils n’auraient pu apparaître non plus.
Le phénomène des marées, en revanche, aurait permis aux formes les plus primitives de la vie d’apparaître. C’est ensuite dans ces zones que de nombreuses espèces vivantes se seraient développées, conservant dans leur biologie cette notion de cycle lié à la Lune.

Des animaux qui vivent au cycle de la Lune

Aujourd’hui, la Lune met 24 heures et 50 minutes pour faire le tour de la Terre. Elle provoque donc des marées de 12 heures et 25 minutes. Et de fait on observe des animaux, comme l’Eurydice pulchra, qui s’enfoncent dans le sable à marée basse et remonte à marée haute, toutes les 12 h 25 minutes.
Si vous les mettez en laboratoire, elles continuent quelques jours à ce rythme, y compris en l’absence de marée. Crabes, homards, huîtres, moules et diverses sortes de vers de mer et de poissons vivent également au rythme des marées, et donc de la Lune [5].
Mais la Lune aurait eu d’autres effets favorables sur la vie.

La Lune favorise la biodiversité

Bruce Bills, professeur de géodynamique à la NASA, explique que les marées dans les océans contribuent à faire circuler la chaleur des eaux tropicales vers les pôles :

« Sans les marées provoquées par la Lune, les variations climatiques entre les âges glaciaires et interglaciaires auraient été moins extrêmes. O, ces glaciations ont provoqué des migrations d’animaux et d’espèces végétales qui ont probablement contribué à accélérer la différenciation entre les espèces.[6] »

La Lune aurait donc favorisé la biodiversité.

L’étonnant cycle mensuel de la Lune

Enfin, il existe un autre cycle lunaire, le temps qui s’écoule entre deux pleines lunes. Ce cycle dure 29,5 jours.
Que ces cycles de lune aient une influence sur l’être humain était autrefois un lieu commun.
Bien sûr, les hommes avaient observé l’étonnante proximité entre le cycle de la femme et les cycles de la lune.
 L’astronome Ptolémée considérait comme une évidence que « la Lune exerce son influence sur la plupart des choses du monde, car la plupart, animées ou inanimées, sont en sympathie avec elle et changent en même temps qu’elle. »
Au XIXe siècle, les malades mentaux étaient séparés dans les asiles selon qu’ils étaient ou non « lunatiques ». Il était considéré comme une évidence que les « lunatiques » voyaient leurs problèmes s’aggraver à la pleine lune, qui les plongeait dans la plus grande agitation. Ils hurlaient, ce qui n’est pas sans rappeler évidemment la légende des loups-garous, ces personnes qui se changent en loup les nuits de pleine lune.
Ce sont ces légendes, ainsi que les plaintes fréquentes de leurs collègues et étudiants sur leurs problèmes d’insomnie les nuits de pleine lune, qui ont décidé les chercheurs suisses de l’université de Bâle à étudier les effets de la pleine lune sur le sommeil. Et en effet, ils ont constaté un lien fort entre un endormissement retardé, un sommeil agité, et des difficultés à se réveiller les nuits de pleine lune (voir étude publiée dans Current Biology, citée au début de cet article).
Une explication qu’ils avancent est que l’homme primitif risquait beaucoup plus d’être découvert et dévoré par les bêtes sauvages les nuits de clair de lune. Il aurait donc appris à avoir le sommeil plus léger à ces moments-là.

Les points d’ombres qui demeurent sur l’influence de la lune

En revanche, il semble faux que la Lune ait une influence sur les naissances, malgré ce qui se raconte dans les maternités [7]. Pas d’étude fiable non plus sur le fait que se faire couper les cheveux au moment de la lune croissante accélère la repousse.
Quant à la croissance des fèves, petits pois et autres légumes du potager, Noëlle Dorien, professeur d’horticulture ornementale et auteur du rapport « Jardiner avec la Lune : mythe ou réalité ? », elle n’y croit pas. Selon elle, « les pseudo tentatives d'explication du phénomène lunaire induisent les gens en erreur ».
Toutefois, elle reconnaît par ailleurs qu’il est « difficile de réaliser des expérimentations valables sur les phases de la Lune car il n'y a pas de témoin possible : lors d'un semis en phase racine, par exemple, on ne peut pas avoir au même moment un jour “non racine” pour comparer les deux [8] ».
Il s’agit donc d’un problème de méthode scientifique ! Il n’y aurait pas de méthode permettant aux chercheurs de démontrer si les jardiniers qui cultivent selon la Lune ont tort ou raison ! Mais quant aux constatations pratiques sur le terrain, je suis convaincu que les lecteurs de Santé Nature Innovationont leur petit mot à dire sur le sujet… Je vous invite donc à vous exprimer en vous rendant sur le lien suivant, si vous jardinez, comme moi, avec la Lune !

À votre santé !

Jean-Marc Dupuis

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Sources:

[1] Without the Moon, Would There Be Life on Earth?

[2] Evidence that the Lunar Cycle Influences Human Sleep

[3] La Lune a-t-elle une réelle influence sur les plantes ?

[4] Froids records sur la Lune

[5] Voir « Moostruck », par Ernest Taylor, Oxford, 229 pages, 2016.

[6] Without the Moon, Would There Be Life on Earth?

[7] Effet de la Lune sur les naissances

[8] La Lune a-t-elle une réelle influence sur les plantes ?

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Les informations de cette lettre d'information sont publiées à titre purement informatif et ne peuvent être considérées comme des conseils médicaux personnalisés. Aucun traitement ne devrait être entrepris en se basant uniquement sur le contenu de cette lettre, et il est fortement recommandé au lecteur de consulter des professionnels de santé dûment homologués auprès des autorités sanitaires pour toute question relative à leur santé et leur bien-être. L’éditeur n’est pas un fournisseur de soins médicaux homologués. L’éditeur de cette lettre d'information ne pratique à aucun titre la médecine lui-même, ni aucune autre profession thérapeutique, et s’interdit formellement d’entrer dans une relation de praticien de santé vis-à-vis de malades avec ses lecteurs. Aucune des informations ou de produits mentionnés sur ce site ne sont destinés à diagnostiquer, traiter, atténuer ou guérir une maladie.

La Lettre Santé Nature Innovationest un service d'information gratuit de Santé Nature Innovation(SNI Editions).

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(Juillet 2016)

Voici un article paru dans Valérianen° 119 édité par l’asbl Nature & Progrès : «L'électro hypersensibilité, un nouveau syndrome dont on parle rarement » ,  republié via notre site, avec l'accord de Natpro, et dont l'auteur se nomme Éric Defourny.

Une association pour la reconnaissance de l'électro hypersensibilité vient de voir le jour en Belgique. Une bonne occasion pour parler de ce nouveau syndrome qui touche de plus en plus de personnes et qui demeure le grand oublié de la médecine traditionnelle…

L'électro hypersensibilité, un nouveau syndrome dont on parle rarement

Par Éric Defourny

« Le GSM, c'est vraiment le pire ! C'est ça qui me donne le plus mal à la tête. Le Wifi et les téléphones fixes sans fil DECT me causent aussi des problèmes, mais un peu moins que les GSM."

Julien (1), quinze ans, habite la province de Liège. Avec une maturité étonnante, il raconte son calvaire : "A partir de mes huit-neuf ans, j'ai commencé à attraper de plus en plus souvent mal à la tête et à avoir divers autres ennuis de santé. Mes parents et moi avons alors cherché la cause de mes problèmes pour tenter de les solutionner. Nous avons cherché dans toutes les directions et essayé des tas de choses. Après des mois et des mois de recherches intenses, ma mère, ayant entendu parler de la nocivité des technologies sans fil, a supprimé le Wifi et le téléphone sans fil DECT que nous avions à la maison. Mes maux de tête ont alors diminué. C'est à ce moment-là que je me suis rendu compte à quel point les ondes électromagnétiques sont nocives. Malheureusement, supprimer le Wifi et le téléphone sans fil DECT n'a pas suffi à faire disparaître complètement mes maux de tête et tous mes autres problèmes, comme les sifflements dans les oreilles, les difficultés pour me concentrer, la fatigue, les nausées, les problèmes de sommeil... Ma mère a alors eu l'idée de faire venir un spécialiste pour mesurer la pollution électromagnétique dans notre maison. Ces mesures nous ont fait prendre conscience qu'il y a beaucoup d'antennes de téléphonie mobile autour de notre maison et que nous sommes fortement exposés aux ondes GSM à l'intérieur même de notre maison. Suite à ces mesures nous avons mis des protections anti ondes dans ma chambre afin que j'arrive à mieux récupérer la nuit. Cela m'aide mais je reste très sensible à ces ondes et je dois les éviter au maximum. Actuellement, c'est vraiment devenu très compliqué parce que ces ondes sont partout. Par exemple, dans le bus pour aller à l'école, c'est terrible toutes les ondes qu'il y a ! Et puis tout près de l'école, il y a une antenne, et dans l'école il y a le Wifi partout et en plus, il y a les GSM que chacun porte sur soi."

Les effets des ondes sur le corps humain

Des personnes électro hypersensibles comme Julien, il y en a de plus en plus. Ce syndrome se propage depuis quelques années, partout dans le monde, précisément là où les technologies sans fil se sont généralisées. Mais comment se fait-il que certaines personnes se sentent mal lorsqu'elles sont exposées à ces ondes ?

Le Docteur Pilette, dans son livre Antennes de téléphonie mobile, technologies sans fil et santé (2), explique l'influence que ces ondes peuvent avoir sur le fonctionnement du corps humain. Il explique notamment qu'un des matériaux les plus conducteurs d'ondes, donc qui les absorbe le plus facilement, est la magnétite (aimant naturel). Or notre cerveau contient… "cinq millions de cristaux de magnétite par gramme de tissu, et les enveloppes méningées qui entourent le cerveau, elles, en contiennent plus de cent millions par gramme de tissu..." (3) ! Notre cerveau est donc un véritable capteur d'ondes. La science ne connaît pas encore le rôle exact joué par tous ces cristaux de magnétite dans notre cerveau. Une hypothèse serait que ces cristaux servent à nous orienter et à capter le champ magnétique naturel terrestre. Or nous sommes actuellement entourés par une multitude d'ondes électromagnétiques artificielles dont l'intensité, dans son ensemble, est nettement plus importante que celle des ondes électromagnétiques naturelles. Exprimées en μW/m2 (microwatts par mètre carré), les micro-ondes de la téléphonie mobile, par exemple, sont des millions et souvent des milliards de fois plus intenses que les micro-ondes naturelles. D'autre part les micro-ondes de la téléphonie mobile sont généralement pulsées, ce qui n'est pas le cas des micro-ondes naturelles. Il ne serait donc pas étonnant que ces ondes artificielles perturbent le fonctionnement de notre organisme.

Le Docteur Pilette explique encore l'influence qu'ont les ondes électromagnétiques de haute fréquence sur la synthèse de l'ATP - adénosine triphosphate -, la molécule qui est le réservoir principal d'énergie de nos cellules. "La synthèse de l'ATP, écrit-il, s'effectue sous l'action de différents enzymes qui ont besoin de magnésium pour leur fonctionnement.

Comme la plupart des éléments dans la nature, le magnésium est formé d'un mélange de plusieurs sortes de magnésium, les isotopes de magnésium (...). En présence de magnésium-25, les enzymes qui synthétisent l'ATP produisent deux à quatre fois plus de cette molécule énergétique qu'en présence de magnésium-24 ou de magnésium-26. Ceci est dû au fait que le magnésium-25 produit un champ magnétique que ne produisent pas le magnésium-24 et le magnésium-26. Les activités enzymatiques essentielles de notre organisme fonctionnent donc avec le magnétisme et sont par conséquent influencées par les champs électromagnétiques externes. En agissant sur ces activités enzymatiques, les micro-ondes peuvent empêcher les cellules de produire de l'énergie en quantité suffisante et ainsi affecter profondément le métabolisme cellulaire. Nous comprenons dès lors qu'un des premiers symptômes rencontrés lors d'une exposition chronique aux micro-ondes est la fatigue." (3)

Les objectifs de l'AREHS

Nous pourrions donc dire que l'organisme de chaque humain est électro sensible mais que cette sensibilité ne s'accompagne pas nécessairement de symptômes physiques désagréables. Ces symptômes physiques désagréables, plus ou moins faciles à mettre en lien avec les ondes électromagnétiques, n'apparaissent que chez certaines personnes. En plus des symptômes dont souffre Julien, voici d'autres symptômes qui peuvent être dus aux ondes électromagnétiques et qui ont été répertoriés par des médecins et scientifiques (4) : modification de la tension artérielle, tremblements, troubles de la vue, vigilance atténuée, palpitations, arythmie cardiaque, crises d'épilepsie, irritabilité, douleurs musculaires...

Certains médecins ont encore constaté que l'exposition à ces ondes augmente le risque de maladie d'Alzheimer, d'infarctus, d'accidents vasculaires cérébraux et de maladies cancéreuses, comme les leucémies et les tumeurs cérébrales.

Quels sont les objectifs de l'Association pour la Reconnaissance de l'Electro hypersensibilité (AREHS) ? Les principaux objectifs de l'AREHS sont de faire reconnaître en Belgique l'électro hypersensibilité comme handicap mais également d'obtenir que les personnes électro hypersensibles puissent vivre, se former et travailler dans un environnement électromagnétique qui leur convient. Ceci implique notamment l'existence de zones sans ondes électromagnétiques artificielles - des zones blanches -, d'écoles et de lieux de travail exempts d'ondes électromagnétiques perturbatrices comme, par exemple, celles du Wifi. D'une manière générale, l'association veut informer sur l'ensemble des nuisances liées aux ondes électromagnétiques artificielles…

En pratique, que peut-on faire pour aider les personnes électro hypersensibles ? Bien évidemment vous pouvez devenir membre de l'AREHS ou faire un don à l'association. Mais vous pouvez aussi aider les personnes électro hypersensibles, comme Julien, d'une autre manière : en réduisant, au maximum, la pollution électromagnétique haute fréquence que vous engendrez, probablement sans le savoir ni le vouloir.

Savez-vous que chaque fois que vous utilisez votre GSM, smartphone, tablette, etc., l'antenne la plus proche de vous augmente sa puissance d'émission et engendre, de ce fait, une pollution plus grande dans tout son environnement ?

En pratique vous pouvez donc :

- réduire au maximum l'usage de votre GSM, smartphone, tablette, etc.,

- éteindre le plus souvent possible ces appareils car, même en veille, ils émettent encore des ondes qui peuvent causer des ennuis aux personnes électro hypersensibles que vous croisez,

- remplacer votre téléphone fixe sans fil DECT par un téléphone avec fil pour ne pas polluer votre voisin éventuellement électro hypersensible,

- éteindre votre Wifi quand vous ne vous en servez pas ou, mieux, remplacer votre Wifi par une connexion filaire tout en veillant à désactiver la fonction Wifi (5).

En plus d'aider les personnes électro hypersensibles, toutes ces dispositions sont, selon de nombreuses études, aussi bénéfiques pour votre propre santé

Le rêve de Julien

" Avec toutes les ondes qu'il y a partout, il est devenu impossible pour moi d'aller à l'école.

Cette année je reçois des cours à domicile. J'espère bien que plus tard j'irai mieux et que je pourrai faire des études d'horticulture. Pour bien faire, je devrais vivre dans un endroit où il y a très peu d'ondes dans l'environnement - une zone blanche - mais c'est vraiment très difficile à trouver..." . Et Julien de conclure ainsi l'entretien : " les ondes GSM sont vraiment très nocives. Il y a tant d'études scientifiques qui le prouvent. Les gens ne s'imaginent pas à quel point ils s'empoisonnent avec ça..."

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(encadré - dans le livre)

Appel aux personnes électro hypersensibles

Il est essentiel, afin que l'AREHS puisse mener à bien ses objectifs, que l'association ait le soutien d'un maximum de personnes électro hypersensibles. Concrètement, si vous souffrez de ce syndrome, vous l'aiderez grandement en remplissant le questionnaire qui est disponible sur le site de l'association. Il peut aussi vous être envoyé par courrier postal. Les données recueillies resteront confidentielles et ne seront communiquées à aucun tiers. Merci de transmettre cet appel à toutes les personnes électro hypersensibles que vous connaissez !

AREHS (Association pour la Reconnaissance de l'Electro hypersensibilité)

rue du Bransart, 75 - 5020 Malonne

Tél. : 081/44.13.65 - Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.- www.arehs.be

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L'argile pour atténuer les ondes

En partant du constat du bain d'onde dans lequel nous sommes immergés et du problème réel que cela pose à certaines personnes plus sensibles, sachons que nous pouvons nous protéger à l'intérieur de notre maison. On n'y pense pas toujours par rapport à d'autres solutions techniques - les écrans rigides ou souples avec trame métallique, peintures et revêtements, rideaux spéciaux, etc. - mais les murs enduits à l'argile procurent une bonne atténuation en laissant passer peu de puissance d'ondes de hautes fréquences, sans vieillissement du matériau et sans effet "miroir", c'est-à-dire la réflexion sur les parois des ondes émises ou entrées dans la pièce. Cela s'ajoute aux autres grandes qualités de cette matière naturelle. Pour les fenêtres, les vitrages thermiques faible émissivité ont aussi un effet mesurable. Des châssis comprenant un renfort d'aluminium mis à la terre peuvent compléter la protection. Pensons-y pour la chambre à coucher au moins…

Fabrice de Bellefroid

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Notes:

1. Le nom de la personne interviewée a été changé pour préserver son anonymat.

2. Livre basé sur plus de sept cents références scientifiques, disponible gratuitement sur le site www.teslabel.be

3. Citation avec l'aimable autorisation de l'auteur.

4. Appel de Fribourg, 2002.

5. Malheureusement le système CPL - "courant porteur de ligne", un système qui transmet le signal internet via le réseau électrique - n'est pas une alternative valable pour le Wifi. Ce système CPL, en effet, rajoute encore des hautes fréquences au réseau électrique.

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(Septembre 2016)

 Voici un article paru dans Valérianen° 120 édité par l’asbl Nature & Progrès : « Une formation à la bio dans l’enseignement supérieur…- la suite ! » , par Alexia Fernandez,  republié via notre site, avec l'accord de Natpro.

 Un article fort important, car c’est une piste pour les personnes désireuses de se recycler, et pourquoi pas dans une filière de produits naturels et locaux, un métier à la portée de tous, où l’on peut retrouver toutes nos qualités et un savoir-faire ancestraux, et produire des produits locaux et sains pour les êtres humains…

Une formation à la bio dans l’enseignement supérieur…

La suite !

Par Alexia Fernandez

Il y a un an exactement - dans Valériane n°114, de juillet-août 2015 -, nous vous avons fait découvrir le tout nouveau diplôme en agriculture biologique mis en place par Haute Ecole de la Province de Namur (HEPN) sur le campus de Ciney. Elle devait débuter en septembre dernier et c’est effectivement chose faite depuis le mois d’octobre 2015. La formation a enfin commencé ! Voici un bref bilan d'une première année…

Cette formation, toujours unique dans l’enseignement supérieur de la Fédération Wallonie Bruxelles, permet à des étudiants en possession d’un diplôme de bachelier en agronomie (1), de suivre un an de spécialisation professionnalisant en agriculture biologique. Grâce à ce diplôme, le secteur bio wallon aura enfin à sa disposition des personnes spécialisées, des techniciens mais aussi des conseillers aptes à soutenir sa très forte croissance. Les compétences acquises en lien direct avec le terrain feront de ces étudiants les chevilles ouvrières d’un secteur en soif de professionnalisation et d’organisation.

Un enseignement actif

Une nouvelle collaboration entre Hautes-écoles wallonnes en agronomie a porté ses fruits ! En effet, les élèves, en plus de leur cours à Ciney, ont l’occasion de se déplacer à Spa et à Ath pour trois jours de cours intensifs dans d’autres spécialités du domaine de l’agriculture biologique. Cette nouvelle formation comprend, en effet, des activités qui permettent aux étudiants d’acquérir une réelle expérience du terrain. Pendant le premier quadrimestre, ils ont entre autre pu accompagner un agriculteur de Ciney qui voulait passer d’un modèle d’agriculture conventionnelle à celui de l’agriculture bio. Dans cet exercice, ils ont réalisé des visites, un audit, des mesures de terrain pour établir un plan de conversion comprenant une rotation de cultures adaptée au bio. Ils ont pu présenter ce plan, fin décembre, à l’agriculteur accompagné de sa famille…

Les étudiants ont aussi décidé de participer à un programme d’apprentissage de création d’entreprise (2) qui vise à créer un projet d’entreprise innovant, de l’idée au prototype, appuyé par un dossier financier. Les deux groupes participants ont commencé à créer leur entreprise de production de biscuits, à haute valeur nutritive, fabriqués à partir de coproduits de brasserie ou de pressage de pomme. Pour ce faire, ils ont suivi un programme de formation à la création d’entreprise et ont entrepris diverses démarches dans ce sens.

Tout au long de cette année de spécialisation, les élèves ont notamment dû suivre trois cours principaux sur les normes, la réglementation et les filières de l’agriculture bio. Ils ont pu découvrir et travailler sur les filières biologiques avec les différentes tendances actuelles. Ces cours sont toujours basés sur les principes de la pédagogie active, c’est-à-dire qu’ils comprennent des mises en situation réelles qui permettent aux étudiants de découvrir la matière activement et d’être d’autant plus intéressés par le cours

Une organisation du temps qui permet aussi… de travailler !

Les étudiants ont aussi réalisé de nombreuses visites. Citons notamment : la boulangerie Legrand, la boucherie Bioherin - www.bioherin.be -, Interbio - www.interbio.be -, la ferme de Stée, la ferme Counasse - www.fromagerie-counasse.be/la-ferme -, la ferme Raucq, les Trois petits fours et Bioschuurke - www.bio-billens.be -, un arboriculteur bio en Flandre. Lors de ces visites, ils ont pu découvrir différents terroirs et différentes filières…

Pour pouvoir mener à bien toutes ces activités, les horaires ont été organisés de façon particulière : un horaire décalé avec deux journées et deux soirées. Les trois autres journées complètes pouvaient être consacrées à des visites, des formations ou à travailler sur des projets. Cette organisation est intéressante car elle permet aux étudiants qui ont déjà un pied dans le monde du travail - certains travaillent déjà à temps plein ! - de suivre cette spécialisation. François de Gaultier, ayant étudié un an en Autriche, témoigne des avantages de ce système : "avec cette organisation qui a déjà lieu depuis des années en Autriche, les étudiants peuvent travailler en même temps et donc financer leur études tout en trouvant un sens à leur apprentissage…"

Arrivés à la moitié de l’année, les étudiants doivent réaliser un stage de cinq mois et rédiger un travail de fin d’étude. Les stages en entreprise se font soit en production, soit en transformation, soit en structures de conseil technique. Les travaux de fin d'étude (TFE) concernent l’agroforesterie, l’étude de la filière des légumes frais, les freins à la conversion au bio, etc. Ces travaux permettent d’aller sur le terrain, de prendre des contacts et d’appliquer les concepts vus en cours...

Des acteurs très divers

En ce qui concerne les étudiants, ils viennent de toute la Wallonie. La moitié ont déjà une ferme ou possèdent une expérience de l’agriculture, alors que les autres sont simplement des passionnés du milieu. Ces derniers voudraient soit s’installer avec leur propre projet de production et/ou transformation, soit soutenir le secteur dans un des maillons de la filière : conseil, encadrement, certification, développement de filières, animation de groupements d’agriculteurs, etc

Les professeurs sont, eux, tous des spécialistes qui travaillent dans le secteur de l’agriculture biologique. Il est possible de les rencontrer lors des journées portes ouvertes qui se tiendront à Ciney - 61, avenue de Namur - les samedis 25 juin et 10 septembre, entre 9 et 13 heures.

À l’heure actuelle, la bio, en plus d’avoir le vent en poupe, apparaît aux yeux d’un nombre croissant d’acteurs comme une alternative incontournable aux systèmes de production habituels, en renouant le lien entre le producteur et le consommateur et en prenant en compte les valeurs écologiques qui sont particulièrement chères aux yeux d'associations telles que Nature & Progrès, par exemple…

Notes:

(1) L'inscription est également possible via la valorisation des acquis de l'expérience

(2) Young Enterprise Project : YEP. Site internet : http://www.lje.be/index.php/nos-programmes/young-enterprise-project

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no(Novembre 2016)

Voici un article paru dans Valériane août 2016, édité par l’asbl Nature & Progrès.

Cet  article " Reconnecter agriculteurs et consommateurs, une évidence, une nécessité ! " , nous paraît d’une importance capitale pour notre santé (alimentation), pour les rapports humains qui en résulte, pour un développement sain de la chaine alimentaire.

Nous souhaitons vivement que tous les consommateurs que nous sommes en prennent conscience et s’alimentent sur ce mode – naturel – de l’organisation de la chaine alimentaire.

Reconnecter agriculteurs et consommateurs, une évidence, une nécessité !

Par Sylvie La Spina

Un fossé s’est creusé entre l’amont et l’aval de la chaîne alimentaire. Agriculteurs et consommateurs sont devenus des étrangers, et souvent, ils ne se connaissent plus ou ne se comprennent plus. Pourtant, il est crucial, suites aux dérives et crises qu’ont connues le secteur agricole ces dernières décennies, de rassembler producteurs et consommateurs autour de l’avenir de notre agriculture. Il est plus que jamais temps de renouer le dialogue, de concilier les attentes des uns et des autres, de se montrer solidaires et unis. 

Ensemble, agriculteurs et consommateurs, retisser des liens !

 Dans le cadre de son projet « Echangeons sur notre agriculture », Nature & Progrès s’est penchée sur le pourquoi et le comment d’une reconnexion entre agriculteurs et consommateurs. Lors d’un sondage puis d’une journée consacrée à ce thème, les citoyens et producteurs ont pu exprimer leurs avis, faire le bilan des attentes des uns et des autres et réfléchir à la réalisation concrète d’actions permettant leur rapprochement. Le processus a abouti à la réalisation de six fiches-actions, sortes de modes d’emploi aidant tout volontaire à réaliser des actions au niveau local. Et ce n’est pas fini !

 L’importance d’un nouveau dialogue

 Pourquoi est-il important de rapprocher agriculteurs et consommateurs ? Les arguments émis par les deux parties ne manquent pas.

Les consommateurs souhaitent que les producteurs retrouvent un sens à leur travail, à leur métier : « Pour que les agriculteurs se rendent mieux compte que leur labeur sert à quelque chose et à quelqu'un ».

Ils souhaitent également que les producteurs soient honnêtes, de confiance et prennent davantage en compte les attentes des citoyens dans leurs pratiques. On veut du bio, le respect des animaux et du sol, la qualité des produits, la création d’emploi…

« Les consommateurs ont beaucoup d'attentes, et le monde agricole doit les écouter ».

 Agriculteurs et consommateurs ont également beaucoup d’attentes envers les autres consommateurs.

Il faut qu’ils apprennent à mieux connaître le métier d’agriculteur, afin de ne pas le juger trop vite et en comprennent les contraintes.

« Les consommateurs ont une idée complètement déformée de la réalité agricole ».

« Les saisons et leurs aléas (non-disponibilité de certains produits), les conditions de travail, la nature et ses caprices (formes, goût, abondance…)… ». Il faut que chacun prenne conscience de l’importance du métier d’agriculteur.

« Tout le monde mange trois fois par jour et a donc besoin de nous. Ça serait bien qu'ils comprennent mieux ce que nous faisons pour comprendre la vraie valeur de ce que nous produisons ».

« Mieux faire connaître ce métier, préserver ce savoir-faire, encourager les repreneurs, les jeunes agriculteurs ».

Il est important que le consommateur redécouvre l’importance de l’aliment, de sa qualité, de sa valeur et réduise le gaspillage.

« Il est clair que l'alimentation quotidienne, son origine, sa transformation, etc. ne sont plus les questions premières que les consommateurs se posent en achetant les produits.

Ils échangent de l'argent contre un produit, un service sans même savoir qui, quoi, comment, combien.

« Il faut recentrer certaines valeurs actuellement oubliées ».

Il faut que chacun redécouvre que les aliments ont un visage !

« Je sais que lorsque j’achète ses produits, je soutiens ses pratiques et son élevage, je lui permets de nourrir sa famille, je vois son fils sur le tracteur qui envisage de devenir fermier lui aussi… ».

« Connaître les producteurs de son alimentation ajoute une saveur inestimable aux repas ».

Une fois le citoyen conscient de la valeur de l’aliment et de son producteur, il pourra redevenir un consommateur éclairé et responsable.

« Les consommateurs ont un rôle indéniable à jouer quant à leurs habitudes de consommation.

Il est essentiel qu'ils comprennent que leurs actes sont un réel choix politique, et un modèle sociétal à soutenir.

Le citoyen doit se rendre compte qu’il a un réel poids dans la balance pour faire changer les choses ».

Enfin, il est crucial que le consommateur accepte de fournir le juste prix au producteur, en lien avec ses pratiques et la qualité de ses produits.

« Il est important que le citoyen connaisse les gestes qui précèdent l'acte de consommation.

Il ne suffit pas de semer pour récolter et manger...

S’il a la conscience du travail accompli avant son assiette, il acceptera plus facilement de payer un juste prix ».

En résumé, la reconnexion entre agriculteurs et consommateurs permettra de mieux se connaître, mieux se comprendre et d’être attentif aux attentes des uns et des autres. C’est indispensable pour, ensemble, penser l’avenir de notre agriculture !

 Comment en sommes-nous arrivés à cette déconnexion ?

 Un fossé s’est creusé entre citoyens et agriculteurs. Pour comprendre comment nous en sommes arrivés là, il faut retourner quelques décennies en arrière.

Depuis toujours et jusque récemment, l’agriculture était l’activité principale des villages : il fallait se nourrir, été comme hiver.

La plupart des maisons villageoises comprenaient un potager, une étable accolée à l’habitation où étaient soignés les animaux, et parfois même un four à pain, petit bâtisse en pierre située à proximité de la maison.

Chacun participait aux lourds travaux des récoltes, moissons, fenaisons… L’autonomie alimentaire était au cœur des villages. Même dans certaines régions au climat rude et au sol pauvre actuellement peuplées de prairies et de bovins, les cartes anciennes - voir notamment les cartes de Ferraris de 1777 - montrent l’importance passée des cultures de céréales et de pommes de terre, l’existence d’anciens moulins qui permettaient de transformer le grain en précieuse farine…

Après-guerre, le développement du commerce et des transports a marqué la fin de ces activités dans bon nombre de villages : le coût de production d’une céréale ardennaise n’est pas comparable à celui d’une céréale hesbignonne, même si l’on considère le prix du transport.

Les activités agricoles des villages se sont focalisées vers un ou deux secteurs rentables.

Le progrès technique a aussi permis de réduire considérablement la main d’œuvre nécessaire à l’agriculture, et le développement des secteurs secondaires et tertiaires dans les villes a attiré le citoyen.

Les supermarchés se sont développés pour nourrir cette population citadine grandissante, enrichissant leur gamme de produits avec ceux d’autres pays et continents et ceux de l’industrie agro-alimentaire en plein développement.

L’alimentation est devenue dessaisonnée et mondialisée. Le prix, la publicité et le marketing dirigent les achats des consommateurs.

Le lien entre producteur et consommateur s’est alors rompu.

Les agriculteurs ont été poussés à produire de la matière première pour l’industrie, ce qui permettait de fournir une alimentation meilleur marché grâce aux économies d’échelle. L’aliment est devenu anonyme, l’agriculteur, un étranger.

La campagne aussi a bien changé. « Les parcelles agricoles à la démesure extravagante ont été dépouillées des haies qui les divisaient […].

Les aubépines et les pommiers sauvages ne sont plus qu’un souvenir.

On appelle ça le remembrement : ça dit bien que la première étape fut le démembrement, l’écartèlement.

Les véhicules agricoles, gros comme des cathédrales, ont eu raison des chemins peu de temps après avoir envoyé les chevaux à la boucherie ».

« Le village paisible s’est transformé en cité dortoir, et les vieilles fermes sont devenues des gîtes pour les vacanciers, qui envahissent l’été et importent la ville et ses absurdités dans un monde rural qui s’en passait tellement bien. Plus d’épicerie, plus de cordonnier, plus de tailleur ni de forgeron, mais des centres commerciaux tentaculaires où on se presse pour se distraire de la vie en achetant frénétiquement » (1).

L’alimentation a cédé sa place aux technologies dans les priorités d’achat de nombreux consommateurs : seulement 13 % du budget des ménages sont consacrés à la nourriture, tandis que les frais liés au logement, aux transports et aux télécommunications explosent.

Pourtant, une alimentation saine est la base de la vie et de notre santé !

La perception de l’agriculture est fortement influencée par les médias, les publicités, les réseaux sociaux, les documentaires…

Elle se retrouve souvent décalée par rapport aux réalités locales.

Un dialogue s’est rompu entre le producteur et le consommateur.

 L’avenir est devant nous !

 Nous pourrions être pris de nostalgie. Ah, le bon vieux temps… si on pouvait y retourner ?

Mais n’oublions pas que c’était aussi une époque difficile, où le labeur était intense, le confort, presque inexistant, la pauvreté, de mise.

De nombreux récits nous le rappellent : « Jeune enfant embauché dès huit ans chez un fermier, il était abruti par la terre, rompu de fatigue, grisé par l’air vif, la fumée des fanes trainant sur les essarts »(2).

S’il faut s’inspirer de l’histoire, c’est avant tout pour comprendre l’évolution de notre société et en tirer les enseignements afin d’agir sur le présent.

Nous sommes dans une période de prise de conscience des erreurs du passé.

On ne compte plus les initiatives publiques et citoyennes pour aller vers le changement.

L’agriculture biologique connait un essor sans égal suite à la reconnaissance des impacts de l’utilisation de pesticides sur la santé et sur l’environnement. Des aides permettent à chacun de planter haies et vergers qui ont régressé au siècle dernier. Des citoyens se mobilisent pour rendre l’accès à la terre de producteurs devant les dérives liées au foncier.

Le circuit court revient à l’avant de la scène pour permettre aux producteurs d’échapper aux pressions de la grande distribution.

La traction animale refleurit dans nos campagnes, chez les maraîchers mais aussi dans nos communes…

Comme le suggère le documentaire « Demain », il est crucial de poursuivre le développement des initiatives locales, de continuer dans cette voie positive… et ensemble, agriculteurs et consommateurs, nous l’avons fait !

 Des actions concrètes pour rapprocher agriculteurs et consommateurs

 - Favoriser les rencontres "commerciales"

 Une multitude de possibilités existent pour que le consommateur ait accès à des produits locaux : vente à la ferme, marchés locaux, groupements d’achats communs, magasins partagés, achats en ligne… La diversité de ces initiatives permet à chaque producteur et à chaque consommateur de trouver la formule qui lui convient en fonction de ses disponibilités en temps et en énergie. Il est important que ces modes de vente de produits locaux permettent un dialogue avec le producteur, et lorsque ce n’est pas possible, qu’ils donnent de l’information sur la ferme et mettent un visage sur les produits. Il est faudrait développer et encourager les initiatives de vente en circuit court en fonction de la demande locale en produits fermiers. Il faut également référencer les initiatives existantes, les étudier, les comparer, augmenter leur visibilité et les promouvoir.

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- Evaluer l'offre et la demande de produits locaux pour stimuler le marché

 Comment savoir quels sont les desiderata des consommateurs en produits locaux ?

Cherchent-ils des fromages, des légumes, de la volaille près de chez eux ?

Identifier la demande permettra à des producteurs de s’installer ou de se diversifier dans la région ! C’est l’objet de notre fiche-action 6 !

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- Faire connaître localement les initiatives de consommation locale

 Magasins à la ferme, marchés locaux, groupements d’achats, coopératives de producteurs, achats en ligne de produits (ruches, topino…)…

De nombreuses initiatives favorisant la consommation locale ont fleuri sur notre territoire.

Comment les faire mieux connaître du public local ?

C’est l’objet de notre fiche-action 5 !

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- Visiter, discuter, pratiquer

 Rapprocher agriculteurs et consommateurs ne passe pas obligatoirement par un lien commercial, fort heureusement ! D’autres possibilités existent pour que les citoyens puissent mieux connaître l’agriculture de leur région.

Les visites de fermes, fermes ouvertes et fêtes agricoles sont un excellent moyen de découvrir le métier et les pratiques.

Il est néanmoins important que le côté festif n’empiète pas sur la découverte de la réalité de la ferme.

En effet, il est courant que des visiteurs rentrent chez eux avec un meilleur souvenir du château gonflable pour les enfants que des démonstrations de traite qui avaient lieu à la ferme.

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- Création d'un "guide fermier"

 Quoi de mieux que la visite d’une ferme pour mieux connaître l’agriculture ?

Mais les producteurs n’ont parfois pas le temps, ou ne sont pas à l’aise avec un public.

Et si on créait un "guide fermier", à l’instar des guides-nature ou guides touristiques ? C’est l’objet de notre fiche-action 2 !

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 Il est aussi possible de discuter d’agriculture lors de rencontres-débats organisés dans la région. Différentes pièces de théâtre circulant actuellement en Wallonie et traitant de l’agriculture sont suivies de débats permettant un échange entre producteurs et consommateurs.

Il en est de même pour différents documentaires.

Afin de mieux se rendre compte de la réalité de la production, il faudrait stimuler les initiatives d’autocueillette chez le producteur, de woofing, les stages à la ferme ou les potagers collectifs.

 - Parler d’agriculture, partout !

 Pourquoi ne pas immiscer l’agriculture à travers des activités en lien avec la nature, le tourisme, la cuisine, le jardinage, la santé…, des domaines connaissant beaucoup de passionnés et fortement en lien avec le monde agricole ?

Une facette agricole pourrait être ajoutée aux émissions télévisées, articles de journaux, stages… sur ces sujets.

Il serait intéressant de diffuser dans les médias, via des articles, des vidéos, des blogs, des publications sur les réseaux sociaux… des informations sur l’agriculture et sur les producteurs locaux.

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- Sensibiliser à une alimentation bio et locale via les réseaux sociaux

 Les réseaux sociaux sont un canal de communication important vers le tout public.

Des pages y sont créées afin d’échanger savoirs et expériences, des défis sont relayés par les internautes…

Quelle action pourrait-on développer pour faire découvrir les producteurs locaux et leurs produits ? C’est l’objet de notre fiche-action 1 !

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Il est aussi possible de faire découvrir au public les agriculteurs locaux et leurs produits lors de tout événement, même étranger à l’agriculture, grâce à des dégustations ou à la promotion des produits locaux lors de repas organisés à différentes occasions (souper de club de foot, fancy-fair…). On peut aussi imaginer un repas local organisé dans un village, une commune, en vue de rassembler les habitants et les fermiers.

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- Organisation d'un repas local

 Et si on réunissait les habitants d’une commune autour de leurs agriculteurs à l’occasion d’un repas.

Ce repas mettrait à l’honneur les produits de ces fermes et leurs agriculteurs.

Une occasion de faire mieux connaissance et de découvrir les saveurs locales ! C’est l’objet de notre fiche-action 3 !

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- Des actions transversales 

 Et si on prenait un peu de toutes ces bonnes idées pour l’organisation d’une semaine sur le local ?

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Organisation d'une semaine sur le local

 On connaît la semaine bio, la semaine du commerce équitable… et pourquoi pas une semaine sur le local ?

Elle permettrait de faire connaître les producteurs locaux, de découvrir leurs produits, de comprendre l’importance de l’achat de proximité, lié à une agriculture de proximité. C’est l’objet de notre fiche-action 4 !

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On continue ?

Multiplions encore les pistes ! Le sondage qui a permis de rassembler toutes les idées d’actions concrètes continue ! N’hésitez pas  l’enrichir de vos idées, nous mettrons à jour la liste des actions régulièrement !

Concrétisons les pistes ! A travers les ateliers, lors du colloque de décembre, nous avons réfléchi à la concrétisation de certaines de ces pistes.

Des fiches ont été établies et diffusées. Des fiches complémentaires pourront être réalisées pour d’autres pistes !

Démarrons une action au niveau local ! Concrétiser une action dans votre région vous titille ? Vous disposez de petits modes d’emploi grâce aux fiches-actions, dont vous pouvez vous inspirer.

Pas envie de se lancer seul ? Contactez vos partenaires locaux ! Les locales Nature & Progrès, les groupes d’action locale (GAL), les agences de développement local (ADL), votre commission locale de développement rural (CLDR)… Plein de synergies en perspective !

L’ensemble des fiches-actions est disponible sur notre site internet www.agriculture-natpro.be, rubrique « sujets de discussion » - « Reconnecter ».

 Notes:

(1) Extrait de Benoit Toussaint « Le dernier Labour » dans « L’Ardenne agricole » - Tome 2, Editions Weyrich, 2015, 125pp.

(2) Extrait de Marcel Leroy « Les chatons gelés », Editions Presse de l'Economie Populaire, 1969, 191pp. 

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janvier(Janvier 2017)

Encore un article paru dans Valériane, édité par l’asbl Nature & Progrès : « Pourquoi les gens ne changent-ils pas ?, par Guillaume Lohest,  republié via notre site, avec l'accord de Natpro. Un article interpelant...

Pourquoi les gens ne changent-ils pas ?

Tipping points : nous y sommes presque

Nous sommes en train de changer d’époque. Le basculement est d’une ampleur difficilement mesurable, à l’échelle géologique. Ce qui s’annonce est aussi impensable pour le cerveau humain que ne pouvaient l’être l’écriture, l’agriculture à venir ou l’extinction passée des dinosaures pour un cerveau de grand singe d’il y a trois millions d’années. Énormité des constats et des déséquilibres planétaires ; pourtant, tout au quotidien semble suivre son petit bonhomme de chemin. Cette rubrique est consacrée à explorer, sous divers angles, la question suivante : pourquoi les gens ne changent-ils pas ? Deuxième chapitre : le concept de "point de bascule" (Tipping point)

Par Guillaume Lohest

Vous avez entre les mains une branche de bois sec et vous souhaitez la briser en deux morceaux. Vous la posez sur votre cuisse et vous exercez une légère pression des deux côtés. Rien ne se passe. Vous appuyez plus fort, toujours rien, elle résiste décidément. Vous donnez alors tout ce dont vos muscles sont capables et là, soudainement, voici la branche brisée d’un craquement sec. Vous avez passé le point de bascule. Avant : malgré l’augmentation progressive de l’intensité de votre effort, la branche restait exactement la même, aucun changement n’était visible. Après : elle est irrémédiablement cassée, aucun retour en arrière n’est possible. Le changement n’est pas linéaire, il n’est pas proportionnel à notre débauche d’énergie, il suit son propre timing, nous surprend, d’un coup d’un seul parfois. On appelle ce phénomène le "point de bascule", ou encore "seuil critique". On peut l’observer dans des domaines bien différents

Avant les seuils critiques, on sait mais on n'y croit pa

Il en va ainsi du changement climatique à l’échelle mondiale. Les experts n’ont cessé de rappeler qu’il fallait éviter de dépasser le seuil de 2°C de réchauffement, au-delà duquel des boucles de conséquences risqueraient de placer les événements climatiques hors de toute mesure et de tout contrôle. Le problème, c’est que tant que ce seuil n’est pas atteint, la majorité des citoyens et des décideurs continuent de considérer le réchauffement climatique comme une menace théorique. Il est frappant de constater que les États les plus demandeurs d’un accord contraignant, lors de la COP 21 à Paris, étaient les États insulaires déjà directement atteints par les modifications du climat. Ce qui touche directement les gens modifie leur perception du monde, contrairement aux menaces qui sont encore perçues comme abstraites. La solidarité et les convictions sont toujours plus fortes, hélas, quand les temps sont durs !

Ce phénomène amène certains intellectuels à proposer d’autres stratégies de pensée et d’action face aux menaces écologiques. Ainsi, le philosophe Jean-Pierre Dupuy propose un "catastrophisme éclairé" (1) : il faut considérer les catastrophes à venir comme inéluctables, précisément pour pouvoir les éviter. Car "même lorsqu’ils sont informés, les peuples ne croient pas ce qu’ils savent". Il ne s’agit donc pas de brandir des menaces et d’annoncer des catastrophes, comme un prophète de malheur, mais de leur donner le statut de faits avérés. Cette étrange ruse métaphysique a, au minimum, le mérite de proposer une autre voie que l’optimisme niais qui prévaut encore aujourd’hui chez beaucoup d’acteurs politiques et économiques. L’écrivain américain Jonathan Franzen, lui, a même osé s’insurger contre "l’obsession climatique" (2). Non parce qu’il dénie la réalité du changement climatique, mais parce qu’il estime plus efficace de lutter "au présent", dans la pluralité des contextes, des sensibilités et des paysages affectés partout dans le monde.

Résumons.

Les changements d’attitude tardent à venir car certains seuils critiques globaux ne sont pas encore atteints. Cette impasse semble insurmontable, mais la notion de tipping point recèle d’autres implications plus enthousiasmantes. Pour cela, il faut revenir à l’origine sociologique du concept.

Les sociétés peuvent aussi basculer... vers un mieux !

Malcolm Gladwell a écrit un best-seller sur le sujet, intitulé en français Le Point de bascule, comment faire une grande différence avec de très petites choses (3). Il y décrit, en accumulant les exemples historiques et les explications détaillées, comment de très nombreux processus sociaux - modes, changement d’attitudes, taux de criminalité, révolutions même… - émergent sous la forme d’un effet boule-de-neige ou d’une épidémie. "La notion de point de bascule, écrit-il, repose sur cette possible soudaineté du changement, sans doute l’idée la plus difficile à accepter. L’expression "point de bascule" fut d’abord utilisée dans les années septante pour décrire la ruée des Blancs vers les banlieues, dans le nord-est des États-Unis. Lorsque le nombre d’Afro-Américains d’un quartier atteignait un certain point - disons 20% -, la plupart des Blancs quittaient le quartier immédiatement. La communauté, observèrent les sociologues, basculait. Le point de bascule est un seuil, un point d’ébullition, le moment où une masse critique est atteinte."

Cette observation, appliquée au sujet qui nous occupe, est plutôt réjouissante. En effet, cela pourrait signifier que le basculement vers des politiques et des pratiques beaucoup plus écologiques n’exige pas que toute la population soit, au préalable, convaincue de sa nécessité, mais seulement 10 à 15%, proportion qui correspond à un tipping point vers la généralisation d'un nouveau paradigme. Peut-être sommes-nous beaucoup plus proches de ce moment que nous ne le pensons ? Une conscience en train de changer est en somme aussi invisible à l’œil nu qu’un dixième de degré d’augmentation de la température moyenne mondiale. Mais ce n’est pas moins réel, et cela mène aussi à un basculement. Reste à espérer que les basculements sociaux et politiques auront lieu avant les seuils critiques d’effondrement des écosystèmes et des systèmes socio-économiques. Dans un cas comme dans l’autre, la notion de tipping point est précieuse pour comprendre le fait que les changements visibles tardent à apparaître.

Écosystèmes et tipping points positif

Par ailleurs, si des seuils critiques négatifs sont atteints dans beaucoup d’écosystèmes, le phénomène peut exister également dans l’autre sens. Des écosystèmes naturels et les communautés qui les entourent peuvent se régénérer en mettant en place des dynamiques qui profitent de tipping points positifs. "Chaque jour, on nous submerge d’informations sur la dévastation de l’environnement. On lit que les systèmes naturels, des forêts tropicales aux courants océaniques, approchent du "point de bascule" vers des changements irréversibles. Mais, partout dans le monde, des points de bascule environnementaux positifs, qui penchent du côté de la durabilité, font tranquillement leur apparition. Dans des endroits où les régulations par le haut et les techniques de réparation coûteuses ne fonctionnent pas, ces points de bascule offrent une troisième voie pour restaurer les communautés naturelles et humaines. Au lieu d’essayer de réparer les dégâts faits à la nature, ou de changer la nature humaine, ils utilisent le pouvoir inné qu’ont les deux à se soigner eux-mêmes - et l’un et l’autre. (4)"

Les auteurs de ces lignes consacrent un article déjà ancien à deux exemples marquants de rétablissement de points de bascule environnementaux positifs. Le premier concerne la résurrection de la petite île d’Apo, au large des Philippines. Cette île, dont le mode de vie fut décimé par la surpêche moderne, put se réhabiliter à partir de l’instauration d’une interdiction de pêche sur 10% de la surface des eaux environnantes, zone qui fut le point de départ d’une reconstitution des populations de poissons à partir de laquelle un nouveau mode de pêcherie fut adopté par les communautés locales. Le second exemple fait honneur à la réhabilitation des traditionnels johads - des digues de terre - dans le Rajasthan au nord-ouest de l’Inde. Cette région où l’eau est très rare avait connu une spectaculaire érosion des sols, source de destruction des modes de vie et de subsistance. Remettre en fonctionnement les johads, qui avaient été obstrués par le déversement des couches arables du sol, a permis de reconstituer des réserves locales d’eau, accumulées pendant les moussons.

C'est pour bientôt, poursuivons nos engagements

Ces deux cas exemplaires ne sont pas isolés. On peut observer de tels processus partout dans le monde, quand des communautés s’organisent à partir des réalités des lieux et de techniques simples à partager. Ce "point de bascule positif" est d’ailleurs merveilleusement illustré par la célèbre nouvelle de Jean Giono, L’homme qui plantait des arbres (5). C'est le récit d'un homme solitaire qui, sur un aride plateau provençal abandonné, se met à planter des arbres, toute sa vie, si bien qu'il finit par créer une gigantesque forêt qui charrie avec elle l'eau, la vie, la joie. Il s’agit ici d’une fiction, mais dont les mécanismes sont tout à fait réels et trouvent des échos pratiques dans divers projets de reforestation de déserts en divers lieux de la planète. Le fait remarquable, dans ces boucles de rétroactions positives, c’est que les aspects naturels - liés aux écosystèmes - se prolongent spontanément en bienfaits sociaux et culturels, et vice-versa. Retrouver un accès à l’eau permet de remettre sur pied des coopératives agricoles locales, de faire revivre les communautés, de rouvrir des écoles, et ainsi de suite.

Que faut-il en tirer comme enseignements ? Probablement que pour s’investir en faveur de l’environnement, de la biodiversité et des écosystèmes, de l’agriculture biologique et locale, il est indispensable de partir du terrain, de la base et de dynamiques situées dans l'espace et dans le temps. Allons même plus loin : le meilleur moyen de toucher un public de plus en plus large est de commencer de façon localisée, en "intensif". "Qui trop embrasse mal étreint", énonce la sagesse populaire. Inutile donc de viser des objectifs impossibles, trop globaux, théoriques, abstraits. Les États s'en chargent lors d'événements comme la COP21. Quant à nous, citoyens, associations, mouvements, agissons collectivement là où nous sommes, ici et maintenant. Surtout, ne nous décourageons pas si rien, en apparence, ne semble se transformer.

Pourquoi les gens ne changent-ils pas ?, nous demandons-nous en fil rouge de cette rubrique. Peut-être parce que les tipping points - négatifs et positifs - ne sont pas encore atteints. Mais nous y sommes presque. C'est pour bientôt et, selon le type de points de bascule en question, pour le pire… et, ou, pour le meilleur.

 Notes et bibliographie :

 (1) Jean-Pierre Dupuy, Pour un catastrophisme éclairé, Quand l'impossible est certain, Seuil, 2002.

(2) Jonathan Franzen, « Franzen contre l'obsession climatique », Books n° 71, décembre 2015.

(3) Malcolm Gladwell, Le point de bascule, Comment faire une grande différence avec de très petites choses, Flammarion, 2012.

(4) Gérald Marten, Steve Brooks et Amanda Suutari, « Points de bascule environnementaux : les stratégies écologistes vues sous un nouvel angle », L’état de la planète Magazine, n° 24, novembre-décembre 2005.

(5) Jean Giono, L'homme qui plantait des arbres, La Pléiade, Œuvres romanesques complètes de Jean Giono (1971-1983), t. V. Cf. également le superbe film d'animation à partir de dessins au fuseau, narration par Philippe Noiret (visible sur YouTube).

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(juillet 2017)

" L'arthrose et la pratique du Tai Chi Chuan "

Voici un article publié par notre association à l'occasion de la 1ère Journée Mondiale de l'Arthrose qui aura lieu le 17 septembre 2017 au Palais des Congrès à Liège. Notre association y est invitée afin de faire connaître aux personnes atteintes d'arthrose les bienfaits que peut leurs apporter la pratique du Tai Chi par rapport à leurs souffrances.

L’arthrose et la pratique du Tai Chi Chuan

 Les récentes recherches, avis et expériences de divers experts ouvrent de nouvelles pistes pour améliorer les problèmes dus à l’arthrose. En plus de la médecine allopathique, notons les possibilités suivantes d’aides précieuses et efficaces aux souffrances liées à l’arthrose :

 - la santé de l’esprit : un bon moral est un état de santé en soi ! Faisons notre possible pour améliorer cet état de santé : optimisme, patience, persévérance, pensées positives, méditations, bref évoluer dans notre état de conscience mentale vers une meilleure humeur et vers de la joie, en nous occupant de nous.

- l’alimentation : il est démontré qu’une alimentation déséquilibrée et de piètre qualité porte préjudice et a des conséquences sur le développement ou l’apparition de l’arthrose. L’excès de poids corporel nuit aux articulations. Prenons donc des dispositions afin de nous nourrir sainement, en évitant les aliments susceptibles de provoquer l’arthrose. Des compléments alimentaires bien ciblés aident quelquefois,

- le mouvement : la douleur bloque l’envie de bouger. Or, justement, en cas d’arthrose, il est important de bouger.

C’est ici que la pratique du Tai Chi Chuan permet d’apporter une aide considérable.

Citons le Professeur Richard TREVES :

 « L’arthrose peut être une maladie propre du cartilage, ou bien résulter d’une anomalie des structures avoisinantes (déformation, fracture, lésions préexistantes), entrainant secondairement une atteinte du cartilage. Le cartilage est un tissu vivant, chargé d’assurer le glissement des extrémités osseuses à l’intérieur de l’articulation. Il assure également une fonction d’amortissement biologique pour réduire l’impact des chocs entre les os de l’articulation. C’est un tissu en renouvellement permanent y compris chez les personnes âgées. »

Les mouvements du Tai Chi ne sont pas des mouvements « communs » : ils favorisent considérablement l’émergence du liquide synovial  par :

1. la sollicitation de la totalité de l’articulation, tendons et muscles locaux de l’articulation inclus, ce qui l’ouvre et la dégage,

2. l’écoute subtile de la compression des os dans le mouvement.

Le liquide synovial se trouve dans les articulations, qu’il lubrifie, les rendant flexibles et prévient l’apparition de l’arthrite et des rhumatismes. La pratique du Tai Chi est connue pour son action anti-inflammatoire au niveau des articulations. Elle peut donc prévenir les « crises » d’arthrose et donc la progression de la maladie car, en effet, l’arthrose évolue souvent par poussées douloureuses qui correspondent à un accès inflammatoire local.

Les positions prises - souvent inconsciemment - soit dans la vie quotidienne et/ou professionnelle et même dans certaines pratiques sportives, peuvent mettre les articulations à mal et provoquer des dégénérescences notamment articulaires.

La pratique du Tai Chi Chuan possède cette particularité fondamentale et essentielle de rééquilibrer tout le squelette et de développer l’équilibre et le lâcher-prise dans le mouvement, ce qui entraîne, à terme, par neuroplasticité, de se positionner dans le mouvement d’une manière adéquate et de façon permanente, soulageant ainsi les articulations.

Tout l’équilibre et l’harmonie du corps et de l’esprit s’en trouve alors amélioré.

Il s’agit donc d’apprendre une technique de « compréhension » du mouvement qui rendra petit à petit confiance à la personne d’utiliser ses articulations sans crainte de les mettre en mouvement, et éveillera en elle un réel et concret sentiment de mieux-être grâce à une amélioration progressive de ses souffrances.

Cette intégration du mouvement demande un enseignement spécifique, qui tient compte des différentes caractéristiques de chaque personne. C’est un enseignement précis et progressif, car la neuroplasticité de notre cerveau s’effectue lentement, pas seulement par l’unique volonté, mais surtout par assimilation progressive du ressenti dans les mouvements.

Les enseignants de l’école de  Tai Chi Chuan Vie & Mouvement sont spécifiquement formés à cette approche de santé.

Ci-dessous, vous trouverez quelques témoignages d’observations et articles scientifiques officiels à propos de l’arthrose et le Tai Chi Chuan.

Nous vous en souhaitons bonne lecture !

1. Un extrait du chapitre «  Comment travaille le Qi Gong – les mécanismes intérieurs », du livre « Qi Gong, ouvrir les portes de l’énergie du corps » de Bruce Kumar Frantzis, expert en arts internes chinois mondialement reconnu :

Le liquide synovial est rempli d’énergies, ce qui augmente la flexibilité des articulations.

Le liquide synovial se trouve dans les articulations, qu’il lubrifie, les rendant flexibles. Normalement le liquide synovial prévient l’apparition de l’arthrite et des rhumatismes. Du point de vue de la médecine chinoise, quand des blocages « vent/moiteur » (blocages physiques comme des caillots de sang, dépôts de calcaire, etc.) apparaissent dans les articulations, on observe non seulement des troubles articulaires spécifiques, mais aussi une diminution de la circulation du Qi dans tout le corps. Le Gi Gong travaille avec le liquide synovial en le comprimant et en le dilatant, prévenant et faisant régresser ainsi toutes sortes de problèmes articulaires.

2. Extrait de www.passeportsante.net/fr : 8 bienfaits du Tai-chi - Le Tai-chi pour soulager les douleurs de l'arthrose

La pratique régulière du Tai-chi permettrait, selon deux études publiées en 2008 et en 20101,2, de réduire les douleurs liées à l’arthrose. Plus de 150 personnes souffrant d’arthrose ont suivi des séances de Tai chi pendant 8 semaines. A l’issue des 8 semaines, les participants ont reconnu une diminution modérée de la douleur et de la raideur, ainsi qu’un sentiment accru de bien-être. D’autres études précisent l’efficacité du Tai-chi dans le cas spécifique de l’arthrose du genou(3). En effet, il permettrait de soulager efficacement la douleur liée à l’arthrose du genou et d’améliorer la capacité physique de ceux qui le pratiquent.

Sources
1. Lee MS, Pittler MH, Ernst E, Tai chi for osteoarthritis: a systematic review, Clin Rheumatol, 2008
2. Leigh Callahan, study of Tai Chi for Arthritis, University of North Carolina, 2010
3. Ye J, Cai S, Zhong W, et al., Effets of tai chi for patients with knee osteoarthritis: a systematic review, J Phys Ther Sci, 2014

 

3. Extrait du site : http://www.lanutrition.fr/bien-dans-sa-sante/les-maladies/l-arthrose/le-sport-ami-ou-ennemi-de-larthrose.html :

L’intérêt de faire du sport ne doit pas être remis en cause car ses bénéfices sur la santé sont nombreux. L’arthrose ne doit en aucun cas empêcher de poursuivre une activité physique. Il faut juste choisir le sport qui convient et adapter l’intensité et la durée de l’effort à ses possibilités.

Bougez… en ménageant vos articulations

Le sport est nécessaire dans l’arthrose pour préserver une bonne mobilité des articulations douloureuses et entretenir les muscles et les tendons qui entourent ces articulations. De plus, l’exercice physique favoriserait aussi la synthèse du cartilage. Ainsi, selon une étude suédoise récente pratiquer un sport régulièrement et de manière modérée permettrait d’améliorer la qualité du cartilage du genou de personnes opérées du ménisque (1). Il faut donc absolument continuer à marcher, se forcer à faire de l’exercice même lorsque les articulations sont douloureuses. Le tout est de choisir un sport qui ne sollicite pas trop les articulations : marche, natation, aquagym, yoga (à éviter : tennis, jogging, ski). Et pourquoi pas le Tai Chi Chuan ? Des chercheurs de Cleveland, dans l’Ohio, ont constaté que des personnes souffrant d’arthrose chronique, se plaignaient moins de leurs douleurs après 10 semaines de pratique quotidienne de Tai Chi Chuan, que les sédentaires. Selon Patricia Adler, qui a dirigé l’étude, les mouvements de cet art martial chinois aideraient à combattre la douleur en améliorant la circulation sanguine des tissus, en renforçant les muscles et les tendons qui entourent l’articulation (2).

Autre mesure importante si vous êtes en surpoids : perdez quelques kilos, vos articulations vous diront merci. Le surpoids accroît la pression sur le cartilage et accélère la progression de l’arthrose. De plus, plusieurs études menées chez des obèses ont montré qu’une perte de poids même modeste permettait de moins souffrir. Et quand on y associe une heure d’exercice physique trois fois par semaine, le soulagement est encore plus grand (3).

Sources

1) Ewa M. Roos :« Positive effects of moderate exercise on glycosaminoglycan content in knee cartilage: A four-month, randomized, controlled trial in patients at risk of osteoarthritis, Arthritis and Rheumatism, Volume 52, Issue 11 , Pages 3507 – 3514.

(2) Adler P : Journal of Nursing Scholarship 2001;32:377.

(3) Messier SP : Exercise and dietary weight loss in overweight and obese older adults with knee osteoarthritis: the Arthritis, Diet, and Activity Promotion Trial. Arthritis Rheum. 2004 May;50(5):1501-10.

Pour en savoir plus : Dr Tourmente, Victoire sur l’arthrose, Editions Alpen, 2004

 

4. Extrait du site : http://www.e-sante.fr/tai-chi-secours-arthrose-genou/actualite/816

Le Tai Chi au secours de l'arthrose du genou

Que fait-on en cas d'arthrose localisée au niveau du genou ? On prend classiquement un antalgique ou antidouleur, et on fait du stretching ! Et si vous vous laissiez tenter par quelques séances hebdomadaires de Tai Chi pour améliorer votre arthrose du genou ?

Arthrose du genou ou gonarthrose

L'arthrose du genou est une affection fréquente, qui touche près de 40% des personnes de plus de 65 ans. La gonarthrose provoque des douleurs et des gênes très importantes. Elle peut devenir handicapante pour la réalisation de tous les gestes de la vie quotidienne. La prise de médicaments anti-inflammatoires et une modification de l'hygiène de vie sont habituellement recommandées : perte de poids si nécessaire, pratique d'une activité physique régulière selon ses possibilités, adaptation des activités quotidiennes, etc. Des séances de kinésithérapie peuvent aussi se révéler efficaces contre l'arthrose du genou. D'ailleurs, les effets de la musculation ont récemment été confirmés (1). Des exercices de musculation, avec ou sans appareil, et particulièrement les exercices de contraction visant à renforcer les quadriceps des cuisses (particulièrement affaiblis en cas d'arthrose du genou), permettent efficacement d'améliorer la mobilité, l'équilibre et les performances physiques.
Le Tai Chi est une autre méthode tout aussi efficace que la musculation classique, en voici la preuve.

Tai Chi contre arthrose du genou

Une quarantaine de personnes souffrant d'arthrose du genou depuis une dizaine d'années au moins, ont accepté de pratiquer le Tai Chi à raison de deux séances d'une heure par semaine, durant 3 mois (2). Cette pratique s'est accompagnée d'une réduction de 75% des douleurs, avec 4 fois moins de handicaps fonctionnels. Les capacités physiques se sont nettement améliorées, ainsi que l'autonomie et la santé générale, tandis que les manifestations dépressives ont été atténuées. Des études plus récentes ont confirmé de tels bénéfices (3).

Comment expliquer cet effet du Tai Chi sur l'arthrose du genou ?

Cet art martial sollicite le corps en douceur. Il fait travailler les muscles, la souplesse et l'endurance. Le Tai Chi permet une meilleure connaissance de son corps et de ses propres limites. Cette activité douce fait aussi travailler le mental.Grâce au travail de respiration et de relaxation, l'état général s'améliore, ce qui est également bénéfique aux genoux douloureux, sans parler d'une meilleure maîtrise de la douleur.
À vous d'essayer, et vous pourrez peut-être réduire en parallèle votre dose de médicaments anti-inflammatoires.

Sources

Initialement publié le 30/11/2009 - 01h00 et mise à jour par Isabelle Eustache, journaliste santé le 08/10/2015 - 15h29 (1) Lange AK. Et coll., Arthritis Rheum., 59 (10) : 1488-94, 2008 ; (2) Wang C. et coll., Arthritis Rheum., 61 (11) : 1545-53, 2009.

En savoir plus sur http://www.e-sante.fr/tai-chi-secours-arthrose-genou/actualite/816#qSFSc2TY3C6Ia572.99

 

5. article du Professeur Richard TREVES – Rhumatologue – rubrique" Questions santé" du  Figaro -  lundi 1er mars 2010 :

L'exercice physique est-il conseillé en cas d'arthrose de la hanche ou du genou ?

L’arthrose est une maladie du cartilage à ne pas confondre avec l’arthrite qui est une inflammation de l’articulation et différente de l’ostéoporose qui est une maladie de l’os. L’arthrose peut être une maladie propre du cartilage ou bien résulter d’une anomalie des structures avoisinantes (déformation, fracture, lésions préexistantes) entrainant secondairement une atteinte du cartilage. Le cartilage est un tissu vivant, chargé d’assurer le glissement des extrémités osseuses à l’intérieur de l’articulation. Il assure également une fonction d’amortissement biologique pour réduire l’impact des chocs entre les os de l’articulation. C’est un tissu en renouvellement permanent y compris chez les personnes âgées.

L’arthrose n’est donc pas liée à une usure au sens propre du cartilage. Elle évolue souvent par poussées douloureuses qui correspondent à un accès inflammatoire local.

L’exercice physique a un rôle essentiel dans la prévention de la maladie, associé à la perte de poids, au contrôle du surmenage articulaire, professionnel ou sportif, et à la correction des défauts anatomiques qui modifient le fonctionnement articulaire normal. L’effet de l’exercice physique a été particulièrement étudié dans l’arthrose du genou, responsable d’une douleur, puis d’une raideur à la marche. L’exercice, adapté aux possibilités du malade, a une action favorable sur la douleur et la fonction de l’articulation. Cette amélioration est particulièrement nette pour l’arthrose de la rotule, qui est très gênante, spécialement à la montée et à la descente des escaliers. Les exercices physiques peuvent se pratiquer à tout âge, mais toujours en tenant compte de l’importance du handicap et de la souffrance propre à chaque cas. C’est seulement dans les cas extrêmes que, quand ils ne peuvent plus remplir l’objectif thérapeutique, à savoir une amélioration de la condition et une réduction du handicap, qu’il faut renoncer aux exercices physiques. Dans tous les cas, les exercices de renforcement sont privilégiés.

Ils doivent être enseignés au départ par un kinésithérapeute ou un médecin rééducateur fonctionnel.

Les exercices ne sont pas les mêmes pour une arthrose du genou ou de la hanche.

Il est recommandé d’avoir de bonnes semelles ou des chaussures qui absorbent les chocs.

Pour les personnes obèses, ou en surpoids, un programme d’éducation du patient permet d’améliorer l’observance diététique et de conseiller des exercices appropriés.

Enfin, certaines précautions s’imposent.

Ainsi, un patient qui ne pratiquait aucun exercice physique auparavant doit les commencer très progressivement. Il est recommandé de répéter chaque exercice 10 fois de suite et, si la douleur le permet, d’augmenter la fréquence de 5 toutes les semaines jusqu’à un maximum de 30. Inutile de chercher la performance, la pratique quotidienne, au mieux régulière, est garantie d’une meilleure efficacité. A condition que le handicap ne soit pas majeur, l’exercice physique a toujours un effet bénéfique sur la douleur et la fonction. Il est aussi dépourvu d’effets secondaires en dehors de quelques courbatures, au début.

On ne recommandera jamais assez la marche, les exercices d’aérobic, les programmes de renforcement musculaire, le stretching, c’est-à-dire les étirements des articulations ou la gymnastique aquatique, et pourquoi pas le Tai Chi, dont une étude chinoise vient de démontrer qu’il soulage les femmes âgées souffrant d’arthrose du genou.

Sans compter que les bienfaits de l’exercice physique en général dépassent les problèmes articulaires, mais concernent aussi notamment la sphère cardio-vasculaire.       

Les médecins occidentaux considèrent désormais la pratique du Tai Chi Chuan avec une bienveillance croissante, considérant qu’il s’agit au moins d’une excellente forme d’exercice physique, non violente pour l’organisme, doublée d’une bonne méthode de relaxation et de maintien de l’équilibre et de la coordination motrice.

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(Août 2017) - Perturbateurs hormonaux, "Attendre avant de légiférer serait une inconscience",

       Perturbateurs hormonaux

"Attendre avant de légiférer serait une inconscience " ,

                affirme le Dr Bourguignon

          

Pédiatre endocrinologue, Jean-Pierre Bourguignon est Professeur honoraire à l'Université de Liège où il continue à mener des activités de recherches et de services àla communauté. Comme d'autres scientifiques, il fait aujourd'hui partie des lanceurs d'alerte qui refusent de voir leurs connaissances cantonnées aux enceintes universitaires ou transformées par les groupes de défense des intérêts industriels.

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Par Philippe Lamotte

Auteur scientifique prolifique - environ deux cents publications à ce jour -, coprésident du groupe de travail sur les perturbateurs endocriniens de l'Endocrine Society, Jean-Pierre Bourguignon a reçu de nombreux prix nationaux et internationaux. Il livre ici, pour Valériane, les principaux enseignements d'une longue carrière de soignant et de chercheur. Celle-ci l'a progressivement amené à s'intéresser aux produits chimiques perturbant le fonctionnement normal de nos hormones. Rencontre.

Omniprésents et très dangereux !

Les perturbateurs endocriniens sont partout dans notre environnement. Présents dans les vêtements, les cosmétiques - vernis à ongle, shampoings, parfums... -, les fruits et légumes, ils imprègnent également la surface d'objets aussi banals que certains papiers, mobiliers, supports audio-visuels, etc. Nous en ingérons lorsque nous buvons le liquide des canettes. Nous en absorbons par la peau lorsque nous manipulons certains tickets de caisse. Nos enfants en inhalent et en absorbent lorsqu'ils sautent sur un matelas, jouent sur un tapis ou suçotent des jouets en plastique ! Ils en ingèrent également via les biberons en plastique et les contenants alimentaires pour bébés, dans la fabrication desquels le Bisphénol A est désormais interdit chez nous.

Ce Bisphénol A, le plus connu chez nous, est en effet interdit depuis peu de temps dans les contenants d'aliments pour jeunes enfants. Grâce aux travaux de l'Université de Liège, on sait aujourd'hui que ce produit est capable - même à des doses infimes ! - de modifier un neurotransmetteur qui contrôle le timing du déclenchement de la puberté ; il pourrait, par ailleurs, influencer le développement du cerveau et le comportement. Mais il existe bien d'autres perturbateurs que le Bisphénol A, regroupés en "parabènes", "phtalates", "retardateurs de flammes bromés" et "composés perfluorés". Le plus souvent, ces produits n'apparaissent que discrètement sur les étiquettes sous des abréviations ou formulations incompréhensibles pour le commun des mortels: DEHP, DEP, E218, E219...

Sont-ils utiles ? Certains de ces produits entrent dans la composition des amalgames dentaires. D'autres permettent d'éviter ou de retarder les incendies. Certains ont permis des avancées hygiéniques majeures, comme la mise au point d'un matériel médical parfaitement aseptisé. Etc.

Dès la vie fœtale

Le hic, c'est que le nombre de ces composés chimiques est en croissance bien plus rapide que les connaissances scientifiques et médicales à leur sujet. "Historiquement, ils ont été conçus et commercialisés en dépit de toute évaluation des risques pour la santé. Ou alors ces évaluations ont été réalisées bien après leur dissémination dans l'environnement", déplore Jean-Pierre Bourguignon. "En moyenne, un enfant qui naît aujourd'hui dans un pays développé a été exposé à plus de cent perturbateurs endocriniens via le cordon ombilical". Tout se passe en effet - ou l'essentiel, en tout cas - dès le stade du fœtus et du tout jeune âge.

Avec d'autres facteurs, notamment génétiques, ces perturbateurs sont réputés intervenir dans l'apparition de maladies comme les cancers du sein ou de la prostate, la cryptorchidie et l'hypospadias - c'est-à-dire le développement anormal des organes sexuels - et la diminution de la fertilité masculine. Mais leur lien direct avec des maladies chroniques, comme le diabète de type 2 et l'obésité, est de plus en plus étayé par la recherche à haut niveau. Et ce n'est pas tout : comme l'alcool consommé pendant la grossesse, ces produits jouent très probablement un rôle dans le déclenchement de l'autisme, le déficit de l'attention et l'hyperactivité des enfants.

Actifs à toute petite dose

Le problème plus spécifique des perturbateurs, c'est que certains agissent à des doses vraiment minimes. "Le Bisphénol A testé chez le rat - l’expérimentation humaine est inconcevable - a un effet sur le cerveau à des doses cent cinquante fois inférieures au seuil dit « de sécurité » fixé par l'autorité sanitaire européenne", relève le Dr Bourguignon. Surtout, certains sont capables d'exercer leurs effets des décennies après l'exposition, y compris chez les enfants et les petits-enfants de la personne qui a été exposée initialement : c'est le résultat de ce que les spécialistes appellent l'"épigénétique" (1). Enfin, certains de ces agents chimiques ont beau être sans effet sur la santé isolément, ils peuvent néanmoins avoir un impact lorsqu'ils sont mélangés à d'autres agents. C'est l'effet "cocktail".

"Avec ces perturbateurs, ce n'est plus la dose qui fait le poison, résume le Dr Bourguignon, c'est à la fois le moment de l'exposition, c'est le mélange de produits, mais aussi la précarité". Pourquoi la précarité? "Une étude américaine a démontré que le taux de Bisphénol A dans l'urine est d'autant plus élevé que le revenu familial est bas, et cette différence est la plus marquée dans la tranche 6-11 ans. Toujours aux États-Unis, on a démontré que la survenue de la puberté à un âge plus jeune - des règles avant onze ans - est associée à une fréquence accrue des abus sexuels et à une prévalence un peu plus élevée du cancer du sein. Devant de tels constats, tergiverser sur les méthodes à utiliser pour calculer les risques ne tient plus la route. Le danger est bien là. Le vrai risque, c'est d'encore attendre pour légiférer sur ces produits..

Valériane: Faut-il vraiment s'inquiéter des perturbateurs endocriniens alors qu'après tout la pilule contraceptive agit, elle aussi, sur le système hormonal ?

Jean-Pierre Bourguignon: Il s'agit de logiques totalement différentes. La pilule contraceptive vise un effet précis : la mise au repos des hormones féminines qui actionnent l'ovulation. Comme tout médicament, la conception des contraceptifs de type "pilule" a fait l'objet d'expérimentations très précises chez l'animal, puis chez l'homme - en l'occurrence, la femme. De plus, son administration fait en permanence l'objet d'une surveillance rapprochée, qu'on appelle la "pharmacovigilance". Les perturbateurs endocriniens, eux, ne visent aucun effet pharmacologique ou thérapeutique. Ils sont destinés, par exemple, à des usages agricoles, industriels et domestiques. Ils ne sont pas testés chez l'homme et ne peuvent d'ailleurs pas l'être pour des raisons éthiques. Ils sont aussi très nombreux - des centaines ! - et agissent sur le corps humain sous la forme de mélanges dont on sait très peu de choses.

Comment parler des perturbateurs endocriniens sans faire peur inutilement ?

La peur est mauvaise conseillère : elle paralyse ! Chacun réagit en fonction de son tempérament. Certains minimisent, d'autres pratiquent le déni, d'autres encore angoissent plus facilement. Mais, dans tous les cas, il faut passer par une prise de conscience qui, elle, aide à avancer et à se prendre en charge. Avec un nombre croissant de collègues endocrinologues, j'estime de mon devoir d'informer mais aussi

Les perturbateurs endocriniens, destinés à des usages agricoles, industriels ou domestiques, sont impossibles à tester chez l’homme.

Ils agissent sur le corps humain sous la forme de mélanges dont on sait très peu de choses

Une fraction de personnes, émanant probablement du monde industriel, s’emploie régulièrement à

invalider les résultats d’études scientifiques sérieuses

et à contester des résultats pourtant probants, comme on l’a vu autrefois pour l’amiante et le tabac

d'accompagner. Par exemple, en insistant sur le fait qu'en dehors des expositions professionnelles - qui sont plus facilement contrôlables -, c'est un ensemble de comportements - et non un seul - qui peut réduire l'exposition aux perturbateurs. On peut agir dans sa cuisine, dans sa salle de bain, au jardin, etc. Des études ont clairement démontré, par exemple, que le Bisphénol A diminue rapidement dans le sang après quelques jours de non-exposition à des plastiques alimentaires. Ce n'est pas le cas, hélas, pour des substances à durée de vie nettement plus longue comme les pesticides. Mais les autorités aussi doivent jouer leur rôle. Par exemple, en exigeant des étiquetages clairs apposés sur les produits de consommation courante.

Des associations comme Greenpeace tirent la sonnette d'alarme depuis vingt ans à propos de perturbateurs comme les phtalates. Et pourtant, c'est seulement maintenant que le franc semble tomber dans l'esprit de certains décideurs. Comment expliquez-vous ce retard ?

Je vois plusieurs raisons à ce regain récent d'intérêt. Le fait, tout d'abord, qu'un pays de l'Union européenne - la Suède - ait perdu patience envers la Commission européenne qui, manifestement influencée par les lobbies de l'industrie chimique, a pris au moins trois ans de retard pour tenter d'adopter une définition officielle des perturbateurs endocriniens. C'est important : sans critères pour les définir, pas de limitation possible de leur commercialisation ! Ensuite, on commence à réaliser, à la lueur des travaux scientifiques les plus récents - notamment sur l'épigénétique - que les décisions prises aujourd'hui influencent la santé des deux ou trois générations qui suivent, soit un impact étalé sur plusieurs dizaines d'années. Au niveau de l'individu, on est de plus en plus certain de l'existence d'un déterminisme fœtal de la santé pour la vie entière : tout comme un poids faible à la naissance augmente le risque d'obésité ou de diabète plus tard dans la vie, l'exposition in utero aux perturbateurs augmente le risque d'une série de pathologies chroniques sous l'action de l'épigénétique. Toutefois, ces avancées ne peuvent masquer le champ de notre ignorance. Il y a grosso modo des publications scientifiques sur 1% des cent mille substances synthétiques qui circulent dans notre environnement. Sur les 99% restants, nous ne savons pas grand-chose. Certes l'Europe est pionnière par rapport au reste du monde en termes de procédures de mise sur le marché. Mais beaucoup de produits atterrissent dans notre vie quotidienne, notamment via les flux d'importations de pays qui sont nettement moins regardant que les nôtres. Enfin, un dernier facteur important est la mobilisation des ONG qui, à juste titre, secouent le cocotier des décideurs. Elles sont aujourd'hui rejointes par un nombre de scientifiques qui ne fait que croître. Qui, au même titre que l'Endocrine Society, s'impliquent dans la dimension politique du problème en allant trouver des parlementaires européens et en tentant de les convaincre de la gravité du problème.

Les perturbateurs sont de plus en plus incriminés dans le déclenchement - notamment - de l'autisme et des troubles de l'attention. C'est nouveau, cela?

Il faut être prudent dans la présentation des problèmes. Je lisais récemment l'affirmation selon laquelle "6% des cas d'autisme sont liés aux perturbateurs hormonaux". Non, la santé ne fonctionne pas comme cela ! L'état de santé - ou sa dégradation - est lié à des facteurs multiples où la génétique intervient largement aux côtés de facteurs environnementaux, parmi lesquels les perturbateurs. Mais la corrélation entre la progression de l'autisme et la dissémination des perturbateurs est très interpellante. Les études sont suffisamment nombreuses, aujourd'hui, pour affirmer que la probabilité d'une relation de cause à effet entre l'exposition aux phtalates et l'autisme se situe entre 40 et 70 %. La probabilité d'un lien entre l'exposition aux retardateurs de flammes et aux pesticides organochlorés d'une part, et les troubles de l'attention, l'hyperactivité ainsi que la diminution du quotient intellectuel d'autre part, est encore plus élevée : elle grimpe à plus de 90% ! Il faut savoir que de telles estimations sont basées sur des modèles très complexes, déjà éprouvés dans le domaine de la recherche, sur les causes du changement climatique.

Et pourtant, certains restent sceptiques, y compris parmi les toxicologues...

Le scepticisme n'est pas un problème en soi. La science s'est toujours construite sur des doutes et des controverses, et c'est très bien ainsi. Par ailleurs, que l'on soit médecin ou toxicologue, chaque praticien est profondément marqué par sa formation de base. Or le principe de Paracelse - "plus la dose d'un poison est élevée, plus son effet sera marqué" - est à la base de la toxicologie. Il est donc normal que sa remise en cause par les perturbateurs endocrinien - pas forcément pour tous les produits chimiques ! - suscite un certain trouble dans une série de disciplines scientifiques. Mais il faut bien garder à l'esprit que l'industrie chimique a très bien saisi ce trouble et s'emploie habilement à l'entretenir, à creuser le fossé entre les experts et à semer la confusion dans le grand public. Une fraction de personnes, émanant probablement du monde industriel, s'emploie régulièrement à invalider les résultats d'études scientifiques sérieuses et à contester des résultats pourtant probants, comme on l'a vu autrefois

La corrélation entre la progression de l'autisme et la dissémination des perturbateurs endocriniens est très troublante: la probabilité d'une relation entre exposition aux phtalates et autisme se situe entre 40 et 70 %

pour l'amiante et le tabac. La véritable controverse entre experts endocrinologues ne porte finalement que sur des points très techniques, très pointus. Il n'empêche qu'avec beaucoup de collègues, je plaide pour la création rapide d'une sorte de "GIEC des perturbateurs endocriniens" (2). Celui-ci pourrait recentrer la préoccupation sur la réalité des problèmes plutôt que sur les manœuvres cherchant à invalider la science et à retarder la prise de décisions politiques sur ces produits.

 

Et concrètement?

Comment se protéger des perturbateurs endocriniens ?

Comment, en particulier, protéger les enfants et les femmes enceintes sans se plonger dans des ouvrages scientifiques complexes ? La plaquette récemment publiée par Inter-Environnement Wallonie répond dans le détail à ce genre de préoccupations. Chaque pièce de la maison est scrutée à la loupe. La même plaquette permet d'identifier ces produits sur les étiquettes alimentaires selon leur abréviation ou leur code numéroté.

Des labels comme celui de Nature & Progrès sont aussi proposés.

Infos : http://pepafree.be/vous-etes-parents-ou-souhaitez-le-devenir/ - 081/39.07.50.

Sur les aspects historiques, politiques et liés à l'exposition professionnelle, consultez aussi la toute récente brochure de l'Institut syndical européen, très bien documentée. Infos: www.etui.org - 02/224.04.70

 

Notes :

(1) L'épigénétique est le phénomène par lequel certains gènes s'expriment ou pas au fil des divisions cellulaires et des générations en fonction de facteurs environnementaux. Et cela, sans mutations de l'ADN. Dans ce sens, elle fait le lien entre les traditionnelles dimensions de la santé "innées" et "acquises".

(2) Le GIEC est une organisation internationale qui, grâce à une procédure très lourde de correction par les pairs de tous les travaux scientifiques menés sur le climat, permet d'aboutir à des connaissances consensuelles assorties d'un indice chiffré de probabilité - "possible", "probable", "certain" - destinées à faciliter les décisions politiques.

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