L’aspect art martial - La voie

 
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2017-06


Il existe une abondante littérature à propos des origines du Tai Chi Chuan, que vous pouvez consulter si vous désirez en savoir plus.
Mais il faut noter que les Chinois adorent les légendes, et il faut avouer qu’une très longue histoire, excessivement complexe et très rébarbative, étudiée dans le cadre de la formation classique, favorise en dehors de celle-ci le besoin de simplification et de systématisation.

On pourrait, en se basant sur ce besoin de simplification et de systématisation, retenir qu’il existe un lien profond entre les pratiques corporelles méditatives profondes et anciennes (Dao Yin) qui ont traversés divers courants, dont bouddhistes et taoïstes, et l’Art Martial qualifié d’externe (Wushu) en lui-même qui s’est développé au fil des siècles en Chine.

Le Tai Chi Chuan présente donc un aspect martial évident, réellement applicable, mais dont le fondement repose sur des pratiques internes méditatives très anciennes.










Retenons deux éléments importants quand on parle d’Art Martial, particulièrement dans la pratique du Tai Chi Chuan :

1.    l’apprentissage d’un art martial présente dans sa discipline des aspects de grandes qualités pour l’être humain :

  spirituel : au sens d’une méthode de connaissance de soi et de l’esprit

  éthique : une éducation à la relation à l’autre

  contemplatif : apprentissage à l’attention, de la détente, de la présence, de l’expérience/intelligence directe et libre de fixations mentales, synchronisation du corps et de l’esprit

  thérapeutique : un remède aux tensions du corps et du mental

  éducatif : comme support de développement des valeurs humaines : discipline, générosité, patience, courage, persévérance, stabilité...


2.    dans sa pensée Taoïste, la pratique martiale du Tai Chi Chuan converge avec la pensée Bouddhiste Zen qui est d’approcher l’Art Martial en tant que moyen pour accéder à sa propre connaissance intérieure, ce qui entraînera non pas le but de « vaincre » son adversaire, mais bien de vaincre sa propre ombre, ses propres peurs, afin de faire en sorte que le combat ne devienne plus nécessaire. Citons Morihei Ueshiba, initiateur de l’Aïkido :

« La Voie du Guerrier est d'arrêter les troubles avant qu'ils ne commencent.
Elle consiste à vaincre les adversaires spirituellement, en leur faisant réaliser la folie de leur action.
La Voie du Guerrier est d'établir l'Harmonie »


Bien entendu la recherche de l’Art Martial n’est pas le but ultime du Tai Chi Chuan.
Ce n’est qu’une étape dont la compréhension est essentielle à la juste réalisation du mouvement.
Sans cette compréhension ce n’est plus du Tai Chi Chuan mais un avatar gymnique pseudo-orientalisant.
Dans « l’Art du Mouvement » qu’est le Tai Chi Chuan, le but ultime, selon les Maîtres authentiques, est indéfinissable.
De la vacuité à la concentration, en passant par la méditation, la contemplation ou l’action, chacun y trouve son compte, pourvu que l’honnêteté et la sincérité, non pas naïves mais profondes, soient de mise. L’Art y dévoile ses vraies lettres de noblesse.

« Ne cherchez pas à chasser l’obscurité quand il suffit simplement d’allumer la lumière »

Citons également un grand maître de d'arts martiaux chinois, Gong Yutian :

" Un maître doit connaître les 3 domaines de l'existence: son être intérieur,  le ciel et la terre, ses frères humains "

Ces paroles peuvent susciter en nous un bien beau "programme" de vie...