La pratique en détails

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Le Tai Chi Chuan est une discipline du corps et de l'esprit, issue de la voie traditionnelle chinoise du Qi Gong et des principes du Tao.
Dans notre école, cette discipline est utilisée pour son aspect santé grâce à son travail physique et énergétique.
Cette discipline présente également un aspect martial indéniable, que nous utilisons pour éclairer la pratique.

Le Tai Chi Chuan consiste en la pratique régulière d’une suite de mouvements (postures) amples, lents et précis, appelée la forme.

L’aspect essentiel de cette pratique est de développer notre énergie vitale, ce que les Chinois appellent le Qi, les Japonais le KI, etc.
Cette énergie, mal connue des Occidentaux, n’est pas un leurre, ou une pure invention d’un passé obscur.
Demandez à un maître expérimenté de Tai Chi ou de Yoga qui, à l’âge de 80 ans, présente encore une vitalité souvent bien plus évidente qu’un jeune de 30 ans !
La pratique du Tai Chi va au-delà de l’activité physique (voir page Qi Gong).

Cette pratique est basée sur les capacités d’adaptations et de changements de l’individu.

 

Devons-nous, occidentaux, avoir une disposition particulière pour approcher le Tai Chi Chuan ?

Krisnamurti fournit une réponse valable pour tous les êtres humains :

 « Pour posséder véritablement quelque chose, il faut l’assimiler lentement et cela, par la sensation profonde et sincère plus que par le raisonnement. Pour assimiler, il faut être réceptif, se débarrasser de l’idée, qui s’oppose à la sensation exacte des choses. C’est alors que les idées seront vôtres car elles ne sont pas seulement cérébrales, mais feront partie de vous-même et elles auront été acceptées et ressenties par votre être tout entier. »


Les enseignants aident l’individu à ressentir sa structure musculaire, osseuse et articulaire, les appuis qu’il utilise pour maintenir et pratiquer les postures (la verticalité et l’horizontalité).
Ils aident également l’individu à prendre conscience de ses schémas personnels et forcément limités de fonctionnement, afin de l’acheminer vers l’essence du mouvement qui, elle, est issue d’un fonctionnement naturel et physiologique du corps.
Cela pourra se faire selon ses capacités d’adaptation et de changement dans l’attention et la concentration qu’il porte à ce qu’il exécute :

• les muscles se détendent dans l'action, les tendons et articulations s'ouvrent, s'assouplissent, le corps s'étire partout où cela est possible,
• toutes les  structures du corps et composantes physiologiques apparaissent plus nettement au pratiquant, il en prend conscience et enregistre cela dans sa mémoire corporelle,
• l’individu prend de plus en plus, et sans jugement, conscience de ses tensions mais ipso facto de ses possibilités de transformations en détente consciente,
• l’attention qu’il porte à lui-même lui permettra de se centrer (prendre conscience de son espace personnel) et d’entrer ainsi en relation avec la dynamique du groupe en train de pratiquer, bénéficiant ainsi de trois prises de conscience fondamentales : lui, les autres et la Relation.
• l'esprit se calme, les tensions et les émotions se comprennent et s'acceptent, le Yin et le Yang deviennent complémentarité et non antagonisme...

Faut-il préciser que ce n’est que dans cet esprit de pratique que les améliorations diverses apparaissent au niveau de l’équilibre, de la concentration, de l’enracinement, etc. ?
Et que ce n’est qu’après un long temps de maturation qu’apparaît de manière claire l’aspect méditation dans la pratique du Tai Chi ?
Mais ici, les personnes qui pratiquent la méditation assise arriveront en principe plus vite à saisir celle qui est potentielle dans le Tai Chi.
C’est une des raisons pour lesquelles la méditation fait partie intégrante du Tai Chi.

Et, finalement, de ce temps de maturation, résultant de l’écoute, peut émerger la capacité de développer le Qi, notre énergie vitale.

Nous avons souvent constaté que, pour diverses raisons, beaucoup d’enseignants d’arts corporels négligent ou mettent de côté ou carrément ne connaissent pas cette très longue étape de maturation du corps et de l’esprit dans la pratique.
Alors que l’élève n’est pas prêt à les assimiler, ils y ajoutent même parfois des approfondissements qui, finalement, rigidifient  la pratique par leur côté d’assimilation mentale à sens unique.

Après plusieurs années de pratique, de décantation, d’ouvertures du corps et de l’esprit, en fonction de son évolution et ayant acquis de bonnes base, l'élève peut découvrir des niveaux de perfectionnement de la forme, ainsi que des pratiques résultant de la forme originelle comme la forme de l'épée (reine des armes du Wushu), le tui-shou (poussée des mains à deux partenaires), etc.
Ces pratiques offrent la possibilité de contacts physiques (et énergétiques) avec les autres.
L’élève peut alors se familiariser aux contacts avec les autres, où l’écoute privilégie l’harmonie, et non pas l’aspect combattif.
Beaucoup de maîtres de disciplines martiales disent : « il faut savoir perdre pour pouvoir gagner... ».
Mais « gagner ou perdre » n’est qu’une vue duelle de l’esprit...
L’harmonie est une vertu à découvrir et à développer.

Elle a un autre nom, ou plutôt conséquence : la Paix.