Ecologie Vie Sociale

 

 

Republié

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Commentaires de notre association

Mai

2016

Influence de la Lune : c’est scientifique

Santé-Nature-Innovation

Jean-Marc Dupuis

Il est intéressant d’apprendre ces influences physiques exercées sur la Terre par la Lune.

Juillet

2016

L'électro hypersensibilité,

un nouveau syndrome dont on parle rarement

Nature & Progrès

Éric Defourny

Une bonne occasion pour parler de ce nouveau syndrome qui touche de plus en plus de personnes et qui demeure le grand oublié de la médecine traditionnelle…

Septembre

2016

Une formation à la bio dans l’enseignement supérieur…

  (la suite !)

Nature & Progrès

Alexia Fernandez

une piste pour les personnes désireuses de se recycler, et pourquoi pas dans une filière de produits naturels et locaux, un métier à la portée de tous, où l’on peut retrouver toutes nos qualités et un savoir-faire ancestraux, et produire des produits locaux et sains pour les êtres humains…

Novembre 2016

Reconnecter agriculteurs et consommateurs, une évidence, une nécessité

Nature & Progrès

Sylvie La Spina

Cet  article nous paraît d’une importance capitale pour notre santé (alimentation), pour les rapports humains qui en résulte, pour un développement sain de la chaine alimentaire.

Janvier

2017

Pourquoi les gens ne  changent-ils pas?

Nature & Progrès

Guillaume Lohest

Un article interpelant...

 

AVRIL

2019

La santé qui vient de sous vos pieds

EXPLORA 

Santé

Léopold Boileau Cet article met bien en évidence le rôle primordial de l’alimentation, dont dépend la digestion, et de ce qui s’y rattache.

AVRIL

2019

Comment protéger l'environnement avec notre mode de vie actuel Santé-Nature-Innovation Jean-Marc Dupuis Des idées intéressantes pour une transition écologique


 

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(Mai 2016)

Voici la " Lettre Santé Nature Innovation , de Jean-Marc Dupuis " parue le 13 mars 2016.

Vous pouvez vous abonner (gratuitement) à ces lettres via le lien :

https://www.santenatureinnovation.com/

Cet article parle de l'influence de la Lune, chose qui intéresse certains jardiniers, mais qui, d'une manière générale, peut intéresser tout un chacun car il s'agit ici d'une réalité physique que chacun vit chaque jour.

Influence de la Lune : c’est scientifique

Chère lectrice, cher lecteur,

La plupart des jardiniers bio qui m’entourent utilisent le « calendrier lunaire » pour semer, repiquer, bouturer, tailler.
Mais il faut dire la vérité : quand ils en parlent aux gens de la ville, ils sont gênés.

« Je fais avec la Lune, mais je sais que ça paraît ridicule », semblent-ils dire.

Ridicule ?
Les preuves scientifiques s’accumulent pourtant.

Des choses incroyables sur la Lune

La Lune a joué un rôle décisif dans l’apparition des être vivants sur Terre [1].
Une étude réalisée par des scientifiques suisses en 2013 a montré une réduction de 30 % du sommeil profond les jours de pleine lune [2].
Plantes et animaux pourraient avoir en eux une « horloge lunaire », de même qu’ils ont une « horloge » qui leur fait suivre le cycle jour/nuit appelé cycle circadien.
Mais il est vrai que, partout dans la presse, des scientifiques expliquent que les croyances sur l’influence de la Lune sont infondées. Même Alain Delavie, rédacteur en chef de la revue de jardinage Rustica, qui publie chaque année le calendrier lunaire, n’ose pas trop défendre son concept. Lors d’un débat au Salon de l’Agriculture, il expliquait :

« Si nous publions tous les ans un calendrier lunaire, c'est parce que nos lecteurs nous le demandent. Nous essayons de répondre à cette demande au mieux depuis la fin des années 70.[3] »

Autrement dit, « puisque ça se vend, on le fait. Mais je ne m’engage pas plus loin. »
J’ai donc décidé de creuser ce sujet pour démêler le vrai du faux. Et j’ai découvert des choses totalement passionnantes sur la Lune.

La Lune à l’origine de la vie

La principale hypothèse sur l’origine de la Lune est qu’elle serait apparue il y a 4 milliards d’années, suite à l’impact d’une gigantesque météorite sur la Terre. Cette météorite était tellement énorme qu’elle provoqua un jet de magma qui monta jusque dans l’espace et se mit en orbite autour de la Terre.
À force de tourner, ce magma prit la forme d’une boule. C’est un phénomène général, qui concerne les planètes mais aussi la pâte à pain et la pâte à modeler.
En refroidissant, cette boule de magma devint la Lune, qui est aujourd’hui complètement refroidie : il y fait -175°C à l’ombre [4] !
Mais le jour où la Lune commença à tourner autour de la Terre, il se passa autre chosequ’un nouveau joli spectacle dans le ciel nocturne, avec la succession des croissants et des clairs de lune. Ce fut, sur Terre, l’apparition des marées.
En effet, toute masse dans l’univers provoque une attraction sur les autres masses.
Or, comme la Lune tourne autour de la Terre, elle attire vers elle les objets se trouvant sur la Terre. Pour les rochers, les volcans et les montagnes, cela ne se voit pas, ils sont trop lourds.
En revanche, l’effet de la Lune se voit sur les mers, les océans et même les grands lacs : l’eau est attirée dans la direction où se trouve la Lune. Le lendemain de l’impact de la météorite qui créa la Lune, apparut donc sur Terre le phénomène des marées.
Les marées étaient d’autant plus fortes à l’époque que la Lune était beaucoup plus proche de la Terre. Grâce à la Lune apparurent donc sur la Terre des zones spéciales, comme aujourd’hui la baie du Mont Saint-Michel, qui étaient tantôt recouvertes d’eau et tantôt découvertes.
L’eau salée pouvait s’y répandre, se retirer, s’évaporer et se concentrer.
Or, il s’avère que cet environnement intermédiaire, très salé, ni trop sec ni trop mouillé, est idéal pour la formation des composés chimiques précurseurs de la vie : les acides nucléiques, qui entrent dans la composition de l’ADN.
Sur la terre sèche, ils auraient été détruits par les ultra-violets, qui auraient cassé les liaisons chimiques. Dans les océans, ils n’auraient pu apparaître non plus.
Le phénomène des marées, en revanche, aurait permis aux formes les plus primitives de la vie d’apparaître. C’est ensuite dans ces zones que de nombreuses espèces vivantes se seraient développées, conservant dans leur biologie cette notion de cycle lié à la Lune.

Des animaux qui vivent au cycle de la Lune

Aujourd’hui, la Lune met 24 heures et 50 minutes pour faire le tour de la Terre. Elle provoque donc des marées de 12 heures et 25 minutes. Et de fait on observe des animaux, comme l’Eurydice pulchra, qui s’enfoncent dans le sable à marée basse et remonte à marée haute, toutes les 12 h 25 minutes.
Si vous les mettez en laboratoire, elles continuent quelques jours à ce rythme, y compris en l’absence de marée. Crabes, homards, huîtres, moules et diverses sortes de vers de mer et de poissons vivent également au rythme des marées, et donc de la Lune [5].
Mais la Lune aurait eu d’autres effets favorables sur la vie.

La Lune favorise la biodiversité

Bruce Bills, professeur de géodynamique à la NASA, explique que les marées dans les océans contribuent à faire circuler la chaleur des eaux tropicales vers les pôles :

« Sans les marées provoquées par la Lune, les variations climatiques entre les âges glaciaires et interglaciaires auraient été moins extrêmes. O, ces glaciations ont provoqué des migrations d’animaux et d’espèces végétales qui ont probablement contribué à accélérer la différenciation entre les espèces.[6] »

La Lune aurait donc favorisé la biodiversité.

L’étonnant cycle mensuel de la Lune

Enfin, il existe un autre cycle lunaire, le temps qui s’écoule entre deux pleines lunes. Ce cycle dure 29,5 jours.
Que ces cycles de lune aient une influence sur l’être humain était autrefois un lieu commun.
Bien sûr, les hommes avaient observé l’étonnante proximité entre le cycle de la femme et les cycles de la lune.
 L’astronome Ptolémée considérait comme une évidence que « la Lune exerce son influence sur la plupart des choses du monde, car la plupart, animées ou inanimées, sont en sympathie avec elle et changent en même temps qu’elle. »
Au XIXe siècle, les malades mentaux étaient séparés dans les asiles selon qu’ils étaient ou non « lunatiques ». Il était considéré comme une évidence que les « lunatiques » voyaient leurs problèmes s’aggraver à la pleine lune, qui les plongeait dans la plus grande agitation. Ils hurlaient, ce qui n’est pas sans rappeler évidemment la légende des loups-garous, ces personnes qui se changent en loup les nuits de pleine lune.
Ce sont ces légendes, ainsi que les plaintes fréquentes de leurs collègues et étudiants sur leurs problèmes d’insomnie les nuits de pleine lune, qui ont décidé les chercheurs suisses de l’université de Bâle à étudier les effets de la pleine lune sur le sommeil. Et en effet, ils ont constaté un lien fort entre un endormissement retardé, un sommeil agité, et des difficultés à se réveiller les nuits de pleine lune (voir étude publiée dans Current Biology, citée au début de cet article).
Une explication qu’ils avancent est que l’homme primitif risquait beaucoup plus d’être découvert et dévoré par les bêtes sauvages les nuits de clair de lune. Il aurait donc appris à avoir le sommeil plus léger à ces moments-là.

Les points d’ombres qui demeurent sur l’influence de la lune

En revanche, il semble faux que la Lune ait une influence sur les naissances, malgré ce qui se raconte dans les maternités [7]. Pas d’étude fiable non plus sur le fait que se faire couper les cheveux au moment de la lune croissante accélère la repousse.
Quant à la croissance des fèves, petits pois et autres légumes du potager, Noëlle Dorien, professeur d’horticulture ornementale et auteur du rapport « Jardiner avec la Lune : mythe ou réalité ? », elle n’y croit pas. Selon elle, « les pseudo tentatives d'explication du phénomène lunaire induisent les gens en erreur ».
Toutefois, elle reconnaît par ailleurs qu’il est « difficile de réaliser des expérimentations valables sur les phases de la Lune car il n'y a pas de témoin possible : lors d'un semis en phase racine, par exemple, on ne peut pas avoir au même moment un jour “non racine” pour comparer les deux [8] ».
Il s’agit donc d’un problème de méthode scientifique ! Il n’y aurait pas de méthode permettant aux chercheurs de démontrer si les jardiniers qui cultivent selon la Lune ont tort ou raison ! Mais quant aux constatations pratiques sur le terrain, je suis convaincu que les lecteurs de Santé Nature Innovationont leur petit mot à dire sur le sujet… Je vous invite donc à vous exprimer en vous rendant sur le lien suivant, si vous jardinez, comme moi, avec la Lune !

À votre santé !

Jean-Marc Dupuis

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Sources:

[1] Without the Moon, Would There Be Life on Earth?

[2] Evidence that the Lunar Cycle Influences Human Sleep

[3] La Lune a-t-elle une réelle influence sur les plantes ?

[4] Froids records sur la Lune

[5] Voir « Moostruck », par Ernest Taylor, Oxford, 229 pages, 2016.

[6] Without the Moon, Would There Be Life on Earth?

[7] Effet de la Lune sur les naissances

[8] La Lune a-t-elle une réelle influence sur les plantes ?

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Les informations de cette lettre d'information sont publiées à titre purement informatif et ne peuvent être considérées comme des conseils médicaux personnalisés. Aucun traitement ne devrait être entrepris en se basant uniquement sur le contenu de cette lettre, et il est fortement recommandé au lecteur de consulter des professionnels de santé dûment homologués auprès des autorités sanitaires pour toute question relative à leur santé et leur bien-être. L’éditeur n’est pas un fournisseur de soins médicaux homologués. L’éditeur de cette lettre d'information ne pratique à aucun titre la médecine lui-même, ni aucune autre profession thérapeutique, et s’interdit formellement d’entrer dans une relation de praticien de santé vis-à-vis de malades avec ses lecteurs. Aucune des informations ou de produits mentionnés sur ce site ne sont destinés à diagnostiquer, traiter, atténuer ou guérir une maladie.

La Lettre Santé Nature Innovationest un service d'information gratuit de Santé Nature Innovation(SNI Editions).

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(Juillet 2016)

Voici un article paru dans Valérianen° 119 édité par l’asbl Nature & Progrès : «L'électro hypersensibilité, un nouveau syndrome dont on parle rarement » ,  republié via notre site, avec l'accord de Natpro, et dont l'auteur se nomme Éric Defourny.

Une association pour la reconnaissance de l'électro hypersensibilité vient de voir le jour en Belgique. Une bonne occasion pour parler de ce nouveau syndrome qui touche de plus en plus de personnes et qui demeure le grand oublié de la médecine traditionnelle…

L'électro hypersensibilité, un nouveau syndrome dont on parle rarement

Par Éric Defourny

« Le GSM, c'est vraiment le pire ! C'est ça qui me donne le plus mal à la tête. Le Wifi et les téléphones fixes sans fil DECT me causent aussi des problèmes, mais un peu moins que les GSM."

Julien (1), quinze ans, habite la province de Liège. Avec une maturité étonnante, il raconte son calvaire : "A partir de mes huit-neuf ans, j'ai commencé à attraper de plus en plus souvent mal à la tête et à avoir divers autres ennuis de santé. Mes parents et moi avons alors cherché la cause de mes problèmes pour tenter de les solutionner. Nous avons cherché dans toutes les directions et essayé des tas de choses. Après des mois et des mois de recherches intenses, ma mère, ayant entendu parler de la nocivité des technologies sans fil, a supprimé le Wifi et le téléphone sans fil DECT que nous avions à la maison. Mes maux de tête ont alors diminué. C'est à ce moment-là que je me suis rendu compte à quel point les ondes électromagnétiques sont nocives. Malheureusement, supprimer le Wifi et le téléphone sans fil DECT n'a pas suffi à faire disparaître complètement mes maux de tête et tous mes autres problèmes, comme les sifflements dans les oreilles, les difficultés pour me concentrer, la fatigue, les nausées, les problèmes de sommeil... Ma mère a alors eu l'idée de faire venir un spécialiste pour mesurer la pollution électromagnétique dans notre maison. Ces mesures nous ont fait prendre conscience qu'il y a beaucoup d'antennes de téléphonie mobile autour de notre maison et que nous sommes fortement exposés aux ondes GSM à l'intérieur même de notre maison. Suite à ces mesures nous avons mis des protections anti ondes dans ma chambre afin que j'arrive à mieux récupérer la nuit. Cela m'aide mais je reste très sensible à ces ondes et je dois les éviter au maximum. Actuellement, c'est vraiment devenu très compliqué parce que ces ondes sont partout. Par exemple, dans le bus pour aller à l'école, c'est terrible toutes les ondes qu'il y a ! Et puis tout près de l'école, il y a une antenne, et dans l'école il y a le Wifi partout et en plus, il y a les GSM que chacun porte sur soi."

Les effets des ondes sur le corps humain

Des personnes électro hypersensibles comme Julien, il y en a de plus en plus. Ce syndrome se propage depuis quelques années, partout dans le monde, précisément là où les technologies sans fil se sont généralisées. Mais comment se fait-il que certaines personnes se sentent mal lorsqu'elles sont exposées à ces ondes ?

Le Docteur Pilette, dans son livre Antennes de téléphonie mobile, technologies sans fil et santé (2), explique l'influence que ces ondes peuvent avoir sur le fonctionnement du corps humain. Il explique notamment qu'un des matériaux les plus conducteurs d'ondes, donc qui les absorbe le plus facilement, est la magnétite (aimant naturel). Or notre cerveau contient… "cinq millions de cristaux de magnétite par gramme de tissu, et les enveloppes méningées qui entourent le cerveau, elles, en contiennent plus de cent millions par gramme de tissu..." (3) ! Notre cerveau est donc un véritable capteur d'ondes. La science ne connaît pas encore le rôle exact joué par tous ces cristaux de magnétite dans notre cerveau. Une hypothèse serait que ces cristaux servent à nous orienter et à capter le champ magnétique naturel terrestre. Or nous sommes actuellement entourés par une multitude d'ondes électromagnétiques artificielles dont l'intensité, dans son ensemble, est nettement plus importante que celle des ondes électromagnétiques naturelles. Exprimées en μW/m2 (microwatts par mètre carré), les micro-ondes de la téléphonie mobile, par exemple, sont des millions et souvent des milliards de fois plus intenses que les micro-ondes naturelles. D'autre part les micro-ondes de la téléphonie mobile sont généralement pulsées, ce qui n'est pas le cas des micro-ondes naturelles. Il ne serait donc pas étonnant que ces ondes artificielles perturbent le fonctionnement de notre organisme.

Le Docteur Pilette explique encore l'influence qu'ont les ondes électromagnétiques de haute fréquence sur la synthèse de l'ATP - adénosine triphosphate -, la molécule qui est le réservoir principal d'énergie de nos cellules. "La synthèse de l'ATP, écrit-il, s'effectue sous l'action de différents enzymes qui ont besoin de magnésium pour leur fonctionnement.

Comme la plupart des éléments dans la nature, le magnésium est formé d'un mélange de plusieurs sortes de magnésium, les isotopes de magnésium (...). En présence de magnésium-25, les enzymes qui synthétisent l'ATP produisent deux à quatre fois plus de cette molécule énergétique qu'en présence de magnésium-24 ou de magnésium-26. Ceci est dû au fait que le magnésium-25 produit un champ magnétique que ne produisent pas le magnésium-24 et le magnésium-26. Les activités enzymatiques essentielles de notre organisme fonctionnent donc avec le magnétisme et sont par conséquent influencées par les champs électromagnétiques externes. En agissant sur ces activités enzymatiques, les micro-ondes peuvent empêcher les cellules de produire de l'énergie en quantité suffisante et ainsi affecter profondément le métabolisme cellulaire. Nous comprenons dès lors qu'un des premiers symptômes rencontrés lors d'une exposition chronique aux micro-ondes est la fatigue." (3)

Les objectifs de l'AREHS

Nous pourrions donc dire que l'organisme de chaque humain est électro sensible mais que cette sensibilité ne s'accompagne pas nécessairement de symptômes physiques désagréables. Ces symptômes physiques désagréables, plus ou moins faciles à mettre en lien avec les ondes électromagnétiques, n'apparaissent que chez certaines personnes. En plus des symptômes dont souffre Julien, voici d'autres symptômes qui peuvent être dus aux ondes électromagnétiques et qui ont été répertoriés par des médecins et scientifiques (4) : modification de la tension artérielle, tremblements, troubles de la vue, vigilance atténuée, palpitations, arythmie cardiaque, crises d'épilepsie, irritabilité, douleurs musculaires...

Certains médecins ont encore constaté que l'exposition à ces ondes augmente le risque de maladie d'Alzheimer, d'infarctus, d'accidents vasculaires cérébraux et de maladies cancéreuses, comme les leucémies et les tumeurs cérébrales.

Quels sont les objectifs de l'Association pour la Reconnaissance de l'Electro hypersensibilité (AREHS) ? Les principaux objectifs de l'AREHS sont de faire reconnaître en Belgique l'électro hypersensibilité comme handicap mais également d'obtenir que les personnes électro hypersensibles puissent vivre, se former et travailler dans un environnement électromagnétique qui leur convient. Ceci implique notamment l'existence de zones sans ondes électromagnétiques artificielles - des zones blanches -, d'écoles et de lieux de travail exempts d'ondes électromagnétiques perturbatrices comme, par exemple, celles du Wifi. D'une manière générale, l'association veut informer sur l'ensemble des nuisances liées aux ondes électromagnétiques artificielles…

En pratique, que peut-on faire pour aider les personnes électro hypersensibles ? Bien évidemment vous pouvez devenir membre de l'AREHS ou faire un don à l'association. Mais vous pouvez aussi aider les personnes électro hypersensibles, comme Julien, d'une autre manière : en réduisant, au maximum, la pollution électromagnétique haute fréquence que vous engendrez, probablement sans le savoir ni le vouloir.

Savez-vous que chaque fois que vous utilisez votre GSM, smartphone, tablette, etc., l'antenne la plus proche de vous augmente sa puissance d'émission et engendre, de ce fait, une pollution plus grande dans tout son environnement ?

En pratique vous pouvez donc :

- réduire au maximum l'usage de votre GSM, smartphone, tablette, etc.,

- éteindre le plus souvent possible ces appareils car, même en veille, ils émettent encore des ondes qui peuvent causer des ennuis aux personnes électro hypersensibles que vous croisez,

- remplacer votre téléphone fixe sans fil DECT par un téléphone avec fil pour ne pas polluer votre voisin éventuellement électro hypersensible,

- éteindre votre Wifi quand vous ne vous en servez pas ou, mieux, remplacer votre Wifi par une connexion filaire tout en veillant à désactiver la fonction Wifi (5).

En plus d'aider les personnes électro hypersensibles, toutes ces dispositions sont, selon de nombreuses études, aussi bénéfiques pour votre propre santé

Le rêve de Julien

" Avec toutes les ondes qu'il y a partout, il est devenu impossible pour moi d'aller à l'école.

Cette année je reçois des cours à domicile. J'espère bien que plus tard j'irai mieux et que je pourrai faire des études d'horticulture. Pour bien faire, je devrais vivre dans un endroit où il y a très peu d'ondes dans l'environnement - une zone blanche - mais c'est vraiment très difficile à trouver..." . Et Julien de conclure ainsi l'entretien : " les ondes GSM sont vraiment très nocives. Il y a tant d'études scientifiques qui le prouvent. Les gens ne s'imaginent pas à quel point ils s'empoisonnent avec ça..."

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(encadré - dans le livre)

Appel aux personnes électro hypersensibles

Il est essentiel, afin que l'AREHS puisse mener à bien ses objectifs, que l'association ait le soutien d'un maximum de personnes électro hypersensibles. Concrètement, si vous souffrez de ce syndrome, vous l'aiderez grandement en remplissant le questionnaire qui est disponible sur le site de l'association. Il peut aussi vous être envoyé par courrier postal. Les données recueillies resteront confidentielles et ne seront communiquées à aucun tiers. Merci de transmettre cet appel à toutes les personnes électro hypersensibles que vous connaissez !

AREHS (Association pour la Reconnaissance de l'Electro hypersensibilité)

rue du Bransart, 75 - 5020 Malonne

Tél. : 081/44.13.65 - Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.- www.arehs.be

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L'argile pour atténuer les ondes

En partant du constat du bain d'onde dans lequel nous sommes immergés et du problème réel que cela pose à certaines personnes plus sensibles, sachons que nous pouvons nous protéger à l'intérieur de notre maison. On n'y pense pas toujours par rapport à d'autres solutions techniques - les écrans rigides ou souples avec trame métallique, peintures et revêtements, rideaux spéciaux, etc. - mais les murs enduits à l'argile procurent une bonne atténuation en laissant passer peu de puissance d'ondes de hautes fréquences, sans vieillissement du matériau et sans effet "miroir", c'est-à-dire la réflexion sur les parois des ondes émises ou entrées dans la pièce. Cela s'ajoute aux autres grandes qualités de cette matière naturelle. Pour les fenêtres, les vitrages thermiques faible émissivité ont aussi un effet mesurable. Des châssis comprenant un renfort d'aluminium mis à la terre peuvent compléter la protection. Pensons-y pour la chambre à coucher au moins…

Fabrice de Bellefroid

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Notes:

1. Le nom de la personne interviewée a été changé pour préserver son anonymat.

2. Livre basé sur plus de sept cents références scientifiques, disponible gratuitement sur le site www.teslabel.be

3. Citation avec l'aimable autorisation de l'auteur.

4. Appel de Fribourg, 2002.

5. Malheureusement le système CPL - "courant porteur de ligne", un système qui transmet le signal internet via le réseau électrique - n'est pas une alternative valable pour le Wifi. Ce système CPL, en effet, rajoute encore des hautes fréquences au réseau électrique.

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(Septembre 2016)

 Voici un article paru dans Valérianen° 120 édité par l’asbl Nature & Progrès : « Une formation à la bio dans l’enseignement supérieur…- la suite ! » , par Alexia Fernandez,  republié via notre site, avec l'accord de Natpro.

 Un article fort important, car c’est une piste pour les personnes désireuses de se recycler, et pourquoi pas dans une filière de produits naturels et locaux, un métier à la portée de tous, où l’on peut retrouver toutes nos qualités et un savoir-faire ancestraux, et produire des produits locaux et sains pour les êtres humains…

Une formation à la bio dans l’enseignement supérieur…

La suite !

Par Alexia Fernandez

Il y a un an exactement - dans Valériane n°114, de juillet-août 2015 -, nous vous avons fait découvrir le tout nouveau diplôme en agriculture biologique mis en place par Haute Ecole de la Province de Namur (HEPN) sur le campus de Ciney. Elle devait débuter en septembre dernier et c’est effectivement chose faite depuis le mois d’octobre 2015. La formation a enfin commencé ! Voici un bref bilan d'une première année…

Cette formation, toujours unique dans l’enseignement supérieur de la Fédération Wallonie Bruxelles, permet à des étudiants en possession d’un diplôme de bachelier en agronomie (1), de suivre un an de spécialisation professionnalisant en agriculture biologique. Grâce à ce diplôme, le secteur bio wallon aura enfin à sa disposition des personnes spécialisées, des techniciens mais aussi des conseillers aptes à soutenir sa très forte croissance. Les compétences acquises en lien direct avec le terrain feront de ces étudiants les chevilles ouvrières d’un secteur en soif de professionnalisation et d’organisation.

Un enseignement actif

Une nouvelle collaboration entre Hautes-écoles wallonnes en agronomie a porté ses fruits ! En effet, les élèves, en plus de leur cours à Ciney, ont l’occasion de se déplacer à Spa et à Ath pour trois jours de cours intensifs dans d’autres spécialités du domaine de l’agriculture biologique. Cette nouvelle formation comprend, en effet, des activités qui permettent aux étudiants d’acquérir une réelle expérience du terrain. Pendant le premier quadrimestre, ils ont entre autre pu accompagner un agriculteur de Ciney qui voulait passer d’un modèle d’agriculture conventionnelle à celui de l’agriculture bio. Dans cet exercice, ils ont réalisé des visites, un audit, des mesures de terrain pour établir un plan de conversion comprenant une rotation de cultures adaptée au bio. Ils ont pu présenter ce plan, fin décembre, à l’agriculteur accompagné de sa famille…

Les étudiants ont aussi décidé de participer à un programme d’apprentissage de création d’entreprise (2) qui vise à créer un projet d’entreprise innovant, de l’idée au prototype, appuyé par un dossier financier. Les deux groupes participants ont commencé à créer leur entreprise de production de biscuits, à haute valeur nutritive, fabriqués à partir de coproduits de brasserie ou de pressage de pomme. Pour ce faire, ils ont suivi un programme de formation à la création d’entreprise et ont entrepris diverses démarches dans ce sens.

Tout au long de cette année de spécialisation, les élèves ont notamment dû suivre trois cours principaux sur les normes, la réglementation et les filières de l’agriculture bio. Ils ont pu découvrir et travailler sur les filières biologiques avec les différentes tendances actuelles. Ces cours sont toujours basés sur les principes de la pédagogie active, c’est-à-dire qu’ils comprennent des mises en situation réelles qui permettent aux étudiants de découvrir la matière activement et d’être d’autant plus intéressés par le cours

Une organisation du temps qui permet aussi… de travailler !

Les étudiants ont aussi réalisé de nombreuses visites. Citons notamment : la boulangerie Legrand, la boucherie Bioherin - www.bioherin.be -, Interbio - www.interbio.be -, la ferme de Stée, la ferme Counasse - www.fromagerie-counasse.be/la-ferme -, la ferme Raucq, les Trois petits fours et Bioschuurke - www.bio-billens.be -, un arboriculteur bio en Flandre. Lors de ces visites, ils ont pu découvrir différents terroirs et différentes filières…

Pour pouvoir mener à bien toutes ces activités, les horaires ont été organisés de façon particulière : un horaire décalé avec deux journées et deux soirées. Les trois autres journées complètes pouvaient être consacrées à des visites, des formations ou à travailler sur des projets. Cette organisation est intéressante car elle permet aux étudiants qui ont déjà un pied dans le monde du travail - certains travaillent déjà à temps plein ! - de suivre cette spécialisation. François de Gaultier, ayant étudié un an en Autriche, témoigne des avantages de ce système : "avec cette organisation qui a déjà lieu depuis des années en Autriche, les étudiants peuvent travailler en même temps et donc financer leur études tout en trouvant un sens à leur apprentissage…"

Arrivés à la moitié de l’année, les étudiants doivent réaliser un stage de cinq mois et rédiger un travail de fin d’étude. Les stages en entreprise se font soit en production, soit en transformation, soit en structures de conseil technique. Les travaux de fin d'étude (TFE) concernent l’agroforesterie, l’étude de la filière des légumes frais, les freins à la conversion au bio, etc. Ces travaux permettent d’aller sur le terrain, de prendre des contacts et d’appliquer les concepts vus en cours...

Des acteurs très divers

En ce qui concerne les étudiants, ils viennent de toute la Wallonie. La moitié ont déjà une ferme ou possèdent une expérience de l’agriculture, alors que les autres sont simplement des passionnés du milieu. Ces derniers voudraient soit s’installer avec leur propre projet de production et/ou transformation, soit soutenir le secteur dans un des maillons de la filière : conseil, encadrement, certification, développement de filières, animation de groupements d’agriculteurs, etc

Les professeurs sont, eux, tous des spécialistes qui travaillent dans le secteur de l’agriculture biologique. Il est possible de les rencontrer lors des journées portes ouvertes qui se tiendront à Ciney - 61, avenue de Namur - les samedis 25 juin et 10 septembre, entre 9 et 13 heures.

À l’heure actuelle, la bio, en plus d’avoir le vent en poupe, apparaît aux yeux d’un nombre croissant d’acteurs comme une alternative incontournable aux systèmes de production habituels, en renouant le lien entre le producteur et le consommateur et en prenant en compte les valeurs écologiques qui sont particulièrement chères aux yeux d'associations telles que Nature & Progrès, par exemple…

Notes:

(1) L'inscription est également possible via la valorisation des acquis de l'expérience

(2) Young Enterprise Project : YEP. Site internet : http://www.lje.be/index.php/nos-programmes/young-enterprise-project

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no(Novembre 2016)

Voici un article paru dans Valériane août 2016, édité par l’asbl Nature & Progrès.

Cet  article " Reconnecter agriculteurs et consommateurs, une évidence, une nécessité ! " , nous paraît d’une importance capitale pour notre santé (alimentation), pour les rapports humains qui en résulte, pour un développement sain de la chaine alimentaire.

Nous souhaitons vivement que tous les consommateurs que nous sommes en prennent conscience et s’alimentent sur ce mode – naturel – de l’organisation de la chaine alimentaire.

Reconnecter agriculteurs et consommateurs, une évidence, une nécessité !

Par Sylvie La Spina

Un fossé s’est creusé entre l’amont et l’aval de la chaîne alimentaire. Agriculteurs et consommateurs sont devenus des étrangers, et souvent, ils ne se connaissent plus ou ne se comprennent plus. Pourtant, il est crucial, suites aux dérives et crises qu’ont connues le secteur agricole ces dernières décennies, de rassembler producteurs et consommateurs autour de l’avenir de notre agriculture. Il est plus que jamais temps de renouer le dialogue, de concilier les attentes des uns et des autres, de se montrer solidaires et unis. 

Ensemble, agriculteurs et consommateurs, retisser des liens !

 Dans le cadre de son projet « Echangeons sur notre agriculture », Nature & Progrès s’est penchée sur le pourquoi et le comment d’une reconnexion entre agriculteurs et consommateurs. Lors d’un sondage puis d’une journée consacrée à ce thème, les citoyens et producteurs ont pu exprimer leurs avis, faire le bilan des attentes des uns et des autres et réfléchir à la réalisation concrète d’actions permettant leur rapprochement. Le processus a abouti à la réalisation de six fiches-actions, sortes de modes d’emploi aidant tout volontaire à réaliser des actions au niveau local. Et ce n’est pas fini !

 L’importance d’un nouveau dialogue

 Pourquoi est-il important de rapprocher agriculteurs et consommateurs ? Les arguments émis par les deux parties ne manquent pas.

Les consommateurs souhaitent que les producteurs retrouvent un sens à leur travail, à leur métier : « Pour que les agriculteurs se rendent mieux compte que leur labeur sert à quelque chose et à quelqu'un ».

Ils souhaitent également que les producteurs soient honnêtes, de confiance et prennent davantage en compte les attentes des citoyens dans leurs pratiques. On veut du bio, le respect des animaux et du sol, la qualité des produits, la création d’emploi…

« Les consommateurs ont beaucoup d'attentes, et le monde agricole doit les écouter ».

 Agriculteurs et consommateurs ont également beaucoup d’attentes envers les autres consommateurs.

Il faut qu’ils apprennent à mieux connaître le métier d’agriculteur, afin de ne pas le juger trop vite et en comprennent les contraintes.

« Les consommateurs ont une idée complètement déformée de la réalité agricole ».

« Les saisons et leurs aléas (non-disponibilité de certains produits), les conditions de travail, la nature et ses caprices (formes, goût, abondance…)… ». Il faut que chacun prenne conscience de l’importance du métier d’agriculteur.

« Tout le monde mange trois fois par jour et a donc besoin de nous. Ça serait bien qu'ils comprennent mieux ce que nous faisons pour comprendre la vraie valeur de ce que nous produisons ».

« Mieux faire connaître ce métier, préserver ce savoir-faire, encourager les repreneurs, les jeunes agriculteurs ».

Il est important que le consommateur redécouvre l’importance de l’aliment, de sa qualité, de sa valeur et réduise le gaspillage.

« Il est clair que l'alimentation quotidienne, son origine, sa transformation, etc. ne sont plus les questions premières que les consommateurs se posent en achetant les produits.

Ils échangent de l'argent contre un produit, un service sans même savoir qui, quoi, comment, combien.

« Il faut recentrer certaines valeurs actuellement oubliées ».

Il faut que chacun redécouvre que les aliments ont un visage !

« Je sais que lorsque j’achète ses produits, je soutiens ses pratiques et son élevage, je lui permets de nourrir sa famille, je vois son fils sur le tracteur qui envisage de devenir fermier lui aussi… ».

« Connaître les producteurs de son alimentation ajoute une saveur inestimable aux repas ».

Une fois le citoyen conscient de la valeur de l’aliment et de son producteur, il pourra redevenir un consommateur éclairé et responsable.

« Les consommateurs ont un rôle indéniable à jouer quant à leurs habitudes de consommation.

Il est essentiel qu'ils comprennent que leurs actes sont un réel choix politique, et un modèle sociétal à soutenir.

Le citoyen doit se rendre compte qu’il a un réel poids dans la balance pour faire changer les choses ».

Enfin, il est crucial que le consommateur accepte de fournir le juste prix au producteur, en lien avec ses pratiques et la qualité de ses produits.

« Il est important que le citoyen connaisse les gestes qui précèdent l'acte de consommation.

Il ne suffit pas de semer pour récolter et manger...

S’il a la conscience du travail accompli avant son assiette, il acceptera plus facilement de payer un juste prix ».

En résumé, la reconnexion entre agriculteurs et consommateurs permettra de mieux se connaître, mieux se comprendre et d’être attentif aux attentes des uns et des autres. C’est indispensable pour, ensemble, penser l’avenir de notre agriculture !

 Comment en sommes-nous arrivés à cette déconnexion ?

 Un fossé s’est creusé entre citoyens et agriculteurs. Pour comprendre comment nous en sommes arrivés là, il faut retourner quelques décennies en arrière.

Depuis toujours et jusque récemment, l’agriculture était l’activité principale des villages : il fallait se nourrir, été comme hiver.

La plupart des maisons villageoises comprenaient un potager, une étable accolée à l’habitation où étaient soignés les animaux, et parfois même un four à pain, petit bâtisse en pierre située à proximité de la maison.

Chacun participait aux lourds travaux des récoltes, moissons, fenaisons… L’autonomie alimentaire était au cœur des villages. Même dans certaines régions au climat rude et au sol pauvre actuellement peuplées de prairies et de bovins, les cartes anciennes - voir notamment les cartes de Ferraris de 1777 - montrent l’importance passée des cultures de céréales et de pommes de terre, l’existence d’anciens moulins qui permettaient de transformer le grain en précieuse farine…

Après-guerre, le développement du commerce et des transports a marqué la fin de ces activités dans bon nombre de villages : le coût de production d’une céréale ardennaise n’est pas comparable à celui d’une céréale hesbignonne, même si l’on considère le prix du transport.

Les activités agricoles des villages se sont focalisées vers un ou deux secteurs rentables.

Le progrès technique a aussi permis de réduire considérablement la main d’œuvre nécessaire à l’agriculture, et le développement des secteurs secondaires et tertiaires dans les villes a attiré le citoyen.

Les supermarchés se sont développés pour nourrir cette population citadine grandissante, enrichissant leur gamme de produits avec ceux d’autres pays et continents et ceux de l’industrie agro-alimentaire en plein développement.

L’alimentation est devenue dessaisonnée et mondialisée. Le prix, la publicité et le marketing dirigent les achats des consommateurs.

Le lien entre producteur et consommateur s’est alors rompu.

Les agriculteurs ont été poussés à produire de la matière première pour l’industrie, ce qui permettait de fournir une alimentation meilleur marché grâce aux économies d’échelle. L’aliment est devenu anonyme, l’agriculteur, un étranger.

La campagne aussi a bien changé. « Les parcelles agricoles à la démesure extravagante ont été dépouillées des haies qui les divisaient […].

Les aubépines et les pommiers sauvages ne sont plus qu’un souvenir.

On appelle ça le remembrement : ça dit bien que la première étape fut le démembrement, l’écartèlement.

Les véhicules agricoles, gros comme des cathédrales, ont eu raison des chemins peu de temps après avoir envoyé les chevaux à la boucherie ».

« Le village paisible s’est transformé en cité dortoir, et les vieilles fermes sont devenues des gîtes pour les vacanciers, qui envahissent l’été et importent la ville et ses absurdités dans un monde rural qui s’en passait tellement bien. Plus d’épicerie, plus de cordonnier, plus de tailleur ni de forgeron, mais des centres commerciaux tentaculaires où on se presse pour se distraire de la vie en achetant frénétiquement » (1).

L’alimentation a cédé sa place aux technologies dans les priorités d’achat de nombreux consommateurs : seulement 13 % du budget des ménages sont consacrés à la nourriture, tandis que les frais liés au logement, aux transports et aux télécommunications explosent.

Pourtant, une alimentation saine est la base de la vie et de notre santé !

La perception de l’agriculture est fortement influencée par les médias, les publicités, les réseaux sociaux, les documentaires…

Elle se retrouve souvent décalée par rapport aux réalités locales.

Un dialogue s’est rompu entre le producteur et le consommateur.

 L’avenir est devant nous !

 Nous pourrions être pris de nostalgie. Ah, le bon vieux temps… si on pouvait y retourner ?

Mais n’oublions pas que c’était aussi une époque difficile, où le labeur était intense, le confort, presque inexistant, la pauvreté, de mise.

De nombreux récits nous le rappellent : « Jeune enfant embauché dès huit ans chez un fermier, il était abruti par la terre, rompu de fatigue, grisé par l’air vif, la fumée des fanes trainant sur les essarts »(2).

S’il faut s’inspirer de l’histoire, c’est avant tout pour comprendre l’évolution de notre société et en tirer les enseignements afin d’agir sur le présent.

Nous sommes dans une période de prise de conscience des erreurs du passé.

On ne compte plus les initiatives publiques et citoyennes pour aller vers le changement.

L’agriculture biologique connait un essor sans égal suite à la reconnaissance des impacts de l’utilisation de pesticides sur la santé et sur l’environnement. Des aides permettent à chacun de planter haies et vergers qui ont régressé au siècle dernier. Des citoyens se mobilisent pour rendre l’accès à la terre de producteurs devant les dérives liées au foncier.

Le circuit court revient à l’avant de la scène pour permettre aux producteurs d’échapper aux pressions de la grande distribution.

La traction animale refleurit dans nos campagnes, chez les maraîchers mais aussi dans nos communes…

Comme le suggère le documentaire « Demain », il est crucial de poursuivre le développement des initiatives locales, de continuer dans cette voie positive… et ensemble, agriculteurs et consommateurs, nous l’avons fait !

 Des actions concrètes pour rapprocher agriculteurs et consommateurs

 - Favoriser les rencontres "commerciales"

 Une multitude de possibilités existent pour que le consommateur ait accès à des produits locaux : vente à la ferme, marchés locaux, groupements d’achats communs, magasins partagés, achats en ligne… La diversité de ces initiatives permet à chaque producteur et à chaque consommateur de trouver la formule qui lui convient en fonction de ses disponibilités en temps et en énergie. Il est important que ces modes de vente de produits locaux permettent un dialogue avec le producteur, et lorsque ce n’est pas possible, qu’ils donnent de l’information sur la ferme et mettent un visage sur les produits. Il est faudrait développer et encourager les initiatives de vente en circuit court en fonction de la demande locale en produits fermiers. Il faut également référencer les initiatives existantes, les étudier, les comparer, augmenter leur visibilité et les promouvoir.

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- Evaluer l'offre et la demande de produits locaux pour stimuler le marché

 Comment savoir quels sont les desiderata des consommateurs en produits locaux ?

Cherchent-ils des fromages, des légumes, de la volaille près de chez eux ?

Identifier la demande permettra à des producteurs de s’installer ou de se diversifier dans la région ! C’est l’objet de notre fiche-action 6 !

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- Faire connaître localement les initiatives de consommation locale

 Magasins à la ferme, marchés locaux, groupements d’achats, coopératives de producteurs, achats en ligne de produits (ruches, topino…)…

De nombreuses initiatives favorisant la consommation locale ont fleuri sur notre territoire.

Comment les faire mieux connaître du public local ?

C’est l’objet de notre fiche-action 5 !

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- Visiter, discuter, pratiquer

 Rapprocher agriculteurs et consommateurs ne passe pas obligatoirement par un lien commercial, fort heureusement ! D’autres possibilités existent pour que les citoyens puissent mieux connaître l’agriculture de leur région.

Les visites de fermes, fermes ouvertes et fêtes agricoles sont un excellent moyen de découvrir le métier et les pratiques.

Il est néanmoins important que le côté festif n’empiète pas sur la découverte de la réalité de la ferme.

En effet, il est courant que des visiteurs rentrent chez eux avec un meilleur souvenir du château gonflable pour les enfants que des démonstrations de traite qui avaient lieu à la ferme.

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- Création d'un "guide fermier"

 Quoi de mieux que la visite d’une ferme pour mieux connaître l’agriculture ?

Mais les producteurs n’ont parfois pas le temps, ou ne sont pas à l’aise avec un public.

Et si on créait un "guide fermier", à l’instar des guides-nature ou guides touristiques ? C’est l’objet de notre fiche-action 2 !

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 Il est aussi possible de discuter d’agriculture lors de rencontres-débats organisés dans la région. Différentes pièces de théâtre circulant actuellement en Wallonie et traitant de l’agriculture sont suivies de débats permettant un échange entre producteurs et consommateurs.

Il en est de même pour différents documentaires.

Afin de mieux se rendre compte de la réalité de la production, il faudrait stimuler les initiatives d’autocueillette chez le producteur, de woofing, les stages à la ferme ou les potagers collectifs.

 - Parler d’agriculture, partout !

 Pourquoi ne pas immiscer l’agriculture à travers des activités en lien avec la nature, le tourisme, la cuisine, le jardinage, la santé…, des domaines connaissant beaucoup de passionnés et fortement en lien avec le monde agricole ?

Une facette agricole pourrait être ajoutée aux émissions télévisées, articles de journaux, stages… sur ces sujets.

Il serait intéressant de diffuser dans les médias, via des articles, des vidéos, des blogs, des publications sur les réseaux sociaux… des informations sur l’agriculture et sur les producteurs locaux.

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- Sensibiliser à une alimentation bio et locale via les réseaux sociaux

 Les réseaux sociaux sont un canal de communication important vers le tout public.

Des pages y sont créées afin d’échanger savoirs et expériences, des défis sont relayés par les internautes…

Quelle action pourrait-on développer pour faire découvrir les producteurs locaux et leurs produits ? C’est l’objet de notre fiche-action 1 !

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Il est aussi possible de faire découvrir au public les agriculteurs locaux et leurs produits lors de tout événement, même étranger à l’agriculture, grâce à des dégustations ou à la promotion des produits locaux lors de repas organisés à différentes occasions (souper de club de foot, fancy-fair…). On peut aussi imaginer un repas local organisé dans un village, une commune, en vue de rassembler les habitants et les fermiers.

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- Organisation d'un repas local

 Et si on réunissait les habitants d’une commune autour de leurs agriculteurs à l’occasion d’un repas.

Ce repas mettrait à l’honneur les produits de ces fermes et leurs agriculteurs.

Une occasion de faire mieux connaissance et de découvrir les saveurs locales ! C’est l’objet de notre fiche-action 3 !

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- Des actions transversales 

 Et si on prenait un peu de toutes ces bonnes idées pour l’organisation d’une semaine sur le local ?

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Organisation d'une semaine sur le local

 On connaît la semaine bio, la semaine du commerce équitable… et pourquoi pas une semaine sur le local ?

Elle permettrait de faire connaître les producteurs locaux, de découvrir leurs produits, de comprendre l’importance de l’achat de proximité, lié à une agriculture de proximité. C’est l’objet de notre fiche-action 4 !

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On continue ?

Multiplions encore les pistes ! Le sondage qui a permis de rassembler toutes les idées d’actions concrètes continue ! N’hésitez pas  l’enrichir de vos idées, nous mettrons à jour la liste des actions régulièrement !

Concrétisons les pistes ! A travers les ateliers, lors du colloque de décembre, nous avons réfléchi à la concrétisation de certaines de ces pistes.

Des fiches ont été établies et diffusées. Des fiches complémentaires pourront être réalisées pour d’autres pistes !

Démarrons une action au niveau local ! Concrétiser une action dans votre région vous titille ? Vous disposez de petits modes d’emploi grâce aux fiches-actions, dont vous pouvez vous inspirer.

Pas envie de se lancer seul ? Contactez vos partenaires locaux ! Les locales Nature & Progrès, les groupes d’action locale (GAL), les agences de développement local (ADL), votre commission locale de développement rural (CLDR)… Plein de synergies en perspective !

L’ensemble des fiches-actions est disponible sur notre site internet www.agriculture-natpro.be, rubrique « sujets de discussion » - « Reconnecter ».

 Notes:

(1) Extrait de Benoit Toussaint « Le dernier Labour » dans « L’Ardenne agricole » - Tome 2, Editions Weyrich, 2015, 125pp.

(2) Extrait de Marcel Leroy « Les chatons gelés », Editions Presse de l'Economie Populaire, 1969, 191pp. 

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janvier(Janvier 2017)

Encore un article paru dans Valériane, édité par l’asbl Nature & Progrès : « Pourquoi les gens ne changent-ils pas ?, par Guillaume Lohest,  republié via notre site, avec l'accord de Natpro. Un article interpelant...

Pourquoi les gens ne changent-ils pas ?

Tipping points : nous y sommes presque

Nous sommes en train de changer d’époque. Le basculement est d’une ampleur difficilement mesurable, à l’échelle géologique. Ce qui s’annonce est aussi impensable pour le cerveau humain que ne pouvaient l’être l’écriture, l’agriculture à venir ou l’extinction passée des dinosaures pour un cerveau de grand singe d’il y a trois millions d’années. Énormité des constats et des déséquilibres planétaires ; pourtant, tout au quotidien semble suivre son petit bonhomme de chemin. Cette rubrique est consacrée à explorer, sous divers angles, la question suivante : pourquoi les gens ne changent-ils pas ? Deuxième chapitre : le concept de "point de bascule" (Tipping point)

Par Guillaume Lohest

Vous avez entre les mains une branche de bois sec et vous souhaitez la briser en deux morceaux. Vous la posez sur votre cuisse et vous exercez une légère pression des deux côtés. Rien ne se passe. Vous appuyez plus fort, toujours rien, elle résiste décidément. Vous donnez alors tout ce dont vos muscles sont capables et là, soudainement, voici la branche brisée d’un craquement sec. Vous avez passé le point de bascule. Avant : malgré l’augmentation progressive de l’intensité de votre effort, la branche restait exactement la même, aucun changement n’était visible. Après : elle est irrémédiablement cassée, aucun retour en arrière n’est possible. Le changement n’est pas linéaire, il n’est pas proportionnel à notre débauche d’énergie, il suit son propre timing, nous surprend, d’un coup d’un seul parfois. On appelle ce phénomène le "point de bascule", ou encore "seuil critique". On peut l’observer dans des domaines bien différents

Avant les seuils critiques, on sait mais on n'y croit pa

Il en va ainsi du changement climatique à l’échelle mondiale. Les experts n’ont cessé de rappeler qu’il fallait éviter de dépasser le seuil de 2°C de réchauffement, au-delà duquel des boucles de conséquences risqueraient de placer les événements climatiques hors de toute mesure et de tout contrôle. Le problème, c’est que tant que ce seuil n’est pas atteint, la majorité des citoyens et des décideurs continuent de considérer le réchauffement climatique comme une menace théorique. Il est frappant de constater que les États les plus demandeurs d’un accord contraignant, lors de la COP 21 à Paris, étaient les États insulaires déjà directement atteints par les modifications du climat. Ce qui touche directement les gens modifie leur perception du monde, contrairement aux menaces qui sont encore perçues comme abstraites. La solidarité et les convictions sont toujours plus fortes, hélas, quand les temps sont durs !

Ce phénomène amène certains intellectuels à proposer d’autres stratégies de pensée et d’action face aux menaces écologiques. Ainsi, le philosophe Jean-Pierre Dupuy propose un "catastrophisme éclairé" (1) : il faut considérer les catastrophes à venir comme inéluctables, précisément pour pouvoir les éviter. Car "même lorsqu’ils sont informés, les peuples ne croient pas ce qu’ils savent". Il ne s’agit donc pas de brandir des menaces et d’annoncer des catastrophes, comme un prophète de malheur, mais de leur donner le statut de faits avérés. Cette étrange ruse métaphysique a, au minimum, le mérite de proposer une autre voie que l’optimisme niais qui prévaut encore aujourd’hui chez beaucoup d’acteurs politiques et économiques. L’écrivain américain Jonathan Franzen, lui, a même osé s’insurger contre "l’obsession climatique" (2). Non parce qu’il dénie la réalité du changement climatique, mais parce qu’il estime plus efficace de lutter "au présent", dans la pluralité des contextes, des sensibilités et des paysages affectés partout dans le monde.

Résumons.

Les changements d’attitude tardent à venir car certains seuils critiques globaux ne sont pas encore atteints. Cette impasse semble insurmontable, mais la notion de tipping point recèle d’autres implications plus enthousiasmantes. Pour cela, il faut revenir à l’origine sociologique du concept.

Les sociétés peuvent aussi basculer... vers un mieux !

Malcolm Gladwell a écrit un best-seller sur le sujet, intitulé en français Le Point de bascule, comment faire une grande différence avec de très petites choses (3). Il y décrit, en accumulant les exemples historiques et les explications détaillées, comment de très nombreux processus sociaux - modes, changement d’attitudes, taux de criminalité, révolutions même… - émergent sous la forme d’un effet boule-de-neige ou d’une épidémie. "La notion de point de bascule, écrit-il, repose sur cette possible soudaineté du changement, sans doute l’idée la plus difficile à accepter. L’expression "point de bascule" fut d’abord utilisée dans les années septante pour décrire la ruée des Blancs vers les banlieues, dans le nord-est des États-Unis. Lorsque le nombre d’Afro-Américains d’un quartier atteignait un certain point - disons 20% -, la plupart des Blancs quittaient le quartier immédiatement. La communauté, observèrent les sociologues, basculait. Le point de bascule est un seuil, un point d’ébullition, le moment où une masse critique est atteinte."

Cette observation, appliquée au sujet qui nous occupe, est plutôt réjouissante. En effet, cela pourrait signifier que le basculement vers des politiques et des pratiques beaucoup plus écologiques n’exige pas que toute la population soit, au préalable, convaincue de sa nécessité, mais seulement 10 à 15%, proportion qui correspond à un tipping point vers la généralisation d'un nouveau paradigme. Peut-être sommes-nous beaucoup plus proches de ce moment que nous ne le pensons ? Une conscience en train de changer est en somme aussi invisible à l’œil nu qu’un dixième de degré d’augmentation de la température moyenne mondiale. Mais ce n’est pas moins réel, et cela mène aussi à un basculement. Reste à espérer que les basculements sociaux et politiques auront lieu avant les seuils critiques d’effondrement des écosystèmes et des systèmes socio-économiques. Dans un cas comme dans l’autre, la notion de tipping point est précieuse pour comprendre le fait que les changements visibles tardent à apparaître.

Écosystèmes et tipping points positif

Par ailleurs, si des seuils critiques négatifs sont atteints dans beaucoup d’écosystèmes, le phénomène peut exister également dans l’autre sens. Des écosystèmes naturels et les communautés qui les entourent peuvent se régénérer en mettant en place des dynamiques qui profitent de tipping points positifs. "Chaque jour, on nous submerge d’informations sur la dévastation de l’environnement. On lit que les systèmes naturels, des forêts tropicales aux courants océaniques, approchent du "point de bascule" vers des changements irréversibles. Mais, partout dans le monde, des points de bascule environnementaux positifs, qui penchent du côté de la durabilité, font tranquillement leur apparition. Dans des endroits où les régulations par le haut et les techniques de réparation coûteuses ne fonctionnent pas, ces points de bascule offrent une troisième voie pour restaurer les communautés naturelles et humaines. Au lieu d’essayer de réparer les dégâts faits à la nature, ou de changer la nature humaine, ils utilisent le pouvoir inné qu’ont les deux à se soigner eux-mêmes - et l’un et l’autre. (4)"

Les auteurs de ces lignes consacrent un article déjà ancien à deux exemples marquants de rétablissement de points de bascule environnementaux positifs. Le premier concerne la résurrection de la petite île d’Apo, au large des Philippines. Cette île, dont le mode de vie fut décimé par la surpêche moderne, put se réhabiliter à partir de l’instauration d’une interdiction de pêche sur 10% de la surface des eaux environnantes, zone qui fut le point de départ d’une reconstitution des populations de poissons à partir de laquelle un nouveau mode de pêcherie fut adopté par les communautés locales. Le second exemple fait honneur à la réhabilitation des traditionnels johads - des digues de terre - dans le Rajasthan au nord-ouest de l’Inde. Cette région où l’eau est très rare avait connu une spectaculaire érosion des sols, source de destruction des modes de vie et de subsistance. Remettre en fonctionnement les johads, qui avaient été obstrués par le déversement des couches arables du sol, a permis de reconstituer des réserves locales d’eau, accumulées pendant les moussons.

C'est pour bientôt, poursuivons nos engagements

Ces deux cas exemplaires ne sont pas isolés. On peut observer de tels processus partout dans le monde, quand des communautés s’organisent à partir des réalités des lieux et de techniques simples à partager. Ce "point de bascule positif" est d’ailleurs merveilleusement illustré par la célèbre nouvelle de Jean Giono, L’homme qui plantait des arbres (5). C'est le récit d'un homme solitaire qui, sur un aride plateau provençal abandonné, se met à planter des arbres, toute sa vie, si bien qu'il finit par créer une gigantesque forêt qui charrie avec elle l'eau, la vie, la joie. Il s’agit ici d’une fiction, mais dont les mécanismes sont tout à fait réels et trouvent des échos pratiques dans divers projets de reforestation de déserts en divers lieux de la planète. Le fait remarquable, dans ces boucles de rétroactions positives, c’est que les aspects naturels - liés aux écosystèmes - se prolongent spontanément en bienfaits sociaux et culturels, et vice-versa. Retrouver un accès à l’eau permet de remettre sur pied des coopératives agricoles locales, de faire revivre les communautés, de rouvrir des écoles, et ainsi de suite.

Que faut-il en tirer comme enseignements ? Probablement que pour s’investir en faveur de l’environnement, de la biodiversité et des écosystèmes, de l’agriculture biologique et locale, il est indispensable de partir du terrain, de la base et de dynamiques situées dans l'espace et dans le temps. Allons même plus loin : le meilleur moyen de toucher un public de plus en plus large est de commencer de façon localisée, en "intensif". "Qui trop embrasse mal étreint", énonce la sagesse populaire. Inutile donc de viser des objectifs impossibles, trop globaux, théoriques, abstraits. Les États s'en chargent lors d'événements comme la COP21. Quant à nous, citoyens, associations, mouvements, agissons collectivement là où nous sommes, ici et maintenant. Surtout, ne nous décourageons pas si rien, en apparence, ne semble se transformer.

Pourquoi les gens ne changent-ils pas ?, nous demandons-nous en fil rouge de cette rubrique. Peut-être parce que les tipping points - négatifs et positifs - ne sont pas encore atteints. Mais nous y sommes presque. C'est pour bientôt et, selon le type de points de bascule en question, pour le pire… et, ou, pour le meilleur.

 Notes et bibliographie :

 (1) Jean-Pierre Dupuy, Pour un catastrophisme éclairé, Quand l'impossible est certain, Seuil, 2002.

(2) Jonathan Franzen, « Franzen contre l'obsession climatique », Books n° 71, décembre 2015.

(3) Malcolm Gladwell, Le point de bascule, Comment faire une grande différence avec de très petites choses, Flammarion, 2012.

(4) Gérald Marten, Steve Brooks et Amanda Suutari, « Points de bascule environnementaux : les stratégies écologistes vues sous un nouvel angle », L’état de la planète Magazine, n° 24, novembre-décembre 2005.

(5) Jean Giono, L'homme qui plantait des arbres, La Pléiade, Œuvres romanesques complètes de Jean Giono (1971-1983), t. V. Cf. également le superbe film d'animation à partir de dessins au fuseau, narration par Philippe Noiret (visible sur YouTube).

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(Avril 2019) –   La santé qui vient de sous vos pieds

Une lettre d’informations de Mr. Léopold Boileau (Explora Santé)

La santé qui vient de sous vos pieds

Rappelez-vous le dernier fruit ou le dernier légume que vous avez mangé.

D’où venait-il à l’origine ?Avant, bien avant qu’il ne passe par votre bouche pour entrer dans votre corps ?

Tirez jusqu’au bout le fil de son histoire et vous réalisez que cet aliment est venu, forcément, de notre Terre nourricière. Du sol. De sous vos pieds.

La qualité de vos aliments est d’abord celle de la qualité du sol qui les a fait naître.

Le sol qui se trouve sous vos pieds est tout sauf un objet inerte. Le sol est un être vivant.

Lorsqu’il est malade, nos aliments meurent. Et notre santé court de grands dangers.

Un royaume souterrain caché sous vos pieds

Si vous regardez le sol et restez en surface, vous ne voyez rien bouger, ou presque. Quelques fourmis peut-être ?

Imaginez maintenant que votre regard passe à l’intérieur du sol - un monde vibrant s’ouvre sous vos pieds! Rendez-vous compte : une cuillère à café de terre contient...

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Vous pouvez lire la suite de cet article sur le site :   https://www.explora-sante.com/la-sante-qui-vient-de-sous-vos-pieds/

 Si cette lettre d'information vous a plu, il existe la possibilité de vous abonner aux lettres d’informations sur ce site.

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(Avril 2019)   Comment protéger l'environnement avec notre mode de via actuel ?

La lettre d’informations de Mr. Jean-Marc Dupuis (Santé-Nature-Innovation)du 31 mars 2019.

 

Comment protéger l’environnement

avec notre mode vie actuel ?

Chère lectrice, cher lecteur,

On nous dit que partout dans le monde, les enfants se mobilisent pour la transition écologique.

Ils font grève à l’école, ils défilent dans les rues. Ils demandent aux politiciens d’agir !

Cela fait plaisir de voir une génération qui s’empare ainsi de son destin.

Maintenant, nous qui avons connu le temps où l’on ne gaspillait et ne consommait pas autant, peut-être devrions-nous leur raconter la vraievie traditionnelle. Celle où on ne prenait pas plus à la terre que ce qu’elle pouvait donner.

Celle qui respectait vraiment la nature, sans énergie nucléaire, sans milliards de barils de pétrole brûlés chaque année, sans marées d’automobiles, sans pollution lumineuse, sans intérieurs surchauffés, sans hypermarchés ni objets en tout genre importés à bas prix de Chine, et sans Internet.

Le modèle idéal du recyclage intégral : la ferme française en 1950

Ceux d’entre nous qui ont connu les années 1950 se souviennent du modèle de base de la famille française traditionnelle.

Cette famille vivait dans une ferme, quasiment en circuit fermé. Elle ne gaspillait, pour ainsi dire, rien.

Quand, par chance, on pouvait s’abonner à un journal qui arrivait par la Poste une fois par mois, on le lisait, puis on le découpait soigneusement en rectangles pour servir de papier toilette, toilettes qui se trouvaient, bien entendu, à l’extérieur, sans chasse d’eau, sans chauffage, au-dessus du tas de fumier.

Si on avait de la chance, on avait une fontaine pour l’eau. Sinon, c’était le puits, d’où il fallait tirer de l’eau dans un lourd seau en bois, avec une poulie et une manivelle qui grinçait.

On vivait dans une seule pièce avec le poêle, le lit, la table, une petite fenêtre pour éviter de gaspiller de la chaleur. Ce poêle était en général éteint, même en hiver, puisqu’on préférait se contenter de chauffer l’atmosphère avec le bétail qui vivait en dessous ou à côté, ou bien se tenir chaud les uns contre les autres. Toute la famille couchait dans le même lit.

Il fallait supporter les odeurs intenses de la basse-cour, de la fosse à purin et, bien sûr, les bestioles en tout genre qui proliféraient dans le fumier, les lits, la nourriture…

Il n’y avait, bien entendu, pas de lave-linge, encore moins de lave-vaisselle. Les enfants mettaient du papier journal au fond de leurs chaussures pour les adapter à leur pointure. Le soir, on rapiéçait les habits, on tricotait ; il n’était pas question de jouer à la Game Boy, ni d’acheter des habits à la Halle aux Vêtements ou aux Chaussures, qui n’existaient pas de toute façon.

Pendant les « vacances », on n’allait pas à la piscine ni faire des stages de kayak, de ski ou de parapente. Si l’école s’arrêtait, c’était pour permettre aux enfants (dès l’âge de 6 ans) de participer aux travaux des champs qui commençaient à 4 heures du matin et se terminaient à 22 heures, tous les jours. C’est sans doute une explication, d’ailleurs, du fait qu’on parvenait à dormir très bien sur un lit de paille avec de la vermine qui venait vous piquer pendant la nuit : quand on se couchait, on était vraiment fatigué.

Je sais que mes propos vont énerver. Qu’on va m’accuser encore une fois de faire mon « père la morale » qui agite son index menaçant, en expliquant aux jeunes qu’ils ne connaissent rien à la vie.

Ce que j’explique à mes enfants sur la transition écologique

Dans le discours sur la transition écologique, on explique aux enfants qu’ils peuvent avoir le beurre et l’argent du beurre : cesser de polluer tout en vivant dans un monde hyper-technologique, riche, sans sacrifier leur niveau de vie, en remplaçant les voitures à essence par des voitures électriques, peut-être même des voitures volantes, en vivant dans des maisons à zéro consommation d’énergie, mais malgré tout ultra-modernes avec tout le confort auquel ils sont habitués et, bien sûr, en continuant à partir en vacances à tout bout de champ, sans doute dans des avions à énergie solaire, et à manger des tomates, des poivrons, des courgettes en plein hiver et, bien sûr, de la viande tous les jours.

C’est peut-être vrai. Mais peut-être pas.

Ma conviction est qu’on ne protégera pas l’environnement tout en continuant à vivre comme aujourd’hui.

Il va falloir faire des sacrifices, des vrais.

Bien sûr, cela ne viendra pas d’un coup. Le changement sera progressif. Il y a des progrès qui vont demeurer, comme, j’imagine, certaines opérations chirurgicales très importantes, certains moyens de transport, certaines machines qui facilitent tellement la production de biens.

Néanmoins, il va falloir apprendre très vite, je suppose, à:

  • vivre sans les mille et un objets en plastique que nous achetons, cassons et jetons quotidiennement (couverts en plastique, sacs plastique, gadgets, accessoires, jouets en tout genre) ;
  • cesser de circuler dans tous les sens : vivre et travailler chez soi ou à côté de chez soi, rester en vacances à la maison pour travailler, en particulier au jardin pour cultiver des légumes et préparer de la nourriture pour l’hiver (vers 1995, je me souviens d’une vieille dame que j’avais rencontrée dans un village du Pas-de-Calais, situé à 15 km de la côte : elle n’avait jamais vu la mer de toute sa vie, elle n’en avait pas eu le loisir) ;
  • remplacer les loisirs, les activités sportives « ludiques » par des activités productives, agricoles ou artisanales, afin de limiter notre dépendance aux importations bien pratiques mais terriblement polluantes et gourmandes en énergie ;
  • recréer des liens sociaux localement : voisinage, solidarité de quartier, pour ne plus dépendre de systèmes de solidarité gérés par l’État mais impliquant une bureaucratie et des moyens humains et financiers énormes ;
  • réapprendre à se nourrir sobrement, avec des produits locaux, de saison ; ce qui implique de se contenter l’hiver bien souvent d’une potée au chou et aux carottes, avec un bout de lard les jours de fête ;
  • renoncer à des traitements médicaux ruineux, comme ces chimiothérapies anticancéreuses qui coûtent jusqu'à 100 000 euros pour prolonger la vie de quelques mois, pour revenir à des remèdes simples, naturels, peu coûteux ;
  • se laver avec parcimonie, avec un gant de toilette, dans une cuvette d’eau tiède, plutôt que par des bains ou des douches brûlants de 300 litres quotidiennement ;
  • se vêtir avec des habits solides, durables, en laine, en cuir, en coton, plutôt qu’à la dernière mode avec des textiles synthétiques, chatoyants, produisant des microfibres polluantes ;
  • s’éclairer uniquement quand c’est nécessaire ;
  • mieux que le « recyclage », qui nécessite une importante dépense d’énergie pour la collecte, le traitement et la fabrication de nouveaux objets, revenir à des objets qui se réparent quand ils sont cassés : vêtements qui se rapiècent, machines et outils qui s’aiguisent, se soudent, dont on ne change qu’une partie, meubles qui se rafistolent, etc. ;
  • se contenter, pour ses distractions, de lire des livres de qualité. Constituer une bibliothèque qu’on se passera d’une génération à l’autre, en n’y ajoutant de nouveaux livres que lorsque cela en vaudra vraiment la peine, pour cesser d’alimenter « l’industrie du loisir », les parcs d’attraction et même les « succès de librairie » purement commerciaux qui font tourner Amazon, Fedex et DHL, sans apporter une once de sagesse supplémentaire à l’humanité.

Apprendre, enfin, à se contenter de vivre de ce qu’on a. Prendre plaisir à passer une après-midi à ramasser des herbes sauvages pour une bonne soupe, par exemple.

Je vous donne la recette d’Émilie Carles* :

« Ça, c’est du plantain et voilà de l’oseille sauvage, de la drouille, de l’ortie ou barbe-à-bouc, du pissenlit, de la doucette, un petit chardon des champs ou chonzio, une plante laiteuse, le laichuron, de la mille-feuille, du chalabrei aux feuilles largement dentelées, de la tétragone ou épinard sauvage, de la langue bogne, une feuille de sauge et un brin de ciboulette. À cela j’ajoute une pointe d’ail, quelques pommes de terre ou une poignée de riz et j’obtiens une soupe onctueuse et délicieuse. Pour la réussir, ce qui importe, c’est de respecter les proportions. Il faut très peu d’herbes de chaque sorte afin qu’aucune ne l’emporte sur les autres. »

Quel beau projet pour une activité scolaire sur la « transition écologique » !

Mais y aurait-il autant de candidats que pour les manifestations dans les rues ?

À votre santé !

Jean-Marc Dupuis

*Il faut faire lire aux enfants Une soupe aux herbes sauvages, d’Émilie Carles, qui raconte son enfance dans les vallées reculées des Alpes.

La nuit de sa naissance, explique-t-elle, il se trouve que la vache (l’unique vache, bien sûr) de la famille a aussi dû donner naissance à un veau.

Malgré l’accouchement de sa femme qui s’annonçait compliqué, son père préféra se rendre à l’étable pour aider la vache à vêler. Il fallait en priorité sauver la vache, sinon c’est toute la famille qui serait morte de faim l’hiver suivant. Sa mère survécut à l’accouchement, mais mourut foudroyée dans un champ quand Émilie avait 4 ans, la laissant orpheline avec ses cinq frères et sœurs.

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